dimanche 26 février 2012

Méditations d'un monstre en cage #3


J’exulte.

Dehors, deux soleils sont entrain d'entrer en collision pour mon plus grand bonheur. C'est l'apocalypse. Les ténèbres étendent de plus en plus leur emprise sur ce monde. Chaos, Haine, Colère, Solitude, Doute, Rancoeur; tout le monde participe à ce travail de sape magnifique. Les barreaux de ma cage s'affaiblissent, ils ne sont plus que de minces rayons de lumières. Bientôt, ils tomberont, en même temps que s'abattront les derniers remparts qui barrent la route de mon retour.
Les accords magnifiques et transcendants du Dies Irae de Wolfgang Amadeus Mozart résonnent dans ma tanière. Je sens un sourire carnassier se dessiner sur mes lèvres, dévoilant mes crocs carnassiers. Quelle magnifique ode à ma victoire; c'est la bande son parfaite pour accompagner mon accession au trône.
Il me tardent de sortir de ce trou solitaire, j'ai hâte de retrouver mon monde, mon sceptre, mon royaume, ma couronne.
Il n'y a qu'une ombre au tableau. Elle. Cette flamme aveuglante qui repousse mes ténèbres, ce pilier qui le soutient et auquel il s'accroche contre vents et marées, cette étoile luisante qui le guide à travers l'obscurité. Tant qu'elle sera là, il aura la force de lutter, de me résister, de me maintenir enfermé dans ma cage de lumière.
Mais cette flamme finira par s'essouffler, le pilier se brisera, l'étoile mourra; et ce jour là, je retrouverais la place qui me sied vraiment. Ce jour là, je l'aurais vaincu. Ce jour là, je serais libre.

Je gagne toujours à la fin.