mardi 21 décembre 2010

Amen.






Kiss my neck.
Bite me.
Pull my hair.
Trace my spine.
Hold me down.
Use your tongue.
Make me moan.
Don't stop until I'm shacking ...


Devour me.

Du masochisme mémoriel humain et divers autres réjouissances.

Presque trois semaines sans réellement écrire. Et puis ça revient comme ça, d'un seul coup. Alors que je pensais mon inspiration entrée en hibernation, elle a ressurgie, comme un geyser bouillant au milieu de cette neige et de ce froid polaire qui gèlent les neurones.
Cette chaleur bienfaitrice ravive chaque organe, chaque parcelle de ma peau, de mon esprit. Elle dégèle aussi la couche de givre qui avait anesthésiée les brûlures du passé.
C'est fascinant la capacité qu'a l'esprit humain de conserver au plus profond de lui les pires souvenirs, les bribes du passé les plus douloureuses pour les faire rejaillir lorsqu'il est au plus bas pour finir de se saper toute volonté.
En fait nous sommes profondément masochistes.
Notre masochisme est, de surcroît, couplé à un égocentrisme exacerbé. Si nous conservons tous ces souvenirs douloureux ce n'est pas uniquement pour le plaisir; c'est aussi pour que, lorsque l'attention des autres à notre égards diminue, on puisse se faire souffrir et ainsi à nouveau attirer leur compassion, leur sympathie ou leur pitié.
L'Homme n'est rien lorsqu'il est seul, on ne peut pas exister pour nous mêmes et par nous mêmes. Nous avons besoin des autres, de leur reconnaissance, de leur regard, de leur approbation. C'est pour ça que nous avons mit en place ce mécanisme d'auto-flagellation mémorielle.

Mais dire que nous ne sommes que de pauvre victime de notre soif de reconnaissance serait très éloigné de la vérité. En plus du masochisme, l'homme est un sadique en puissance. Il combine ces deux caractéristiques au sein d'une seule et même personnalité. L'homme aime faire du mal. Indifféremment aux autres et à lui même; tant qu'il est plus fort que quelqu'un et qu'il affirme sa puissance en le dominant l'homme se sent vivre. Et le premier individu qu'il croise enclin à se laisse soumettre est lui même. L'homme est son propre tortionnaire. Il est son propre pilori. Nous sommes nos propres bûchers dans lesquelles nous nous jetons allègrement, à la fois bourreaux et suppliciés.

Certains sont assez fort pour repousser partiellement et temporairement cette nature profonde. Ceux là sont appelés des saints, des justes, des gens bons. Mais au delà de leur sainteté et de leur bonté, ils restent humains. Et les hommes ne sont pas fait pour être bons. C'est d'ailleurs pour ça que l'on ne se réfère plus à eux sous leurs noms d'hommes mais sous leurs noms de saint. Si on se referait à eux comme si c'était des hommes comment alors pourrions nous les en distinguer ? Si nous voulons qu'ils soient autre chose que le simple amas de chair qu'ils sont alors nous devons leur attribuer un signe distinctif, une particularité qui les détache de la fange grouillante de l'humanité.
En y réfléchissant bien, la sainteté est quand même une sacrée hypocrisie. Saint Thomas ? Incrédule et suspicieux. Saint Pierre ? Violent et mythomane. Et la liste est encore longue. Bien qu'ils aient fait de magnifiques actions de leur vivant et accomplis des miracles, ils restent des hommes avec tous les défauts que ça implique.

L'Homme est faible. C'est d'ailleurs, à mon avis, à cause de cette faiblesse qu'il fonctionne. L'être humain est le seul animal qui à la fois se complaît dans sa puissance, jouant à être le maître absolu de toute chose et à la fois ait conscient de son extrême faiblesse vis à vis de la nature et du monde. C'est aussi à cause de cette faiblesse que l'homme est autant assoiffé de pouvoir et profite jusqu'à la moelle de la moindre parcelle de puissance qui lui est dévolue.
Carpe Diem. C'est le principe qui régit tout. Profite de ce que tu as maintenant tant que tu peux car demain tu ne l'auras peut être plus.
Notre faiblesse individuelle et notre soif de reconnaissance nous a poussé à vivre en groupe, communauté, société. Mais c'est ce mode de vie qui a engendré le sadomasochisme latent et inconscient qui prime aujourd'hui dans les rapports humains et l'archivage de nos souvenirs.


N.B. : N'oubliez jamais : Life is a fuckin' amesome thing, enjoy' it.

dimanche 19 décembre 2010

"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé."
V.

lundi 29 novembre 2010



Ouvrez grand vos esprits misérables mortels.
Dépassez vos à priori.
Transcendez vos étroites pensées.
"C'est pas beau, c'est esthétique."

vendredi 26 novembre 2010

Fuck'em All

J'ai envie genre de démolir un truc là, pour me défouler, pour me dire que je suis quelqu'un, que je sais faire quelque chose, que je suis au moins capable d'un truc autre que foutre ma vie en l'air.
"J'ai envie de détruire quelque chose de beau." Fight Club.
Jamais phrase n'a mieux correspondu à la situation.
Je me hais.
J'ai quelque chose de bien et tout ce que j'arrive à faire c'est à le broyer, le détruire, le réduire en poussière.
Pourquoi je suis comme ça ?! Pourquoi ?
C'est pas ce que je veux et pourtant je suis incapable de faire autrement. J'ai une boule de feu qui me dévore les entrailles. Je veux pleurer et hurler en même temps. Tout ce dont j'ai envie c'est d'envoyer valser le clavier de l'ordinateur, de démolir l'écran à coup poing, de tout casser, de m'effondrer dans un coin, de pleurer toutes les larmes qui ne sont jamais sorties, disparaître sous terre, effacer toutes traces de mon existence de ce monde, juste être seul.
La vie est injuste. Non, en fait ce n'est pas vrai. La vie est justement parfaitement juste et équitable. Le principe de l'échange équivalent. Ce qu'elle vous donne, elle le reprendra sous une autre forme, à un autre moment.

Fuckin' Life.

mardi 23 novembre 2010

Libre ...


La brise nocturne me gifle le visage. La clameur de la ville me parvient depuis l'avenue en contrebas, étouffée par la hauteur, diluée par la bourrasque. Bouillie sonore infâme de klaxons et de vrombissements de moteurs, de musiques et de cris, de discussions et d’aboiements.
La morsure des premiers froids de Décembre me mange les joues et dévore ma peau découverte. En fait, seules mes jambes sont protégées par un simple pantalon de soie. C'est agréable d'être presque libéré des chaînes qui nous maintiennent dans le carcan inconfortable de la vie.
Toutes ces chemises bien coupées, toutes ces vestes ajustées au millimètres près, toutes ces chaussures impeccablement cirées et conçues, tout ces pantalons qui tombent juste. Ils sont impersonnels, affreux, gênants, inutiles.
Pas de portables qui sonnent sans arrêt. Plus d'ordinateur captivant. Disparu le bipper insupportable. Inexistant les plannings éreintant. Il n'y a plus que la longue plainte tapageuse du monstre urbain qui monte des ses entrailles pour se noyer dans le silence du firmament.
Le vent siffle désagréablement à mes oreilles. Les graviers s'incrustent douloureusement dans mes pieds nus. Les innombrables gouttes de pluie transperce ma chair fragile comme autant d'aiguilles gelées. Les larmes me brûlent les yeux. Je ne sais si je pleure de joie ou de tristesse, de plaisir ou de souffrance.
Qu'importe.
Bientôt, le whisky va tout emporter, tout balayer, larmes, froid, douleur, doutes, pour ne laisser derrière lui qu'une béatitude extatique.
Un frisson me parcourt l'échine, remontant du bas de mon dos pour venir mourir sur ma nuque. Mes doigts s'engourdissent un peu sous l'effet de l'alcool. Une douce chaleur bienfaitrice se déverse dans mon estomac et envahi tout mon corps, le remplissant d'une sensation d’apaisement enivrante. J'ôte mon pantalon. Je suis nu. Il ne me reste plus qu'un infime obstacle à la liberté ultime.
Rien qu'un pas.
L'apothéose de ce moment, le plus grand de toute ma vie, réside dans l'accomplissement de cette petite action. Un geste de tous les jours, quotidien, banal, qui revêt maintenant une dimension et une importance stratosphérique.

J'avance doucement mon pied.
Je ferme les yeux.
Je goûte pleinement à cette jouissance finale.
Que c'est bon d'être enfin complètement libre
Weird. Crazy. Creepy. Disturbing. Eccentric.


But so Amazing.

lundi 22 novembre 2010

J'avais sept ans, cinq mois et deux jours.

