dimanche 27 février 2011

"Je trône au milieu d'un palais en ruine, hanté par des souvenirs de rires, de voix, d'odeurs.
Je règne sur une cour fantôme depuis bien longtemps disparue.
Mon royaume n'est plus que cendres et gravât.
Je domine ce monde soutenu par mes deux compagnes, Solitude et Souffrance."

17.02.11 (Again)

6h20.
Ça y est.
Tout est fini.

En fait, à 6h20, tout était déjà fini depuis longtemps.
Mais tant qu'elle n'avait pas franchi la porte, rien n'était posé concrètement, tout était encore irréel, comme un cauchemar qui hante nos nuits mais ne peut dépasser les frontières du sommeil, comme un rêve qui illumine nos pensées nocturnes mais qui reste prisonnier de son monde idyllique, rien n'avait d'existence.
Avant qu'elle ne fasse ce pas si important ils étaient tel le chat de Shrödinger, vivants et morts, ensembles et séparés, heureux et tristes.
Un pas, un simple pas est capable de bouleverser une existence, de réduire en cendre une vie, de jeter à bas tout ce qui avait été construit. Il ne restait que lui, seul, debout au milieu des ruines encore fumantes de ce qui avait été son existence de ces derniers mois.
Il est seul sur le pas de la porte. Elle disparaît dans le matin qui point timidement. La brume l'enveloppe peu à peu, dévorant sa silhouette, dévorant le rêve, le dissipant comme une brise rageuse dissipe la fumée d'une cigarette.

Tout est fini.
That's all Folks.
Il la regarde s'éloigner dans la nuit encore présente.
Il ne peut plus rien faire, c'est sa vie qui s'en va et il ne peut que la regarder partir.
Fuckin' Life.

Complainte d'un coeur brisé

Un pieu de glace vient de s'enfoncer dans les derniers vestiges de mon coeur.
Une tâche pourpre s'épanouie sur ma poitrine.
Un battement de paupière et elle a disparu. Mais la douleur, brûlante, insupportable est toujours là, elle; elle persiste, comme un parasite dont on ne peut se débarrasser.
Je suis debout mais au fond de moi je suis à terre, recroquevillé sur moi même, attendant le coup de grâce qui ne viendra jamais.
Mes dernières illusions viennent d'être piétinée par son élégante foulé.
Mais rien ne doit paraître.
Show must go on.
...
La porte se referme sur les derniers.
Ils sont tous partis.
Le masque peut enfin tomber en morceaux, comme brisé par un coup puissant.
J'ai envie de hurler mais aucun son ne franchi mes lèvres, j'ai envie de pleurer mais aucune larmes ne perlent au coin de mes yeux. Cette sale habitude de ne rien laisser sortir est toujours ancrée au plus profond de moi.
Je suis seul.
Encore et toujours seul.
Enfin non, ma vieille compagne la Douleur est avec moi, encore plus solidement accrochée à moi que mon ombre.
Rien ne l'apaise, rien ne la rassasie. La clope ? Inutile. L'alcool ? Même constat. Ne reste que le café pour ne surtout pas retomber dans l'abîme de cauchemar que me réserve le sommeil, pour échapper quelques minutes de plus à l'étreinte pourtant inéluctable de Morphée.

Good night. Nice dream. Ce ne sera pas mon tour, pas ce soir, comme les treize dernières nuits.

lundi 21 février 2011

"Le bonheur c'est du chagrin qui se repose."
Léo Ferré
"Les cadeaux de la vie ne nous sont jamais complètement acquis, elle peut les reprendre à n'importe quel moment. Et cette garce les reprend au moment où l'on en avait le plus besoin, au moment où l'on se reposait le plus sur ce qu'elle nous avait offert de meilleur."

Je ne méritais pas ça.
Vraiment pas
.

dimanche 20 février 2011

19.02.11

Le claquement de mon Zippo viole le silence nocturne qui s'était abattu sur la nature alentour. Tout est calme, endormi, seule le murmure du papier et du tabac qui s'embrase à chacune de mes inspirations trouble la nuit. Je ne vois pas la fumée que j'expire, je ne peux que l'imaginer pénétrant dans mes poumons, jusqu'au plus profond de moi, puis tout à coup ressortir en un panache opaque.
J'ai l'impression d'être un étranger dans ce monde qui m'entoure, perturbateur saccageant la quiétude profonde de la nuit. De toute façon, je me sens un étranger même au sein de moi-même. J'ai perdu mes repères, mes points d'ancrages. Je suis à l'image d'une frêle barque en bois laissé à la dérive en pleine tempête, désorienté et vulnérable.
C'est facile de porter un masque quand on en a envie, quand on l'a perfectionné, quand on se l'est créé sur-mesure. Mais lorsque l'on doit en porter un pour les autres, pour les préserver, parce qu'ils nous l'imposent plus ou moins inconsciemment, l'amusement devient torture et calvaire.
Celui que j'avais été obligé de revêtir ce soir commençait à tomber en morceaux, et tout ce qui avait été endigué derrière, soudainement libéré de leurs entraves, explosait, débordait en torrent furieux, pulvérisant tout sur leur passage.
La colère et l'irascibilité ouvrait la marche, je voulait hurler ma peine et ma douleur au monde, graver dans le marbre cette profonde injustice. Mais ce ne sont que des larmes silencieuses qui sortent, sanglots invisibles par cette sombre nuit, une profonde tristesse a tout balayé, tout noyé sous mes pleurs salés.

