mercredi 22 septembre 2010

Grandis. Et prend toi la vie en pleine gueule.

"Quand on est petit, on nous dit que la vie est belle, que c'est un monde merveilleux où l'on gambade avec des ours en peluches dans d'immenses champs fleuris. On nous dit aussi de bien travailler à l'école pour ne pas finir comme le pauvre homme qui tend une main tremblante, rachitique et transie de froid à la sortie du supermarché, qu'on ne regarde pas en passant les bras chargés de victuailles alors que son estomac à lui se tord de douleur parce qu'il n'a pas manger depuis deux jours. On nous dit qu'on pourra réalise tous nos rêves plus tard. On nous dit que quelque soit le métier qu'on choisira, on s'en sortira dans la vie. On nous dit qu'on sera heureux plus tard.

Ce qu'on ne nous dit pas, c'est que la vie est en fait une vieille garce purulente, assise sur un trône de crâne et de vers, vomissant pus et gangrène par tous ses orifices; et que, en lieu et place des ours en peluches et des champs de fleurs, c'est en fait dans une mare d'eau croupie qu'on va se noyer en compagnie de requins aux crocs acérés. On ne nous dit pas non plus que bien travailler à l'école ne suffit plus aujourd'hui pour s'assurer un avenir correct. On ne nous dit pas que les rêves plus personne n'y croit et qu'il vaut mieux s'asseoir dessus plutôt que d'espérer vainement les réaliser un jour. On ne nous dit pas non plus que seuls les médecins, avocats, ou les diplômés de grandes écoles pourront prétendre à un futur radieux. Enfin, on ne nous dit pas que aujourd'hui le bonheur n'existe plus, qu'il n'y a plus que des degrés plus ou moins fort de malheur."

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