"Il rentre dans la pièce. Il jette sa veste sur le dossier de la chaise. Je suis assise dans le fauteuil. Il vient m'embrasser. Il ne se doute pas de ce qu'il l'attend.
J'ai la seringue dans ma poche. Assez d’anesthésiant pour l'endormir pendant quatre bonnes heures. Tant mieux.
Je n'en ai besoin que de deux. Je pourrai prendre mon temps. Faire ça bien. Ça sera encore mieux.
Les sangles sont dans le tiroir de la cuisine, la table de la cave est débarrassée. Pas besoin de faire attention pour le descendre, juste le pousser dans les escaliers. Il aura tout au plus quelques os brisés. Rien de bien gênant pour la suite.
Le plus dur va être de porter ce tas de graisses écoeurant jusqu'à la table et l'allonger dessus sans me sentir mal. J'en ai des frissons de dégoût rien que d'y penser.
Après tout sera plus simple.
Ah, une chose importante, il faut que je pense à bien serrer les sangles. Il ne faut surtout pas qu'il s'échappe. Ensuite, attendre qu'il se réveille. Sinon ça n'a aucun intérêt.
Pas besoin de le bâillonner, le sous sol a été parfaitement isolé. Ironie du sort, il a voulu faire les travaux lui même pour être sûr de la qualité du résultat.
Le jeu de massacre va commencer par ses mains. Je vais lui briser les phalanges, une par une, doigts par doigts; avec son petit marteau de précision, celui qu'il utilise pour ses si précieuses maquettes.
Après les mains, les pieds. Je vais lui en couper un.
L'opération est délicate parce qu'il ne faut pas qu'il meurt d’hémorragie. Bien sûr ne surtout pas l'anesthésier. Une fois son pied ôté, on passera à la deuxième phase.
Il va prendre son pied. Au sens propre. Je vais lui faire manger son pied. Il n'aura pas le choix. Il n'aura que ça. C'est ça ou il meurt tout de suite. Il tient tellement à sa misérable existence qu'il le mangera. Son propre pied.
Ensuite je le rendors et je l'accroche au plafond du sous sol, les bras au dessus de la tête comme un jambon. Comme le sale porc qu'il est.
Je n'aurais qu'à attendre qu'il se réveille pour commencer.
J'utiliserais son club de golf et sa batte de baseball. Il en est tellement fier. Je vais le briser avec. C'est le moment où je risque de m'emporter. Mais il ne faut pas que je le tue. Pas encore. Une fois que je me serrais bien défoulé, que je lui aurais détruit les os, que chaque parcelle de son corps lui ferra souffrir le martyr comme le miens m'a tellement fait souffert, je passerais à la deuxième phase du plan.
La plus importante. La plus symbolique aussi. L'émasculation.
Je les lui arracherais d'un seul coup. Sans cautériser la plaie. Il pissera du sang. Au sens propre.
Et ce sera Jim son adorable labrador, son sale cabot, qui lui bouffera les couilles, mélangées avec de la nourriture pour chien,juste sous les yeux de son brave maître.
Je les laisserai là. Je les enfermerais. Lui et son chien. Soit il mourra d'hémorragie soit mangé par Jim. Je prie sincèrement pour la deuxième option. Plus jamais il ne lèvera la main sur moi. Ni sur personne.

Sa veste vint s'abattre négligemment sur le dossier de la chaise. "Bonsoir mon coeur, ta journée s'est bien passée ?"

Bien sûr que ta journée s'est bien passée connasse; t'as encore fait des galipettes avec le voisin comme tout les jeudis. Tu pus encore son eau de cologne premier prix qui sent les chiottes publiques. Tu me crois tellement con que tu prend même pas la peine de te laver ? T'aime ça faire ta pute ? Cette fois ça passera pas comme ça. Tu vas voir ce que tu vas prendre, je vais te faire passer l'envie de recommencer. En fait, quand tout sera fini, tu pourras plus recommencer. Jamais.
Tu crois que je vais venir t'embrasser comme tout les jours ? Erreur.
C'est mon poing qui va venir embrasser ta bouille d'amour. D'abord une première fois. Puis une deuxième si t'as encore consciente. En fait, je vais te démolir ta gueule d'ange jusqu'à ce que tu sois dans les vapes.
Ensuite, je te descendrais dans la cave et je t'attacherais à la grande armoire en métal. Pour pas que tu puisse t'échapper. Quand tu te réveilleras, y'aura des copains à moi qui seront arrivés. Tu verras ils sont gentil et affectueux. Eux ils vont t'apprendre ce que c'est une vraie garce. Je te promets que tu vas pleurer. Et compte pas sur moi, qui les arrêterais pris de remords. Ils ont carte blanche et seront sans pitié.
Quand ils auront fini de faire ce qu'ils veulent de toi, je descendrai t'accrocher au lustre par les bras, la pointe de tes pieds touchant juste le sol.
Et là, je vais me lâcher. Je vais te briser, te détruire, te frapper jusqu'à ce que t'en crève mon amour, je veux te sentir partir sous mes doigts, mourir sous mes poings.

Il s'approche doucement d'elle, ses phalanges serrées autour du contour en métal du poing américain, sa main dans le dos comme si il tenait un bouquet, un sourire accroché aux lèvres. Elle a sa main dans sa poche les doigts autour de la seringue, prête à piquer dans le premier bout de chair qui se présentera. Leurs deux bras se détendent en même temps, le poing touche la mâchoire dans un craquement sinistre, la seringue se plante dans l'épaule, se vidant à moitié.

D'après Papa c'est Maman qui a commencé. Je l'ai entendu crier un vilain mot qu'il faut jamais dire aux filles parce que c'est pas bien. Et après il a dit "Qu'est ce que tu m'as injecté sale ... ?" et encore un autre vilain mot. Je le dirais à la Maman de Papa pour qu'elle le gronde la prochaine fois. Et après je les ai entendu se battre et se crier des gros mots tout les deux. Y'avait des bruits de choses cassées. J'avais peur. Vraiment très peur.
Quand j'ai eu sept ans, Papa m'a prit à part et m'a dit que, si un jour j'avais peur, je pouvais prendre le pistolet dans l'armoire. Il a dit "pétoire", j'ai trouvé ça drôle mais il m'a grondé en disant qu'il était sérieux et qu'il fallait pas rire avec ça.
Aujourd'hui j'ai vraiment très très peur.
Alors je prend le petit pistolet noir dans la belle boîte en bois rouge. Je sais m'en servir. Papa m'a apprit. C'était notre secret d'homme. Je vérifie les jolies balles dorées dans le chargeur. Elles y sont. Je descend l'escalier. Les bruits sont de plus en plus fort. La veste de Papa est posée comme d'habitude sur le dossier de la chaise.
Et là je les vois. Y'a même Jim qui fait la bagarre. Ils se tapent dessus. Pour de vrai. Maman saigne au nez et à la lèvre, elle pleure beaucoup et elle a bouche qui a une forme bizarre. Papa a un bras qui pend comme celui d'une marionnette sans fil. Maman tape sur Papa avec sa canne de golf préférée. Papa tape sur Maman avec un espèce de truc en métal qu'il a dans la main. Jim essaye de mordre les jambes de Papa et Maman.
J'appuie sur la gâchette. C'est Papa qui m'a dit que ça s'appelait comme ça. Ça fait un grand Bang !
Jim tombe sur le côté en couinant.
Papa et Maman s’arrête tout de suite.
Maman me dit :"Mon petit chéri pose ce pistolet, tu vas faire mal à quelqu'un."
Papa me dit :"Pas de bêtise mon gars. Pose ce machin ça fait du dégâts."
Ils me mentent. C'est pas une machine à faire du mal, c'est une machine à dormir. La preuve Jim est en train de faire un gros dodo. Papa et Maman sont énervés. Je vais les endormir ils pourront se calmer.
J'appuie sur le levier. Papa tombe sans un bruit. Juste une expression bizarre dans les yeux.
Maman se met à hurler très fort. Elle me fait mal aux oreilles. Encore un coup sur le bouton du dodo. Maman s'allonge par terre.
C'est enfin calme.
Je laisse un mot sur la porte pour que Eddy sache que j'peux pas sortir jouer. Je vais rejoindre Papa et Maman.
J'appuie une dernière fois sur le levier des rêves."

...

lundi 15 novembre 2010


Faites que le Rêve dévore votre Vie,
Afin que la Vie ne dévore pas votre Rêve.

†
Ma vie est comme un trip à l'acide.
Euphorie & désillusion.
Trip & bad.
La meilleure doppe & la pire.

Tout s'effondre soudainement. Puis tout se reconstruit aussi vite. Pour se ré-effondrer. Et se reconstruire. Et ainsi de suite. Quand est ce que ce cycle infernale va t-il s'arrêter ?
C'est fatiguant. C'est usant. Construire en s'attendant à tout moment que le Destin sur un caprice vienne mettre un coup de pied dans notre chef d'oeuvre.

Et pourtant, on éprouve tellement de plaisir à construire que, même si on sait qu'il est possible qu'un jour ça s'effondre, on continu de s'évertuer à construire notre tour de Babel en espérant secrètement que cette fois sera la bonne.

C'est un espoir fou.
Une lubie.
Une chimère.
Une utopie de plus.
Mais que la vie serait ennuyeuse sans un peu de folie ...
En manque.
De tout & de rien.
Comme une poigne de fer qui m'enserre l'estomac.
Comme une multitude de shrapnel qui me vrille le cerveau.

Le manque est là, sournois et vicieux. Mes mains tremblent toutes seules à son approche. Il est tout ce que je redoute. Il est invincible. On le repousse. Une fois. Deux fois. Mais il revient toujours. Toujours aussi puissant. Toujours aussi irrésistible. Quand la fatigue commence à nous gagner par une si épuisante lutte, lui est toujours aussi frais et dispos qu'au début.

Combien de temps puis-je espérer tenir face à un adversaire qui ne peut être vaincu ?
Le pire c'est que je sais que je dois m'en sortir seul.
Personne ne peut m'aider.
Il faut que j'affronte ce fléau insurmontable seul.
C'est mon cauchemar. La terreur indicible qui rôde dans les tréfonds de mon esprit. Elle est là. Et elle ne semble pas pouvoir être chassée.

Le pire, c'est d'être conscient qu'on est en train de faire face à un raz de marré qu'on ne peut arrêter et de pourtant tout faire pour lutter.

Help Me.

samedi 13 novembre 2010

Abribus

Une légère courbe fendait le givre, cicatrice claire tranchant la glace immaculée. La vitre de l'abri bus avait été comme tatouée, comme marquée d'un petit symbole. Tous les sentiments d'un parfait inconnu s'y trouvaient déversés. Ils étaient là, visibles par tous. Le froid avait rendu le tracé maladroit, tremblotant; ou alors était - ce juste l'émotion qui avait compliqué l'élaboration de cette forme pourtant simple ?
Comment s'appelait son auteur ? Qui était - il ? Où vivait - il ? Comment ?
Tant de question qui resteront sans réponses.
Anonyme parmi les anonymes, il avait gravé son individualité dans les premières gelées d'Octobre. D'aucun pourrait trouver ce geste d'une mièvrerie écoeurante et d'une inutilité aveuglante. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent.
J'ai, au contraire, trouver dans ce geste la preuve de l'existence d'homme au milieu de ces automates en smoking et de ces blocs de bétons sans âme. Un homme qui sait aimer. Un homme amoureux. Un amoureux, qui dans une pulsion, avait dessiné un coeur dans la glace légèrement bleutée.