2h22.
Make a wish.

Mais le seul voeux que je voudrais vraiment faire est le seul qui ne se réalisera jamais.

vendredi 18 février 2011

Promenons-nous dans les bois ...

Le feu crépitait dans la lourde obscurité de la nuit. De temps à autre, un morceau de bois se fendait dans un craquement sinistre qui se perdait en résonnant dans les profondeurs de la forêt. L'épaisse couche de neige étouffait les bruits lugubres qui envahissaient habituellement les bois, étendant un voile de silence étouffant sur les arbres endormis.

Les flammes faisaient danser dans les feuillages des ombres dérangeantes, tel un photophore malsain. Monstres et diables éphémères envahissaient la canopée, exécutant en gesticulant une chorégraphie saccadée et silencieuse. Les ombres des trois aventuriers recroquevillés, immobiles autour du feu, se mêlaient à cette sarabande infernale.

La lueur orangée qui éclairaient les trois aventuriers semblait faire miroiter sur leurs visages, leurs pensées et leurs souvenirs les plus sombres. Des centaines de jours, de semaines, de mois d'errances et de combats, de fuite et de quêtes défilaient dans leurs yeux moitiés hagards, moitiés embrumés. Leurs traits étaient creusés par la fatigue et par la peur viscérale que leur inspirait la forêt endormie. Ces guerriers expérimentés, habitués aux situations extrêmes, étaient pourtant déstabilisés par l'atmosphère pesante et dérangeante qui habitait les bois.

Ils sursautèrent tout à coup, sorti de leur torpeur par le craquement sourd des branches ployant sous le poids de la neige, les fibres gelées du bois rompaient les unes après les autres et, de temps à autres, une branches s'effondrait avec fracas dans les ténèbres nocturnes. Avisant que le vacarme ne provenait de rien d'autre que d'une branche fatiguée qui avait cédée sous la blanche poudreuse, les trois ombres se recroquevillèrent à nouveau dans la lueur rassurante du feu, attendant qu'enfin l'obscurité cède sa place à la pâle lueur du soleil d'hiver.

17.02.11


Pourquoi ?



C'est fini.

mercredi 16 février 2011

Doutes

Que suis-je devenu à tes yeux?
C'est la question qui m'obsède et me tourmente depuis des heures, depuis hier soir en fait. On a parlé depuis, pas juste -bonjour -au revoir, non, on a discuté, presque comme avant, et pourtant pas de "Je t'aime.", pas de "Faits de beaux rêves."
Ne suis-je plus rien ? Ai-je encore une place dans ta vie ? Dans ton coeur ?
L'attente m'oppresse. Attendre jusqu'à jeudi. Plus rien d'autre ne compte désormais. Je veux savoir. Je veux comprendre. Je veux avoir une réponse, la vérité, même si je sais qu'irrémédiablement je vais souffrir. J'ai à l'égard de la vérité la même fascination qu'ont les jeunes enfants à l'égard du feu. Instinctivement, ils savent qu'ils vont avoir mal, mais ils vont malgré tout avancer la main. Moi, c'est mon corps tout entier que je jette dans le brasier, et je ne connais que trop bien l'état dans lequel je vais ressortir.
Je ne veux pas être qu'un nom, je veux être le nom, celui qui compte plus que les autres, oui je suis égoïste. Je ne veux pas disparaître progressivement dans les méandres de tes pensées, comme un souvenir qu'on oublie pour n'en conserver que le contour lointain et flou, comme la fumée d'une cigarette qui se dissipe dans le vent et dont il ne subsiste qu'une vague odeur. Mais ce que je veux a-t-il encore de l'importance ?
L'impression de déjà-vu qui me submerge lorsque j'écris ces lignes me terrifie à un point que tu n'imagines même pas. C'est atroce de ne plus rien contrôler, de ne plus rien pouvoir faire, de n'avoir que d'autre solution que de s'en remettre à la décision d'autrui pour savoir quelle orientation va prendre sa vie.
Il paraît que je suis adroit avec les mots et les lettres, pourtant ce sont contre eux que j'ai le plus de mal à me prémunir. La plume et le verbe sont les armes les plus puissantes et les plus destructrices qui existent et qui n'existeront jamais; les actes peuvent être douloureux certes, mais ce sont les mots et les paroles qui sont les plus meurtriers. Chacun d'eux s'inscrit en nous au fer rouge pour ne jamais disparaître.
Dans ton livre, il est écrit "La vie n'est que souffrance, si la souffrance n’existait pas alors vivre n'aurait pas d'importance car il n'y aurai aucun mérite à réussir quoique ce soit. Dès lors il faut accepter la douleur et vivre avec au mieux."
(Tu te souviens de ce que j'avais appelé la douleur utile ?)
Ce qu'il (ou elle je ne sais plus) est exact. Mais elle (il ?) omet de préciser qu'il est certaines souffrances qui sont insupportable. Et l'idée même de te perdre me vrille les entrailles.