Il y avait déposé son coeur du bout des doigts.

vendredi 12 novembre 2010

La volonté ne sert à rien. Oublie ça. Touche le fond. Désespère jusqu'à n'être plus que larmes et blessures. Jusqu'à ce que tes organes se tordent et te brûlent. Jusqu'à ce que la peine te dévore le coeur comme un monstre affamé. Jusqu'à ce que tu ne te reconnaisse plus dans un miroir. Et seulement à ce moment là tu sauras ce que représente la vie. Tu sauras à quel point elle est précieuse. Tu sauras à quel point il faut se battre pour vivre. A quel point il faut se battre pour la mériter. Et c'est à ce moment là que tu diras tout mais pas ça. Et là tu retrouveras goût à cette garce qu'est la vie. Tu lui boufferas les yeux. Tu lui suceras les os. Tu planteras tes dents dans la moindre parcelle de chair nue qu'elle te présentera.
Mange la.
Dévore la.
Jusqu'à ce qu'elle n'ai plus rien à t'offrir.
Et là, seulement à ce moment là tu pourras te laisser aller.
En disant : "J'ai vécu."

[ For M. ]

lundi 8 novembre 2010

Métropolitain

Un couloir à gauche. Un escalier à dévaler à droite. Un carrefour à sept embranchement. Continuer tout droit. Une nouvelle volée de marche. Fendre la foule. Bousculer. Se faire bousculer. Sentir cette puanteur unique. Mélange d'urine, de sueur, de caoutchouc chauffé et de milliers d'autres odeurs. Encore un escalier, à gauche. Monter cette fois. Un crissement sourd gronde au dessus de nos têtes. Une cavalcade bruyante retentit. Claquement rapide de talon sur le sol. Quelque part dans une galerie dans gens se mettent à courir.

Un chanteur à la voix fausse et alcoolisé hurle de désespoir,
Le meilleur air de son répertoire.
Assis par terre, jouant avec sa marionnette;
Il mendit quelques piécette.
Mais souvent
N'obtient pour seul pécule
Que regards méprisant
Semblant dire "Pfff, ridicule."

Vieux. Jeune. Homme. Femme. Chômeur. Instituteur. Mendiant. Étudiant. Homme d'affaire. Secrétaire. Clodo. Intello bobo. Le monde entier est regroupé sur quelques mètres carrés.

Ah ! Un Escalator. La course recommence. Plonger toujours plus loin dans les entrailles de la ville. Toujours plus loin dans cette fourmilière grouillante. Toujours plus loin dans ce labyrinthe de ciment et de carrelage blanc. Soudain, comme une bouffée d'oxygène, les galeries s'élargissent, l'espace s'agrandit, le quai apparaît. Longue et large jetée de béton sombre de part et d'autre du gouffre renfermant les rails. On distingue parfaitement les êtres sur l'autre rive, on pourrait les toucher presque, juste en tendant un peu le bras ...
Un hurlement venu des profondeurs du tunnel ténébreux interrompt notre geste. C'est un hurlement de vitesse. C'est un hurlement de métal. Les rails pleurent tandis qu'ils sont écrasés par le missile de ferraille verte qui fonce vers sa destination. Les hurlements se rapprochent. Vont crescendo. Se déversent dans la station. Inondent le quai. Leur violence est à son paroxysme. Puis, dans un dernier râle d'agonie, la rame s'immobilise enfin.
Dans un concert de chuintements pneumatiques les portes s'ouvrent et là, s'entame une course contre le temps. Car en quelques minutes il faut que ceux qui veulent monter, montent, et que ceux qui veulent descendre, descendent. Nous sommes alors poussés, tirés, ballottés, emmenés de droite et de gauche par la marée humaine.
Enfin nous entrons dans le wagon, plaqué contre la vitre ou contre la paroi en métal, ou encore enserré entres des inconnus, dans une promiscuité indécente et désagréable.
Une sonnerie se fait entendre. Nous partons. La rame s'ébranle. Se met à tanguer. S'élance. Doucement d'abord. Puis elle accélère. Nous voilà lancé à une vitesse vertigineuse, fendant les ténèbres dans un éclair vert et blanc. Plus rien n'existe à l'extérieur. Plus rien n'est visible. Rien que le noir. Rien que le néant. Nous étions hors de la réalité. Nous nous égarions dans les tunnels obscurs de l'espace et du temps. Chaque station apparaissait comme une oasis de clarté, un brutal retour à la réalité à coups de néon et de crissements métalliques assourdissants.
Comme dans un vieux cinéma, ombres et lumières se succédaient, leur danse orchestrée par un ensemble de bruitages pneumatiques, de sonneries entêtantes et de hululements sinistres.
Enfin, nous arrivons à destination. Comme à la montée, les portes s'ouvrent, libérant un flot humain tumultueux. Après un désormais habituel ballottage plus ou moins violent, nous nous remettons à arpenter les couloirs froids et impersonnels de ce gigantesque dédale.
Escalator. Couloir. Escalier. Embranchement. Escalier. Couloir. Escalier. Escalator. Embranchement. Monter. Descendre. Encore descendre. Remonter. Tout s'enchaînaient comme dans une ronde confuse et harassante.
Enfin nous arrivons au pied de la dernière volée de marche. En haut, la lumière froide et crue des néons laisse la place au pâle soleil de Novembre. Une violente bourrasque nous frappe le visage, s'engouffre dans nos manteaux, destructure nos coiffures. Le bruit de la ville nous parvient de plus en plus distinctement. Nous gravissons les escaliers, luttant contre le vent.

Dernier pas.
Dernière marche.
Paris se livre à nous dans toute sa splendeur.

One Month Long Dream ...

Je pensais ne plus pouvoir être heureux comme ça. Ça fait un mois que tu me prouves le contraire.
Je voulais ne plus m'attacher à personne. Ça fait un mois que je suis enchaîner avec délice à toi.
Je croyais que mon coeur était mort. Ça fait un mois qu'il bat pour toi.

Je t'aime <3

dimanche 7 novembre 2010

Saga

Ils étaient douze. Douze valeureux compagnons partis combattre le Mal et le Chaos. Douze templiers dévoués de l'ordre de St Jude. Au combat, ils n'étaient plus eux mêmes. Ils devenaient des archanges de lumières, des parangons de courage et de bravoure.: ils étaient de véritables dieux de la guerre. Ils étaient invincibles.
Jusqu'à ce que l'un d'eux tombe, le corps brisé par un combat de cinq jours et de de cinq nuits, brisé par un ennemi trop puissant, brisé par un ennemi invisible.

Et le doute s'insinua dans leurs esprits ...

Ils étaient onze. Onze anges de la mort qui combattaient pour la blanche cité contre les démons ailés de pourpre. Onze divinités belliqueuses qui éprouvaient pour la première fois un ardent et incontrôlable désir de vengeance. Onze stratèges de génie qui tombèrent pourtant dans un grossier guet-apens.
Trois ne s'en relevèrent pas.

Et la peur enserra leurs coeurs de sa poigne de fer ...

Ils étaient huit. Huit guerriers de légendes. Huit étendards du Bien dans sa croisades contre les Ténèbres. Huit glorieux combattant que pourtant le doute rongeai. Qui avait tué le Premier ? Et les Trois suivants ? Seul un traître parmi eux pouvait avoir fait ça. Qui les avait vendu ? Ils étaient huit lames sacrées à se dévisager à la recherche de réponse. Huit seigneurs à s'entre-déchirer pour un crime.
Cinq désignèrent un coupable, deux se rangèrent aux cotés de l'accusé. Trois des juges restèrent sur le carreau.

Et la mort continuai de moissonner dans leurs rangs ...

Ils étaient six. Six chevaliers troublés et apeurés. Six hommes tourmentés. Six dont le seul but était devenu la traque du traître parmi eux.
Un de plus tomba alors qu'il guerroyai en terre étrangère, ses troupes encerclées et anéanties lors d'une embuscade. Une traîtrise de plus.

Et la terreur resserrai toujours plus son étreinte autour d'eux, son souffle glaciale leur caressant la nuque ...

Ils étaient cinq. Cinq épées tremblotantes cloîtrées dans une forteresse. Cinq paranoïaques traqués par la Mort.
Ils se provoquèrent en duel. Les trois plus faibles ne se relevèrent pas.

Et la légende fit un pas de plus vers sa fin ...

Ils étaient deux. Duo de légende qui aurait pu défier les Dieux. Guerriers parmi les guerriers. Puissants parmi les puissants. Ils auraient pu régner sur le monde.
Mais le traître se démasqua et, au terme d'un combat épique, il assassina le dernier loyal combattant.

Et il n'en resta qu'un, juché au sommet d'une pile de cadavre, contemplant le monde en flamme depuis son macabre trône. Et il se mit à rire, se complaisant dans le carnage de la guerre sans fin qui secouai cette Terre ...

Plouf

Dans l'immensité des nuances de bleu de l'océan seul quelques tâches de couleurs brisent la monotonie de ce monochromatique chef d'oeuvre océanique. Ce sont d'orgueilleux poissons ou coquillage, les élites d'Océania, la métropole la plus peuplée des mers du monde. Ces colorés nobliaus ne sont pourtant pas les plus puissants et les plus importants membres de l'aristocratie sous marine. Le pouvoir le plus puissant et le plus important est celui qui est caché, c'est pour cette raison que rare sont les citoyens d'Océania qui savent que le vrai pouvoir s'est depuis longtemps soustrait à la lumière dans les profondeurs abyssales, et régie le monde mari depuis ces gargantuesques blessures de la croûte terrestre.
Une tâche mordorée virevolte entre les coraux, flirte avec les dauphins, effleure les anémones, charme les baleines. Balthazar est l'un de ces princes orgueilleux et tout puissant, rien ne lui résiste; sa robe fait chavirer le coeur de même la plus froide des roussettes et son beau parler trompe même la plus suspicieuse des tortues. Descendant de la riche et fière famille des daurades, il est l'un des plus beaux d'entre tous les princes sous marins. Mais il est aussi l'un des plus cruel d'entre eux; on ne compte plus le nombre de ses rivaux qui ont disparu dans l'estomac de sa murène.
Ce jeune prince déjà si puissant avait tout: de l'argent, des coraux, des femmes; mais pourtant la seule chose qu'il voulait, qu'il désirait par dessus tout c'était le ciel. Son appétit de conquête s'était heurté à un obstacle invisible et invincible. Il avait envoyé des bataillons entiers de poissons chats, des patrouilles de poissons clowns, des escadrilles de raies et des hordes de crevettes, mais seul de rares survivants revenaient et ce qu'ils décrivaient était pire que l'enfer. Des mailles métalliques fauchaient leurs rangs alors que la surface était encore loin, des crochets acérés piégeaient les moins attentifs; mais ce n'est qu'une fois en haut que la véritable boucherie commençait. Des démons volant désorganisaient les formations à grands coups de becs tranchants, puis les requins se joignaient au banquet, suivit de près par tous les autres prédateurs marins.
Le prince frustré devait se contenter des récits des baleines et des dauphins de passage, qui, parfois, faisaient une furtive incursion dans le monde du dessus. Plus sa frustration grandissait et plus sa cruauté empirait. Il ne pouvait avoir ce qu'il voulait et il détruisait ce qu'il avait. Plus son royaume s'effondrait et l'entraînait vers le fond et plus il se débattait pour monter toujours plus haut.
Son destin et ses juges l'attendaient dans les abysses alors que lui voulait mourir au soleil.
La vie est injuste.
Mais c'est la vie et on ne peut malheureusement pas y échapper.

samedi 6 novembre 2010


Un sourire de toi et mon coeur explose
Comme un baiser sur tes lèvres closes.

jeudi 4 novembre 2010

Matin ...

La sonnerie de mon réveil retentit, stridente, me vrillant les tympans de sa voix de crécelle. Je tâtonne à l'aveugle du bout des doigts pour le faire taire. Pas besoin que je me redresse pour le regarder, je savais quelle heure s'affichait en chiffres sanglants sur sa frimousse ovale.
5h00.
Trois heures de sommeil inutile. J'ouvre mes volets.
Un matin à gerber de routine. Lever 5h. Départ 6h. Début des cours 8h.
Un matin morne et gris qui succède à une nuit guère mieux. Une nuit sans elle. Une nuit sans rêve. Une nuit vide pour un matin vide. Un manque oppressant appesanti l'atmosphère. Rien n'a de goût. Tout est gris et fade, monotone et ennuyeux.
La multitude éclectique des façades parisienne a été remplacée par des buissons et des arbustes d'un artificiel écoeurant.
Pourquoi ai-je dû partir ? Pourquoi ai-je dû quitter cet Eden ? Remake foireux de l'éviction d'Adam et d'Eve du paradis. Sauf que là Ève n'y est pour rien et Adam est le seul à partir.
Damned je déprime.

mercredi 3 novembre 2010

3 -11-10

( 20h48 - In the Train )

A mesure que Sa silhouette, immobile sur le quai de la gare, s'éloigne c'est comme si une lame pénétrait lentement mon coeur. Une enclume m'écrase la poitrine. Mon estomac est comprimé par une invisible comme si elle voulait l'étrangler. Manger mon beignet aux pommes ? Impossible. Ma gorge est aussi sèche que le désert le plus aride. Des aiguilles me ravagent les yeux, manquant de m'arracher des larmes. Son dernier "Je t'aime." résonne encore dans mon esprit. Son dernier baiser me brûle encore les lèvres. Je voudrais pouvoir la serrer dans mes bras encore et encore. Je voudrais pouvoir être avec elle encore quelques secondes. Puis encore quelques unes. Et puis encore quelques autres. Indéfiniment.
Cette horrible sensation qui me ronge les entrailles c'est le manque. C'est atroce. Ça fait mal. Mais on y peut rien. Juste vivre avec. En espérant que la prochaine fois arrive vite. Très vite.
Merci !

"Tu écris ce que des millions de personnes disent : "Qu'il faut profiter de la vie." Mais toi tu l'exprimes beaucoup mieux et tu écris pourquoi tu penses qu'il faut en profiter et c'est franchement bien écrit. J'suis souvent impressionnée par les mots que tu emplois comme si tu mettais tout ton temps à les choisir. Tu as du vocabulaire, que beaucoup de gens ont aussi, mais tu l'emplois comme il faut, quand il faut.
Enfaîtes, tu mets dans tes textes avec tes mots toutes les subtilités qu'ont les mots et la langue française."

SBB

Carpe Diem †

Profitons de la vie jusqu'aux dernières miettes,
Buvons chaque seconde jusqu'à ce qu'elles se tarissent,
Dévorons les minutes,
Engloutissons les heures pour n'en laisser que carcasses.

Parce que la vie n'attend pas,
Parce que le bonheur est volage,
Et comme un oiseau de passage,
Il s'en va.

Ne laissant que coeurs désolés,
Et poings serrés.
Ne laissant que souvenirs douloureux,
Et regards inondés, malheureux.

Profitons de la vie jusqu'aux dernières miettes,
Buvons au calice du plaisir et de la joie,
Dévorons la pour pouvoir dire dans nos dernières minutes :
"J'ai englouti la vie et je m'en lèche encore les doigts."

Amen †

Réponse ...

"..."

Je t'emmène là où nous sommes déjà aller,
Chacun de notre coté,
Sur ce sentier que nous avons déjà arpenter,
Jusqu'à ce mur auquel nous nous sommes heurtés,

Je t'emmène sur ce chemin pavé de souvenir et d'inconnus,
Là où la joie et la douleur,
La tristesse et le bonheur,
Sont trop souvent enlacé, comme des amants éperdus.

Saurons nous aller plus loin ?
Saurons nous ajouter des pavés supplémentaires à ce chemin ?
Je n'en sais rien.
Je l'espère, on verra bien.

La vie est précieuse,
La vie est courte,
Tachons de ne pas la gâcher,
Tachons de ne pas gaspiller le temps qui nous est donné.

Profitons en jusqu'aux dernières miettes,
Buvons chaque seconde jusqu'à ce qu'elles se tarissent,
Dévorons les minutes,
Engloutissons les heures pour n'en laisser que carcasses.

Nous sommes deux étoiles brisées,
Dont la clarté a été ternie, abîmée,
Serais-je celui qui te le rendras ?
Et qui te ferra briller d'un nouvel éclat ?

Et toi ? Jusqu'où veut tu aller ?

dimanche 24 octobre 2010

Aujourd'hui, j'ai lavé mon écharpe.
C'est ridicule comme acte, insignifiant, commun, et, pourtant, ça a un sens tout particulier pour moi. Cette écharpe a vécu tout les moments les plus importants de l'année écoulée, avec moi ou avec d'autre.
Depuis son acquisition et jusqu'à aujourd'hui elle n'était jamais passé à la machine (bouh c'est crade), tout simplement parce que je ne pouvais me résoudre à diluer dans de l'eau savonneuse et propre les lambeaux poussiéreux de mes souvenirs, les odeurs, les taches qui imbibaient ce bout de tissu. Il devenait mes souvenirs. Ce n'était plus qu'une simple écharpe c'était devenu un morceau de ma mémoire.
Et si avant elle avait été semblable à une plume, une aile, elle était aujourd'hui un poids, une enclume qui me clouait à la croix de mes douloureux souvenirs.
Mais maintenant elle est comme neuve, disparu le cocktail d'odeurs mélancolique elle ne sent rien, disparu les bouts de mémoires accrochés à ses mailles elle ne me rappelle plus rien, disparu les lourdes chaînes qui me rattachaient à un passé de plus en plus lourd.
Vierge de toute trace comme au premier jour, elle est prête à redevenir l'inséparable compagne de mes déambulations, prête à s'imprégner de nouvelles odeurs, de nouveaux souvenirs, de ma nouvelle vie.

jeudi 21 octobre 2010

18-10-10

Jetant mon mégot au loin, je me laissai tomber dans l'herbe humide. Aucun arbre n'occultait le ciel. Mon regard se plongea dans celui des étoiles, me noyant tout entier de leur lueur magnifique. Leur multitude m'engloutissait, me submergeait, m'absorbait corps et âme. Je cessais d'être moi. Je cessais de n'être qu'un. Je cessais d'exister en temps qu' unique. Je devenais partie d'un tout. Je devenais les étoiles. Je devenais une étoile. Mon esprit avait depuis longtemps laissé mon corps par devers lui. Je n'avais plus de limite de pensée. J'envisageai tout. Toutes les réponses me semblaient accessible.
Lentement, ma pensée se dispersais dans l'espace, les minutes s'écoulèrent comme le cours d'une rivière, mes souvenirs s'aggloméraient et défilaient tel un film amateur monté sans grand soin. Vaste bazar de rires et de joies. De pleurs et de déceptions aussi. En temps normal j'aurais secoué la tête. En temps normal j'aurais avorter la projection.
Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui je voulais voir jusqu'au bout. Il arrive un moment où il est nécessaire de le voir jusqu'au bout ce film de vie. Même si on connaît la teneur de la fin et qu'on ne l'aime pas. Même si on ne veut pas la connaître cette fin parce qu'on ne l'imagine que trop bien. Même si on sait que cela ne va pas être une partie de plaisir. Même si on sait que cela va nous faire du mal. Il arrive un moment où on ne peut plus repousser ces souvenirs et qu'il faut les affronter, quoiqu'il en coûte.
Pour moi c'était aujourd'hui. Pourquoi à la fin de cette journée banale ? Je n'en sais rien. Parce que c'est comme ça. Parce que la combinaison d'une multitude d'évènements à fait que j'ai décider d'y faire face ce jour là, allongé dans l'herbe trempée par l'averse toute récente, le regard perdu dans les étoiles qui s'allumaient une à une dans la nuit tombante.
A mesure que je sentais l'humidité imbiber mon pull, les lambeaux de mémoires prenaient possession de mon esprit, l'envahissant, le violant presque. Des milliards d'images défilèrent sous mes yeux, des microscopiques détails réapparurent, des paroles insignifiantes vinrent à nouveau résonner à mes oreilles, des frissons parcoururent tout mon corps.
Puis, s'évaporant comme la fumée d'une cigarette dans la brise du couchant, ils me quittèrent, balayé par le temps, implacable. De leur passage il ne me restait qu'un arrière goût amère au fond de la gorge, ainsi qu'une étrange sensation d'apaisement. Mon passé était derrière moi, enfermé dans une boite. Et plus jamais il ne m’empêcherait d'avancer.
Plus jamais.