Voilà, c'est brouillon, désorganisé, sans aucun style, mais je ne peux pas faire mieux sur ce coup là. J'aurais pu t'écrire un truc ultra sophistiqué, bourré de référence. Mais ça n'aurait pas été fidèle avec la primalité du tiraillement que je ressens au plus profond de moi.
C'est tellement dur d'écrire avec son ventre, sans fioritures, sans enjolivures, sans rien pour masquer la médiocrité et la linéarité du style.

Cracher ses tripes avec classe, ça c'est l'apanage des grands auquel je ne saurais prétendre. Tout ce dont je suis capable c'est ça, mes pensées dans l'état le plus brut qu'il soit.
Tu m'as ordonné de dormir tout à l'heure mais je ne vais pas pouvoir t'obéir pour l'instant.
Il est trois heures du matin (environ, je ne sais plus ...), j'avale actuellement mon sixième (ou septième, ou huitième, ou plus, au bout d'un moment on ne compte plus.) café de la soirée. Je ne dors pas, pas parce que je n'y arrive pas, mais parce que si je ferme les yeux je plonge à pieds joints dans les pires de mes cauchemars, dans les pires de mes craintes.

C'est pathétique. C'est ridicule. Mais j'avais besoin de me dire que j'avais fait tout ce qui était en mon pouvoir.
Je t'aime. Je tiens à toi plus que tu ne l'imagines.

3h06.

mardi 15 février 2011

samedi 12 février 2011

Ma plume érafle le papier à mesure que les souvenirs écorchent mon esprit de leurs griffes acérées, tentant par tout les moyens de ne pas disparaître dans le néant insignifiant des jours oubliés. Tels des monstres hargneux et cruels, ils tranchent, balafrent, mordent, torturant leur esprit mauvais pour trouver une solution à leur inéluctable disparition.

Nuit Finale.

Toutes les lumières étaient éteintes, aucunes bougies ne brûlaient dans les élégants photophores en cuivre bleuté, et, pourtant, on voyait dans la chambre presque comme en plein jour. La lumière pénétrait par éclats à travers l'immense baie vitrée qui n'était pas obstruée par les lourds rideaux de velours pourpre la couvrant habituellement. Les formes occupant la pièce se découpaient dans l'obscurité aux rythmes des flash aveuglants qui transperçaient la pénombre feutrée de la gigantesque chambre.

Dehors, le monde courait à sa perte. Tous s'effondrait, tout brûlait, tout était anéanti dans le dernier conflit des humains, celui qui broiera définitivement toutes traces de leur civilisation dans le creuset de la guerre et de la violence. Dans un ultime élan d'égocentrisme et de stupidité qui sied tant à sa race, l'homme avait déchaîné contre lui même tout ce que son intelligence supérieure et sa science lui avait permis d'inventer comme moyen de destruction. Tandis ce que la Terre hurlait de douleur, torturée par les explosions qui la ravageaient, certains se battaient pour survivre une seconde, une minute de plus, se précipitant toujours un peu plus vers le bord du précipice; d'autre tentaient vainement de fuir, courant de toute leurs forces devant la Mort, juge implacable et infatigable qui venait réclamer son dû en cette veille d'apocalypse, qui, juché sur son char mortuaire, fauchait les vies par poignée, riant à gorge déployée au milieu du carnage

Dans une danse lascive, elle rejeta ses magnifiques cheveux bruns en arrière, se redressant au dessus de lui alors qu'une gerbe de lumière orangée inondait la pièce de sa vive clarté, et elle s'offrit à la nuit. Elle lui offrit un kaléidoscope sensuel d'ombre et de lumière, chorégraphie orgasmique à la gloire de la nudité, fantasmagorique spectacle de son corps nu s'abandonnant aux plaisirs charnels submergeant son esprit, saturant ses pensées, déversant dans chaque parcelle de son intellect une vague de désir irrésistible. Les courbes de son corps, d'une beauté divine, se découpaient dans l'obscurité. La pointe de ses seins déchirait le voile ténébreux qui s'effondrait, s'effritant en lambeaux sur la cambrure de son dos, caressant la rondeur de ses fesses, coulant le long de ses cuisses jusqu'à se fondre dans les draps de soie noirs qui enserraient ses pieds et ses genoux. Un nouvel éclair illumina la pièce, révélant la beauté irréelle de son visage; l'éclat de ses yeux verts comme celui de milliers d'étoiles malicieuses, le rouge carmin de ses lèvres enserrant ses dents immaculées, pointant tels des crocs acérés prêt à mordre leur proie, la courbe de son nez et de ses pommettes, perfection absolue taillée dans le marbre blanc de sa peau.