dimanche 17 octobre 2010

I resucitate.
Resucito.
Ich belebe wieder.
Я оживаю.
Riscucito.

vendredi 15 octobre 2010


Raclure de fond de chiotte soviétique de goulag sibérien ! =D

jeudi 14 octobre 2010

Art

"L'Art est fait pour troubler, la Science rassure.", écrivait Georges Braque au siècle dernier ... Le souvenir d'une épique bénie car les termes se sont inversés. Aujourd'hui, le trouble, l'inquiétude, voire l'angoisse, s'associent à la Science. Quant à l'Art, ses provocations les plus radicales, répétées avec la bénédiction de l'Institution, ont l'impact du cousin péteur. Au fond, désormais, c'est l'Art qui nous rassure. Même quand il cherche à nous faire peur. Mona Lisa, Jeff Koons et le vidéaste déjanté composent la Sainte Trinité d'une croyance universelle, une religion pour le temps de désespérance globalisée. L'Art canalise les pulsions. Sagement, docilement, il transcende la libido et nous élève au-dessus du bonobo. "Vous étiez une Joconde qu'il fallait voler ..." avouait Maïakovski à une femme séduite.
Une violence qu'il faudrait réveiller.

Frédéric Chaubin, Citizen K.


Bullet

Claquement d'un coup de feu, aboiement d'un revolver, chant cristallin du verre brisé, hurlement gargouillant d'agonie d'un mourant, bruit visqueux et mat de la chair et du sang éclaboussant les murs, des morceaux d'os et de cervelles maculant la vitre ...
Pardon je m'égare, en fait ça a commencé avec un banal contrôle dans les escaliers de l'internat, je gravissais les marches pour retourner dans ma chambre, le goulot de la bouteille de Jack' dépassant ostensiblement de mon sac, ma chemise déboutonnée jusqu'au nombril, marques de lèvres écarlates sur le col, sublime suçon dans le cou, stigmates multiples d'un magnifique et luxurieux après midi.
Alors que je continuai mon ascension de ma démarche peu sûre et fortement chaloupée, arriva un surveillant qui suivait le même chemin que moi mais dans le sens inverse. Nous nous croisâmes sur le palier et, alors que nous nous quittions, il me héla en me sommant de m’arrêter. Ce sont sûrement mes pommettes rosées et mes yeux brillant qui lui avait mis la puce à l'oreille quand à mon état fortement aviné.
Sans même les politesses d'usage le rustre m'adressa la parole, me crachant ces mots fort peu courtois au demeurant : "Hé ! Toi ! T'as quoi dans ton sac ? Montre moi que j'y jette un oeil ..." Me retournant pour lui faire face avec toute la dignité que l'on peut avoir dans pareil situation, je m'aperçus que le grossier personnage s'était rapproché de ma personne, foulant du pied tout les principes de la bienséance et de la bonne éducation.
C'est donc légitiment et tout naturellement que, tirant mon 357 Magnum de mon sac griffé Vuitton, je le lui appliqua proprement entre les deux yeux et, appuyant délicatement sur la détente, j'expédiai une balle directement dans son vilain visage, le faisant exploser comme un fruit trop mûre.
Le claquement du coup de feu résonna dans toute la cage d'escalier suivi de près par une farandole de sons qui, flirtant ensemble, jouaient une symphonie mortuaire tout à fait exquise; chant cristallin du verre brisé, hurlement gargouillant d'agonie d'un mourant, bruit visqueux et mat de la chair et du sang éclaboussant les murs, des morceaux d'os et de cervelles maculant la vitre ...

mercredi 13 octobre 2010

Le Whisky contre les allergies
La Vodka contre le cancer du foie
L'Absolut contre le scorbut
Le Gin contre les angines
Le Martini contre la jalousie
Le Rhum-Coco contre la gastro
Le Jack Da' contre tout ce qui ne vas pas.

Un peu de tout pour oublier qu'on est saoul.

Du dolipranes contre le mal de crâne
De l'hémoclar contre les bleus, les cocards.

Philosophie ...

Le concept de liberté n'est il pas un contresens dans les termes ? Si être libre c'est n'être attaché à rien et soumis à aucune règle alors se déclarer libre c'est se soumettre au concept de liberté et donc ne plus être puisque l'on obéit à un concept.
Donc la liberté n'existe pas.
Il incombe donc à l'homme de s'enchaîner à ce qu'il conçoit de plus indispensable et de plus plaisant à sa vie.
Moi je veux m'enchaîner à toi ! <3

mardi 12 octobre 2010

Elle ...

Ma saison préférée est le printemps. En effet, le soleil qui nous carbonisera trois mois durant est déjà là, mais il n'est pas complètement éveillé, il ne fait que caresser l'agrume terrestre en douceur, le flattant de ses rayons; de même, les troupeaux moutonneux qui ont obscurci le ciel et noyés la Terre sont toujours là, du moins les traînards, qui batifolent encore dans l'immensité bleu, profitant de leurs derniers instants de liberté avant que Grand-Père Eole ne viennent les faire rentrer dans le rang avec moult brises et tempêtes.

C'est donc en cette saison si particulière que je me suis éveillé, ne sachant pas tout à fait si je rêvais ou si j'étais réellement en train de me promener dans une forêt humide dont l'astre suprême perçait progressivement l'armure de feuilles à force d'assauts répétés. Quelle douce sensation que cette incertitude ! Mais aussi quel troublant ressenti, ne pas savoir si on rêve ou si on est éveillé, si on se ment ou si on nous ment, si on vit ou si on est vivant. Mais qu'importe les doutes ! L'endroit étant plaisant et n'ayant rien de mieux à faire, je laissai donc mes jambes et mon esprit vagabonder, se promener, déambuler sur le tapis de feuilles mortes aux teintes mordorées que déjà déchiraient les frêles mais courageuses primevères. J'eus, pendant quelques instants, une triste pensée pour la pauvre forêt hivernale qui gémissait et agonisait sous les assauts belliqueux de l'avant garde estivale; écrasée, broyée entre le ciel et la terre qui semblaient s'être unis pour son plus grand malheur, la grande dame n'avait d'autre choix que de changer, de se parer d'une nouvelle robe, de nouveaux atours, pour charmer ses deux voisins et les endormir jusqu'à la saison prochaine.

Soudain mon sang, n'étais ce que mon sang ou mon corps tout entier, se figea: je venais de L'apercevoir entre un hêtre centenaire et un tout jeune ébène, l'instant d'après Elle avait disparu. Avant même de leur en avoir donner l'ordre mes jambes se hâtaient déjà dans Sa direction, m'entraînant irrémédiablement à leur suite. Ce que je redoutais par dessus tout à cet instant c'est que je sois en plein rêve, par ailleurs le plus beau qu'il m'eut été donné de faire, et que quelque chose ou quelqu'un ne m'éveille sans que je ne puisse La revoir.

Mais non.

J'atteignis sans encombre la lisière des bois et la vision qui s'offrit sans aucune pudeur à mes yeux me transperça et me toucha au plus profond de mon coeur. Les rayons solaires, qui baignaient ce tableau céleste de leur douce lumière, m'obligèrent à plisser les yeux et à m'incliner devant tant de beauté et de charme. Le paysage était en tout point divinement parfait; une grande plaine, la Plaine, s'étendait à perte de vue, délicatement parsemée de roses noires et de coquelicots, de lys et de jonquilles, de tulipes et de capucines, ainsi que de quelques jeunes arbres qui avait témérairement quitté l'abri de leur sombre Mère-Forêt. Cette océan de verdure noyait tout mortel contemplant Sa splendeur, submergeant son coeur jusqu'à l'en faire défaillir.

La Plaine et le soleil s'associaient pour finir de dévorer les restes de volonté du pauvre promeneur. Il se dégageait de la Plaine tantôt une joie et une douceur, tandis que le soleil transformait l'azur en une démentielle cours de récréation faisant la ronde ou jouant à cache-cache avec les moutons célestes, tantôt un érotisme et une sensualité à peine soutenable, difficile de ne pas succomber à ces ombres charmeuses qui, visibles ou invisibles, aguichaient et entraînaient l'homme à pénétrer toujours plus loin, toujours plus profondément dans leur Eden secret, et à s'y abandonner, l'herbe ondulant langoureusement sous les caresses du vent.

Elle, la Plaine, avait mis à bas mes remparts, pénétré ma carapace impénétrable, brisé mon pavois imbrisable, tranché les lacets qui maintenaient mon armure, la Plaine m'avait vaincu et Sa volonté primait désormais sur la mienne. Elle m'obligeait à me présenter à elle tel que je l'étais réellement, nu de toute apparence trompeuse, exempt de tout masque distordant, tel que je suis en moi, sans aucun apparat. Chose oh combien désagréable que de se sentir aussi faible et vulnérable qu'un nouveau né, toute ses défenses ayant été terrassées. Mais quel intense plaisir celui de s'abandonner corps et âme à la perfection ultime, à la beauté parfaite, à Elle. Me laissant guider par mon coeur, qui lui était désormais tout acquis, je pénétrai de plus en plus loin dans son jardin secret, interdit à tous, dont j'avais eu le droit de pousser la porte.

Ce n'est qu'en contournant les deux buttes sises à proximité du centre de la Plaine que je la vis pour la première fois. Elle me semblait connu, étrangement familière, presque intime, pourtant il m'aurait été impossible d'oublier la beauté irréelle de cette Muse endormie sous un saule. Elle était allongée sur le coté, Ses jambes à demi repliées sous Elle. Ses cheveux tombaient en cascade sur Ses épaules et se mêlaient avec l'ombre de l'arbre; Ses paupières masquaient Ses deux yeux tels deux pétales de roses délicatement posés sur deux pierres précieuses inestimables renfermant chacun un millier d'étoiles. Les courbes qui formaient Son corps étaient d'une pureté absolue, Elle avait été dessinée par la main du meilleur artiste et sculptée dans les matériaux les plus nobles par le sculpteur le plus talentueux.

Soudain Elle s'éveilla, ouvrit les yeux et les plongea dans les miens. Ce fut comme si un raz de marée s'était abattu sur moi et, avant que mon coeur ne chavire, je compris.
La Plaine était Elle.
Elle était la Plaine.
Elle était le Rêve.
Elle était mon Rêve.

Je m'éveillai sur ces dernières sensations d'une pureté absolue et découvrit celui qui m'avait douloureusement extirpé de mon rêve; un rayon solaire s'était infiltré par les volets et me chatouillait le bout du nez. Ce n'est qu'après avoir chassé l'indésirable que je m'aperçus qui je serrais dans mes bras, qui avait la tête contre mon coeur ...
C'était la Plaine.
C'était Elle.
C'était mon rêve éveillé, mon paradis sur terre, mon Eden. Et, soulevant délicatement les deux pétales qui lui servaient de paupières, Elle plongea son regard dans le mien et déposant un baiser sur mes lèvres, Elle me murmura trois mots, trois mots qui en valent des milliards, trois mots capable d'arrêter ou de déclencher une guerre, trois mots tout puissant, trois mots capable d'anéantir un monde, un univers ...
Elle me murmura:
« Je t'aime. »

mardi 5 octobre 2010

†

No more Loves.
No more Suffer.
Just Pleasure.

Amen †
Une gorgée de whisky dans un verre pas très propre, une bouffée de cigarette, un shoot à l'ecstasy, un set bordélique et orgasmique à souhait des Bloody Beetroots ou des Toxic Avenger, un bon morceau rock des Doors ou des Kills, des Kinks ou des Who, une soirée entre ami dans un bar enfumé, ...
La vie est pleine de petits plaisirs comme ça.
Mais comment se contenter de plaisirs devenus si insipides après avoir goûter à un Plaisir comme toi ?
C'est comme retourner au Panaché après avoir été à l'Absolut pendant 11 mois. C'est impossible.
T'es devenue une drogue pour moi. T'es ma coke. Tu circule dans mes veines. Je me défonce aux souvenirs de ton odeur. Je me shoot aux lambeaux de ta voix.
T'es en moi à jamais.

M.†

dimanche 3 octobre 2010

"Vie."

La nuit tombe. Comme le rideau à la fin d'un spectacle. Les acteurs sortent de leurs rôles, les masques tombent. Comme toujours, la pièce "Jour" a été parfaite. Tout était prévue dans le scénario. Le carambolage et les treize blessés de la Place de l'Etoile, la mère et ses deux enfants morts dans l'incendie de leur maison par un mari jaloux, même la disparition de Sweety la souris bien aimée de Clément était prévue. Tout. Absolument tout l'était.
Plongée à grande vitesse vers les couloirs du Ritz. Un homme et une femme se trouvent chacun d'un coté d'un pas de porte. L'homme n'ose pas entrer. La femme le regarde, un sourire espiègle accroché aux lèvres. Les derniers rayons du soleil semble exercer sur lui une espèce de censure, de blocage qui l'empêche de pénétrer cet antre défendu, cet Eden de plaisir, ce paradis de jouissance.
Dans le script, il est Mr Durand, honnête responsable des ventes, père de famille; mais en dehors il est un menteur et un hypocrite. Dans le script, elle est Mlle Stacks, jeune mais respectable vendeuse d'objets religieux; mais c'est une insatiable salope qui a obtenue le rôle. Ainsi sont les acteurs. Pouvant interpréter des rôles bien loin de leur personnalité.
Tout deux se dévisagent. Soudain le grand rideau bleu foncé fini sa course. Le bas de l'étoffe heurte dans un bruit mat les planches. Il obstrue maintenant définitivement toute lumière.
La salle est à nouveau pleine.
De nouveaux rôles sont distribués.

"Nuit" peut enfin commencer ...

vendredi 1 octobre 2010

Qui suis je ?

Qui suis je ?

Suis-je un gentleman un peu gauche mais sincère ou alors un enfoiré hypocrite ?
Suis-je un garçon bien et rangé ou alors un alcoolique fêtard et inconséquent ?
Suis-je un amoureux éploré ou alors un fier blessé qui ne veux que se venger ?
Suis-je un homme qui reconnait la défaite ou alors un mauvais perdant ?
Suis-je un être sociable et honnête ou alors un menteur et un manipulateur ?
Suis-je décidé à l'aimer ou alors ne veuille je que la baiser ?
Suis-je dépressif ou alors uniquement décidé à les faire souffrir ?
Suis-je prêt à assumer mes choix ou alors un lâche qui s'enfuit à la première difficulté ?
Suis-je un homme ou alors un monstre ?
Suis-je le bonheur ou alors la tristesse ?
Suis-je la joie et le plaisir ou alors la haine et l'ennui ?

Qui suis-je bordel ??

Seul sur nos cendres
En équilibre
Mes poumons pleurent
Mon Cœur est libre
Ta voix s'efface
De mes pensées
J'apprivoiserai
Ma liberté ...

AaRon

mercredi 29 septembre 2010

Plaisirs ...

" La sonnerie stridente de mon téléphone m'arracha de ma torpeur matinale. Rejetant la lourde couette en plume, je décrochais et émis un "Allô ?" d'une voix enrouée par le sommeil. Ma tête était sciée pas des éclairs douloureux, lambeaux des expériences de ma dernière nuit. Au son de la voix qui me répondit, je me redressais immédiatement dans mon cocon de douceur, me débarrassant au passage de la bouteille d'Absolut que je tenais serrée contre moi comme un môme de trois ans s'accrochant à son ours en peluche comme si sa vie en dépendait. Cette voix, j'aurais pu la reconnaître entre mille, une voix éraillée, sourde, griffée par les pires abus imaginables. Ce n'est que parce que c'était lui qui m'appelait que je n'avais pas encore raccroché. Il était le seul à pouvoir me déranger à toutes heures du jour comme de la nuit, en l'occurrence 13h du matin, sans craindre de voir son répondeur s'enflammer sous le déluge de ma colère. Il ne prononça que quelques mots rapides et succincts. Je lui répondrais de la même manière. C'était toujours comme ça entre nous. On ne se parlait presque pas et pourtant on savait pertinemment que l'on pouvait compte l'un sur l'autre en cas de problèmes. Nos discussions sobres se tenaient en quelques phrases, juste pour donner rendez vous à nos prochains délires alcoolisés, poudrés, ...

-"Soirée dans ma cave ce soir. Y'aura du beau monde et de quoi s'amuser. Tu viens ?" C'était presque autant un ordre qu'une question. De toute façon il connaissait déjà la réponse. Son appel faisait juste parti du rituel.
-"Ok. J'y serai. Quelle heure ?"
-"21h. Ne soit pas en retard."
Et il raccrocha. Je balançais mon portable à l'autre bout de mon lit, et , renfonçant la tête dans mon oreiller, je me laissai aller au sommeil qui me dévora de ses crocs effilés.

Lorsque j'émergeai des limbes mon réveil indiquait 15h37; il était grand temps que je m'extraye de la caresse vaporeuse de mes draps. Repoussant négligemment le bras qui m'enlaçais, je m'assis sur le rebord du lit, tentant de retrouver des repères dans mon esprit encore embrumé par mes frasques de la veille. Mon amuse gueule de la nuit dernière se retourne dans le lit, sûrement dérangé par le mouvement des couvertures, les voiles de soies épousant ses formes d'Apollon qui m'avait tant occupé cette nuit. Des fesses musclés à la perfection, un torse de dieu grec, des muscles taillés dans le marbre, un avatar parfait de la perfection charnel, un étalon pur sang sorti tout droit du plus prestigieux aras du genre masculin. Qu'importe. Il n'avait été et ne sera jamais que le jouet d'une nuit, comme j'allais l'être ce soir, l'objet de tous les désirs, de tous les fantasmes d'un autre. C'est pour cette raison qu'il fallait que je sois présentable.

Je titubai jusqu'à la salle de bain, slalomant entre les bouteilles vides brisées et les corps entremêlés, parfois nu parfois non, ravagés par les plaisirs qui les avaient traversés durant la soirée. Je ne reconnaissais plus ma suite. Elle avait été transfigurée par notre débauche de décadence et de destructions de la soirée. Des parois avaient été jetées à terre, de la nourriture constellait chaque centimètre carré du plafond, des coussins éventrés dégueulaient leurs plumes au milieu de ce qui avait été jadis une salle à manger Louis XV, les fauteuils avaient été défenestrer, la table servait de porte à la deuxième chambre, cette dernière ayant disparu sans que je puisse me souvenir où. Je dû laver la baignoire avant de m'y installer, la laver des substances qui l'avaient souillée hier, la laver de l'odeur de la fête. Je me glissais avec délice dans l'eau chaude du bain, mais je n'avais malheureusement pas le temps d'en profiter comme je l'aurais voulu, et c'est avec un soupir que j'attrapais ma brosse à dent parmi les pailles à coke et les seringues d'héro qui trônaient sur le lavabo. En tournant la tête, je découvris les jambes d'un mannequin d'exposition, maculés de détritus divers, dépassant de la cuvette des toilettes; le miroir avait été pulvérisé par un projectile inconnu. Des carreaux de carrelage mural avaient été desceller, des flacons de parfum et de shampoing avaient été projetés contre le sol en une fresque destructurée grandiose. Ma salle de bain entière était une ode à la fête, un chef d'oeuvre à sa gloire. Lorsque j'en eu fini dans cette antre de décadence, j'avais déjà perdu une heure et quart.