Les explosions déchiraient les murs de béton et d'acier. Des immeubles s'écroulaient, ensevelissant leurs habitant dans leur dernière demeure. Des éclairs zébraient le ciel et les brasiers se multipliaient malgré la pluie torrentielle qui s'abattait sur la Terre, comme si le ciel pleurait, de joie ou de tristesse, la disparition de l'être le plus évolué que la planète n'ait jamais connue. La nuit était illuminée par les déflagrations, ultime feu d'artifice que l'homme s'offrait à lui même pour célébrer son anéantissement.

La nuit gémissait. La nuit hurlait de désir. La nuit la voulait. Elle voulait son corps. Elle voulait son âme. La nuit voulait faire d'elle son héraut. Celle qui brandirait bien haut son étendard décadent. Celle qui porterait fièrement ses couleurs gravées à vif dans sa chair.

Échappant d'un coup de rein aux griffes de la nuit et tandis que celle ci hurlait de rage et de désespoir, elle replongea sur lui tel un fauve sur sa proie, ne lui laissant aucune chance de s'échapper. Il était perdu d'avance. Ses gémissements faisaient écho à ceux de la nuit. Son corps entier était traversé par des frissons de plaisirs. Il était entièrement vulnérable, à sa merci. Les crocs de son prédateur effleurèrent sa peau de leurs pointes effilées, laissant dans sa chair la trace de leur passage.
Leurs caresses allaient toujours plus loin, toujours plus osées, toujours plus sensuelles. Leurs corps ondulaient langoureusement, vibrant ensemble sur le même rythme de débauche. Elle donnait la cadence. Elle contrôlait la moindre parcelle de plaisir qu'elle lui procurait. Elle le faisait languir, elle jouait avec lui et avec elle même, elle décidait de tout et elle aimait ça.

A l'extérieur, la Terre hurlait sa souffrance au ciel. Des fissures s'ouvraient partout, engloutissant épaves, cadavres, ruines dans un même mouvement, du magma en fusion se déversait de ces cicatrices béantes. Et alors que l'apocalypse finissait d'asseoir son règne sur la Terre, le luxurieux ballet jouait son tableau final, feu d'artifice de dépravation, monumentale explosion de stupre et de plaisir.

Leurs cris s'unirent en une hymne à la nuit, symphonie sulfureuse jouée sur la chair, ode au plaisir.
Un ultime cri de jouissance.
Un orgasme d'une pureté absolue.
Le dernier.

vendredi 4 février 2011

Extraits I

"Mon âme saigne.
J'ai mal.
C'est douloureux de se faire poignarder dans le dos.
Ça rajoute à la souffrance physique une énorme balafre à l'égo; une balafre qui veut dire "Je t'ai entubée, et j'en suis fière.". Je crois que le pire c'est de se dire que cette fois, le coup était amplement esquivable et que, encore une fois, on a pas réussi à ne serais-ce que tenter une parade.
La première fois que ça nous arrive, on se dit "Tant pis, j'apprend la vie."
La seconde "Saloperie, ça fait vraiment mal, c'est bon j'ai appris, plus jamais ça ne se reproduira. Je suis trop bien blindé pour ça."
Mais on se refait poignarder dans le dos, encore et encore; et ça, c'est inexcusable.
Parce que bon, deux fois on peut gentiment se trouver des excuses en mettant ça sur le compte de la naïveté des débuts et que tout apprentissage quel qu'il soit se fait plus ou moins, plus souvent plus que moins d'ailleurs, dans la douleur et que c'est normal. Mais au fil du temps les cicatrices et les balafres s'amoncellent, se multiplient, sagement alignées les unes à cotées des autres et il arrive un moment donné où, à moins d'être masochiste, avoir mal n'est pas fun du tout, mais alors pas du tout. Et je suis à mille lieues d'être masochiste.
J'ai appris à accepter les coups bas quelle qu'en soit la provenance ou le contenu, il paraîtrai aussi que je suis insensible. Grossière erreur. Je ne montre pas ce que je ressent, c'est différent; ça ne veut pas dire que je ne ressens rien, au contraire.

Qu'une envie, lui faire du mal. Lui apprendre ce que veut vraiment dire le mot souffrance."