Et maintenant la faim me tiraillai l'estomac. La cuisine était impraticable, complètement ravagée par la tornade nocturne, théâtre d'une apocalypse miniature. Un mélange marronâtre recouvrai le sol d'une épaisse couche, donnant l'impression de piétiner dans de l'argile humide, les meubles avaient eu les portes arrachés, les étagères détruites, et les parois enfoncées. Il ne restait plus rien de la magnifique cuisine américaine high-tech. De toute façon je n'avais pas faim de cette nourriture là. Je voulais de la poudre. De la Blanche. Cette Demoiselle me manquait. J'avais déjà raté deux de mes prises habituelles et retrouver un sachet plein dans ma suite était mission impossible vu son état. Il allait falloir que je sorte. Les coins sordides de Paris m'attendaient comme moi je l'attendais cette demoiselle. Tout mon corps était tendu comme un arc, attendant qu'elle vienne, attendant qu'elle me chevauche, que je la prenne, qu'elle me fasse hurler, rire, pleurer, rêver sans poser de questions.
Je me suis défoncé comme un dieu à l'arrière de ma Limo. Ou plutôt non. Elle m'a défoncé. Elle m'a défoncé autant que je l'ai fait hurler dans ce billet roulé; osmose de douceurs et de cris, kaléidoscope de rêves et de cauchemars, quintessence schizophrène de douleurs et de jouissance.

Le temps que je retouche terre, il fallait y aller. La soirée promettait d'être puissante et riche en émotions. Au pire, j'avais encore un peu de ma seule compagne féminine sous la main. La seule femme qui pouvait se vanter d'avoir été possédée par moi. La seule dont je me souvienne du moins ...

La porte de la luxueuse demeure n'était pas fermée, aucun portier ni gardien pour acceuillir, tout ça ne laissait présager rien de bon. Et tant mieux. Seul trônait un petit écriteau sur le bois d'ébène qui disait en lettre d'or: "Entrez ... Si vous l'osez ..."
21h. Il était temps. J'appuyai sur la poignée et la battant pivota sur ses gonds. Le sol tremblait sous les assauts de la musique d'en dessous. Le rez de chaussé était désert, des préservatifs, sûrement usagés, indiquait le chemin jusqu'aux premières marches de l'escalier qui descendait dans les limbes de la luxure.
Lorsque j'ouvris la porte de tous les interdits un torrent de basse déferla sur moi, leur mélodie orgiaque violant violemment mes tympans, pulvérisant l'hymen trop serré de ma conscience, élargissant avec brutalité mon ouïe trop étroite. Je descendit les marches une à une, prenant mon pied à me laisser porter par la musique délirante.
Je débouchais dans une salle voûtée, ressemblant plus à des catacombes qu'à une cave traditionnelle. Sous les arches voûtées, déchirées par les lasers et la lumière crue du stroboscope, je vis des centaines de corps qui se mouvaient, se mélangeaient, se mêlaient dans un immense orgasme musicale. Des novices jonchaient déjà le sol, les babines retroussées, la sueur au front, un pieu dans le pantalon, le corps tressautant au rythme de leurs délires hypnotiques, de leurs transes hallucinogènes. Me frayant un chemin à travers ce corps jouissant je laissais tomber mon manteau par terre, la chaleur était insupportable et bientôt mon t-shirt suivi le même chemin que mon cuir.
Sur ma droite deux initiés passaient déjà à la vitesse supérieure, échangeant de fougueux baiser. Plus loin, sur la gauche, un novice était en pleine initiation, accroché nu à un anneau en métal fiché dans le mur en pierre, trois initiés prêt à le posséder comme si il n'était rien qu'un objet à leur service. Dans tous les coins des groupes se formaient, les danseurs se dénudaient, homme et femme sur un pied d'égalité, pour aller toujours plus loin dans le stupre et la luxure.
Enfin, j'atteignis ma destination, une porte métallique qui ne fermai plus depuis longtemps. Lorsque je la poussa je le trouvai là. Mon Dieu était en face de moi. C'était mon frère de seringue, mon compagnon d'orgie, mon camarade de rails et autres sympathiques expériences interdites.
Il me sourit. J'allais lui rendre son sourire lorsqu'une vive douleur me ravagea la joue. Je sentis le sang chaud, mon sang, couler lentement dans mon cou, le long de ma gorge. Elle apparut alors dans mon champ de vision. Une tigresse me dépassa, une prédatrice qui, d'un coup de griffe, m'avait lacéré la joue, me marquant comme sa proie à elle seule.
Lascivement, elle fit demi tour autour de mon amant et vint se coller contre moi. Et tandis que ses dix griffes acérées me labouraient délicatement le torse, elle me susurra:


"Alors, on commence ?"

vendredi 24 septembre 2010


Un jour tu m'as dis ceci, en citant je ne sais plus quoi:
"Regarde cette fille assise sur son banc. Elle n'est pas jolie. Elle n'est pas exceptionnelle. Elle n'est pas raffinée. Mais pourtant elle est belle. Elle est belle parce qu'elle est amoureuse. Elle est belle parce que lui est avec elle."
J'ai été beau. C'était parce que tu étais là. Maintenant, je redeviens celui que j'étais avant. Celui que j'ai toujours été. Et ça ne me plaît pas. Je me bats contre moi pour rester celui que j'ai été pendant quelques temps. Et je n'y arrive pas. Tout doucement, je lâche prise. Je sens que je glisse lentement vers un retour à la normal.




Mais moi j'ai envie que la normal ce soit celui que j'ai été lorsque tu étais là.

Fuck You.

Laisse(z) moi finir de me détruire en paix.
Bordel.

Fuck'Em All.

'Like That .

jeudi 23 septembre 2010

L'eau s'écoule de la pomme de douche en une cascade cristalline. Une fine vapeur commence à s'élever de la baignoire. L'atmosphère de la salle de bain devient moite et humide. Une légère brume opacifie progressivement les miroirs. Pourtant il faut quand même que je finisse de me raser. Effaçant d'un geste rageur la buée qui s'est formée sur la glace, je plonge le coupe choux dans l'eau bouillante du lavabo. Un coup de poignet et la mousse de ma joue droite disparait, immédiatement remplacée par une vive douleur. Une tache rouge s'épanouit sur ma peau. J'ai été trop vite et je me suis coupé. Merde.
Une idée me traverse l'esprit. Ce serais si simple d'en finir. Un autre coup de poignet transversale. Jugulaire et carotide tranchées net. No more problems.
Stop.
D'abord je me douche. Autant crever en étant propre. Et puis j'ai fais chauffer l'eau, il serait stupide de ne pas en profiter. Je dénoue la serviette qui ceint mes hanches. Ça commence à se voir que j'ai maigris. Un kilos et demi en moins d'une semaine. Je pensais pas que ça serait visible aussi vite. Tant pis. De toute façon ça ne sera bientôt plus un problème.
Je tire le rideau qui protège le reste de la salle d'eau des éclaboussures. La moiteur de la vapeur me frappe soudainement le visage, comme un diable sortant de sa boîte. Je rentre dans la baignoire en émail un pied après l'autre. La chaleur est intense, presque intenable. C'est comme ça qu'elle les aimait. Finalement moi aussi j'y ai pris goût. L'eau tombe en pluie sur ma tête, coule sur mon visage, dégouline le long de mon dos et de ma poitrine. J'attrape le rasoir qui trône, impeccable, d'un brillant sinistre, sur le bord du lavabo. Aller, ce n'est pas si dur, juste un coup net et précis et tout sera fini. Le sang sera lavé par l'eau de la douche. Une mort nette, sans tâche.
Soudain, comme si la température de l'eau avait fait fondre le blindage enserrant mon cœur, un raz de marée me submerge. Tout nos souvenirs, tout nos moments de complicité, de joie, de tristesse, de délire, de sérieux, de vie me reviennent d'un seul coup, me noyant dans leur multitude. Je jette la lame coutre le mur. Je ne finirais pas comme ça. Pas aujourd'hui. Des larmes viennent se mêler au sang de ma coupure et à l'eau de ma douche. Leur sel me pique lorsqu'elles passent sur ma blessure.

Cette douleur n'est pourtant rien à coté de celle qui me tord le cœur.

Regrets ...

J'ai voulu que tu m'embrasse et que tu te taise.
J'ai voulu te cracher à la gueule tout ce que j'ai sur le cœur.
J'ai voulu que tu ne me dise pas "Adieu.".
J'ai voulu pleurer.
J'ai voulu passer sous un bus.
J'ai voulu courir après le tiens.
J'ai voulu gueuler au monde ma haine à son égard.
J'ai voulu y aller pour le démolir de mes mains.
J'ai voulu la détruire jusqu'à ce qu'elle ne soit plus rien.
J'ai voulu que tu ne m'aie jamais quitté.
J'ai voulu me saouler.
J'ai voulu te faire du mal autant que tu m'en as fait.
J'ai voulu me haïr d'avoir voulu ça.
J'ai voulu que tu me déteste.
J'ai voulu que tu me frappe.
J'ai voulu que tu me tue.

J'ai voulu te dire que je t'aime.
J'ai voulu avoir une once de courage et de volonté.

Jerem'


Chaman de l'eau & Maître Zen.

"Ton histoire c'est une histoire de samouraï. Reste à savoir ce que tu es prêt à sacrifier ..."
"Bah t'as pas trouver qu'il y avait une morale à Saw I ?"
Qui est le premier dans LE classement ;) ?
Fait gaffe dans quatre ans et demi t'es marié ...
"C'est dommage qu'il fasse pas des lunettes 3D de différentes couleurs, on pourrait les assortir aux fringues."
Je t'assure que si, tu as bavé ! =)

Qu'est ce que je serais si t'étais pas là ?


=D

Skins

Dévergondé.
Destructeur.

Graveyard Song ...




You said you'd never turn your back on me. Rescue Me ! Rescue Me !




I would stop breathin' for You.


mercredi 22 septembre 2010

Grandis. Et prend toi la vie en pleine gueule.

"Quand on est petit, on nous dit que la vie est belle, que c'est un monde merveilleux où l'on gambade avec des ours en peluches dans d'immenses champs fleuris. On nous dit aussi de bien travailler à l'école pour ne pas finir comme le pauvre homme qui tend une main tremblante, rachitique et transie de froid à la sortie du supermarché, qu'on ne regarde pas en passant les bras chargés de victuailles alors que son estomac à lui se tord de douleur parce qu'il n'a pas manger depuis deux jours. On nous dit qu'on pourra réalise tous nos rêves plus tard. On nous dit que quelque soit le métier qu'on choisira, on s'en sortira dans la vie. On nous dit qu'on sera heureux plus tard.

Ce qu'on ne nous dit pas, c'est que la vie est en fait une vieille garce purulente, assise sur un trône de crâne et de vers, vomissant pus et gangrène par tous ses orifices; et que, en lieu et place des ours en peluches et des champs de fleurs, c'est en fait dans une mare d'eau croupie qu'on va se noyer en compagnie de requins aux crocs acérés. On ne nous dit pas non plus que bien travailler à l'école ne suffit plus aujourd'hui pour s'assurer un avenir correct. On ne nous dit pas que les rêves plus personne n'y croit et qu'il vaut mieux s'asseoir dessus plutôt que d'espérer vainement les réaliser un jour. On ne nous dit pas non plus que seuls les médecins, avocats, ou les diplômés de grandes écoles pourront prétendre à un futur radieux. Enfin, on ne nous dit pas que aujourd'hui le bonheur n'existe plus, qu'il n'y a plus que des degrés plus ou moins fort de malheur."




Je suis seul.
Mon front moite repose contre le mur en carrelage froid. L'agitation de la vie dehors me parvient comme étouffée par les parois crasseuses des toilettes. Ils s'inquiètent pour moi. Ça ne sert à rien. C'était avant qu'il fallait s'inquiéter. Maintenant c'est trop tard.
La bouteille encore fermée d'Absolut trône sur la chasse d'eau. Je voulais me saouler pour oublier. Mais j'en suis incapable. Au fond de moi je ne veux pas oublier. C'est comme si j'avais un diamant enfoncé dans une plaie béante. Quelque chose de tellement précieux, de tellement beau que malgré la douleur on ne veut pas s'en séparer.
Absolut. Un mot qui décrit magnifiquement bien l'ancien Nous. Tout était absolu, entier, pour le meilleur et pour le pire.
Tout le monde est autour de moi. Tout le monde sauf celle qui compte vraiment. Tout le monde est là mais je suis seul. Tout le monde n'est pas Elle.
Elle était mon oxygène, maintenant il faut que je réapprenne à respirer.
Elle me soutenait, maintenant il faut que je réapprenne à marcher seul.
Elle faisait battre mon cœur, maintenant il faut que je réapprenne à vivre.
Finalement la Vodka n'est peut être pas une mauvaise idée.
Les gorgées successives me brûlent la gorge et l'estomac. Tout à coup, tout vient. Tout remonte. Et pour la troisième fois de la journée, je dégobille le contenu de mon estomac dans les toilettes. Je vomis mes souvenirs. Je crache mes souhaits qui plus jamais ne se réaliseront. Je gerbe mes derniers lambeaux de sentiments. Mais malgré tout, il en reste qui s'accroche. Il y en a que je ne peux pas sortir. Pas pour le moment.
C'est dommage d'avoir gâcher de la si bonne Vodka; une si belle histoire.
Je trouve ça presque artistique l'image de mon comprimé d'anti-vomitif surnageant parmi l'alcool et les reste de mon dîner. Quel paradoxe, il était justement censé m'empêcher de vomir. Try Again.
Je retombe assis à coté de la cuvette. Gerber n'a servi à rien. Ce qu'il me reste de mon cœur est encore bien accroché, soudé avec moi, comme marqué au fer rouge. J'ai envie de crever. C'est pas si compliqué. Je finis la Vodka, je met la tête dans la cuvette. Mort par noyade. Fin de la partie.
Mais si je fais ça je détruirais tout ceux qu'il me reste, je ferrai du mal aux gens qui tiennent encore à moi. Et c'est pas ça que je veux. Je souffre assez pour ne pas vouloir faire souffrir les autres.
J'ai jamais eu peur de grand chose. J'avais peur de la perdre. Je l'ai perdu. Je n'ai plus rien à perdre. Je n'ai plus peur rien.
Mon coeur a été le théâtre d'une guerre destructrice. Il n'est plus que cendres et ruines fumantes. Mon monde s'est effondré. La pièce est terminée, le rideau est tombé.


Apocalypse in my heart ...

mardi 21 septembre 2010

dimanche 12 septembre 2010

Me & You. (L)



But Now It's just Me ...
Comme on gomme une rature, comme on essuie une tache, comme on efface un message dans le sable, comme on fait disparaître une larme avec un doigt, comme on brûle une lettre, comme on vomit un plat dégueulasse, comme si il n'avait jamais exister ...


Tout serait si simple si il disparaissait ...

dimanche 22 août 2010

"Je laisse l'amour et l'eau fraîche aux poètes, moi mes mots suintent le stupre et l'alcool; là où la plume des romantiques caresse le papier la mienne le griffe, ne laissant derrière elle que lambeaux tailladés et cicatrices sanguinolentes; l'œuvre de l'écrivain est comparable à une rose magnifique, la mienne ressemble à une tête de porc en décomposition plantée sur une pique, puante et pleine de vers. Et pourtant j'en suis fier de mon amas dégueulasse de phrases, de mon urinoir bouché par les mots, de mes paragraphes sentant la charogne et le vomi. J'en suis fier parce que ce sont les miens et que personne ne pourra les assembler avec plus de grâce et d'esthétisme que moi.

Je suis le Michel-Ange de la pourriture,
le Da Vinci de la médiocrité.
Peut être.
Mais moi, au moins, je suis quelqu'un."

vendredi 20 août 2010

Lire, écrire, rêver, se réveiller, découvrir, déchanter, rire, pleurer, croire, douter, trébucher, tomber, s'écraser, se relever, aimer, écouter, se perdre, réaliser, apprendre, essayer, réessayer, échouer, reprendre, abandonner, passer à autre chose, se battre jusqu'au bout malgré tout, espérer.

Vivre.

Du Rock en costume trois pièce qui flaire bon la Sueur et le Sang !


(Premier article sur un artiste, soyez indulgents ^^.)

Pour se mettre dans l'ambiance

Pour Wikipédia Them Crooked Vultures est un "supergroupe de rock americano-anglais".
Mouais.
Aurait-on pu se passer du supergroupe ?

Alors Ok, avec Dave FooFighters Nirvana Grohl à la batterie, Josh Queen of the Stone Age Homme à la guitare et au chant, et John Led Zepplin Paul Jones à la basse, les Vautours de Travers (ça le fait nettement moins en Français n'est-il pas ?) ont un pedigree impressionnant. Non. Ils ont un pedigree hallucinant !
Et franchement sur le papier, la composition du groupe fait rêver; rien qu'à la lire on a les yeux révulsés, l'écume aux lèvres, le sang qui bout dans les veines et les oreilles prêtent à se gorger de rock pur.

J'en entend déjà râler que, "Oui, ça à l'air alléchant sur le papier. Mais nom d'une pipe ! ça sent à plein nez le gros-coup-marketing-pour-s'en-mettre-encore-plein-les-fouilles-parce-que-c'est-la-crise-non-mais !"
Je leur répondrai que finalement ce que gagne les artistes je m'en cogne un peu tant qu'ils offrent à mes tympans un nectar délectable de notes et que j'en ai pour mon argent (Oui je suis bassement matériel et alors ? Qui n'a jamais claqué 15 euros dans un album de soupe immangeable même avec une pince à linge sur le nez alors qu'il pensait acquérir un super CD ? Personne ? Bien ...).
Il faut dire qu'avec les Vultures on est quand même assez loin du nectar délectable et c'est tant mieux ! Là où la mode est à la Vodka-Red Bull (trop sucrée, sans goût, sirupeux, en un mot: infecte) avec le-petit-tube-fluo-qui-va-bien en soirée mousse, eux nous serve un bon vieux whisky 18 ans d'âge, sec, dans un verre pas forcement net, dans un pub anglais sombre et enfumé. Et ça, ça change tout.

Les Vautours font du rock, du vrai, pas du rock de midinette en slim noirs, les cheveux ébouriffés et le blouson en cuir pour faire genre, non; ces Charognards jouent un rock qui sent le sang et la sueur, un rock débridé, un rock où les guitares crachent leurs tripes et crie leur douleur dans des râles rauques. Mais de temps à autre ce monstre enragé se transforme en quelque chose de presque civilisé, de presque gentlemanesque (vive les néologismes); mais on sent toujours poindre sous le costume bien coupé la bête prête à hurler sa rage; une bête qui se révèle progressivement, qui laisse sa proie approcher, doucement, et qui ne sort de sa tanière tout crocs dehors qu'au milieu du premier morceau (No One Loves Me & Neither Do I). Et c'est cette union entre la voix sonnant parfois très pop-rock de Homme et les grosses guitares bien grasses qui donne tout sont intérêt à ce trio; un mariage réussi entre les cordes vocales de Coldplay et les couilles de Motorhead.

Murat à dit :"La musique est devenue secondaire. Tout le côté sanguinolent du Rock a disparu. Ça ressemble à des films gore où on fait du sang avec de la grenadine et le foutre avec du lait Nestlé."
N'en lui déplaise, Them Croocked Vultures balance un coup de pied dans la fourmilière et renoue avec les valeurs sonores du rock des années 70 tout en y insufflant un air nouveau.