lundi 30 mai 2011

You hurts me. Violently.

Il a le droit de poser ses mains sur ton corps,
Il a le droit de respirer ton odeur,
Il a même droit aux regards qui le rendent plus fort
Mets moi la chaleur de ta voix dans le coeur

Il aime caresser ton visage quand tu t'endors
Et toi tu te permets de dire : "Encore ! Encore ! "
Je sais que ce qui ne tue pas nous rend plus fort
Mais moi, mais moi je suis déjà mort.

Kyo



Le jeu est souvent plus dangereux et plus prenant que ce que l'on pense au premier abord.
Ce jeu m'a fait revivre.
Ce jeu me faisait vivre.
Ce jeu était le meilleur auquel je n'ai jamais joué.
Ce jeu était plaisir et jouissance.
Ce jeu n'était que frustration.
Ce jeu m'a rendu fou.
Ce jeu m'échappait.

Ce jeu n'était pas qu'un jeu.
Tu vas me manquer. Vraiment.

mercredi 25 mai 2011

Geekerie # 2

Rêverie éveillée

L'appartement est sombre, presque noir. La lueur du réverbère qui filtre à travers les volets tranche les ténèbres comme de multiples scalpels effilés.

Tout est silence.

Le claquement métallique du verrou résonne lugubrement, brisant l'atmosphère calme et tranquille. Le moindre de mes mouvements, le moindre son semble être amplifié, démultiplié entre ces paisibles murs. Tout sonne bruyamment comme dans un caveau démesuré, cathédrale abandonnée où hier encore résonnait rires joyeux et tintements de verres. Je m'assois dans le canapé, soucieux de mettre un terme à cet adagio cacophonique et discordant.

Mon doigt enfonce doucement la touche ronde jusqu'à ce qu'un léger "Clic." se fasse entendre. Dans un ronronnement étouffé, digne du plus satisfait des chats, l'ordinateur se met en marche, vomissant sa lumière blafarde et artificielle sur mes traits fatigués.

Détournant les yeux de cette agressive clarté, c'est alors que je t'aperçois. Tu te tiens dansl'encadrure de la porte, enroulée dans tes couvertures comme si la Nuit te drapait de son grand manteau. Morphée possède encore ton âme, sa douceur se reflétant sur ton beau visage. Elle pèse de tout son poids sur tes paupières, tentant de les fermer à nouveau pour soustraire au monde l'étincelle de malice qui pétille au fond de tes prunelles noisettes.

D'un mouvement lent, tel un félin majestueux et indolent, tu secoue ta tête, tentant de redonner un semblant d'ordre à tes cheveux qui, il y a quelques instants encore, se fondaient dans le moelleux d'un oreiller, telles des racines puisant la sève enchanteresse des rêves au sein de la Nuit. Une effluve doucereuse et enivrante envahi la pièce, une odeur paresseuse de sommeil, la senteur de la torpeur brisée dont les éclats brillent encore, incrustés dans tes traits finement ciselés.

Tu t'avances alors, sublime allégorie du sommeil, d'une allure lente et mesurée, chacun de tes pas étendant un peu plus encore ta fascination sur mon esprit. Langoureusement tu t'allonge sur le canapé, ta tête reposant négligemment à quelques centimètres de moi, ta chevelure s'éparpillant sur un nouvel oreiller, sur un nouveau royaume, puisant des rêves dans un nouveau puits.



Et alors que tu dors, moi, pauvre mortel te dévorant des yeux, je me nourris de ta beauté ensommeillée pour animer ma plume qui dévoile sur le papier les délices que tu offres à mon regard charmé.

lundi 23 mai 2011

Fait d'arme

New game (or How I kick Your Ass.)
To O.

La personne que j'ai été pendant deux ans est morte, remplacée par celle que j'ai toujours été. Elle était resté en sommeil au fond de moi, endormie par un abandon de ma jeunesse trop rapide. Mais aujourd'hui elle s'est enfin réveillée, chassant brutalement l'imposteur qui avait pris sa place. La vie n'est que plaisir. Alors vautrons-nous dans ces abîmes de délices. Qui m'aime me suive, seuls les vrais amis resteront, ceux qui ont toujours été là, ceux qui seront toujours là, ceux pour qui j'ai vraiment compté. Les autres, les obtus, ceux qui ne veulent pas essayer de comprendre resteront en arrière, dans leur petit monde soit-disant plaisant, vieillards prématurés, intolérant face à ce qu'ils ne comprennent pas, détestant ce qui leur échappe, étant incapable d'appréhender et d'accepter le monde et les milliers de facettes qui le composent.

"Tu n'as qu'à chercher pour trouver qui tu es !" Ma quête est achevée. Je me suis trouvé, j'ai trouvé le masque dans lequel je me sens bien, dans lequel je me sens moi. Je suis enfin près à profiter de tout. Le passé est déjà mort, le futur n'existe pas encore, il n'y a que le présent dont nous devons nous préoccuper, pour pouvoir le regarder sans regrets lorsqu'il sera devenu passé.

Je n'ai pas besoin de fantôme d'un temps révolu pour avancer. Je n'ai pas besoin du chant des sirènes de cette époque déjà lointaine pour m'agacer les tympans durant mon périple. Je suis enfin moi, que ça te plaise ou pas. Je n'ai que faire de ton avis. Je n'ai que faire de ton pardon. J'ai disparu au moment où tu as franchi ma porte, par un glacial matin de février; il serait temps que tu t'en aperçoives.

Le coma est terminé. Place à la vie. Let's play the game.

That's how we play, that's how we live.

Jouer avec le feu.
Jouer avec ses nerfs, ceux d'une autre.
Ne rien céder.
Sous entendre.
Interpréter.
Sentir la pression monter.
La laisser s'épanouir.
Ascenseur émotionnel.
S'abandonner au plaisir de la frustration.
En faire son sang.
Laisser sa morale derrière soi.
Vivre sans principe.
Tout mettre en péril pour le plaisir du jeu.
Gagner importe peu.
Être mené dans ses derniers retranchements de patience et d'inventivité.


Une seule règle : ose et fais toi plaisir.
Jouer c'est vivre.

vendredi 20 mai 2011

Les arbres enchevêtrent leurs bras pour atteindre le ciel
Les feuilles qui se rassemblent captent de plus en plus la lumière
Et épaississent les ténèbres de la forêt de verre et d'acier
Les chasseurs ne remarquent pas
Les griffes et les prunelles luisantes des fauves tapis dans le noir

Voici venir la nuit où les chasseurs deviennent les proies.

Frustrations

3h.
La soirée se termine. Une autre commence.
Les plus prudes, les plus gentils, les plus purs, les plus sages; les ignorants aux caresses de Débauche et Luxure, ont déjà la main sur la poignée de la porte et le pied dans le couloir. Ils ne savent pas ce qu'ils manquent.
Ou ce qu'ils ne manquent pas.

Mon âme s'apaise à mesure qu'ils s'en vont.

Certains partent à gauche, manteau sur le dos, sac à l'épaule, esquissant un signe poli à l'assemblé de déchet dans laquelle siège ceux qu'ils appellent leurs amis sous les rayons du soleil mais que là, ils ne reconnaissent pas. Ces corps désarticulés forment désormais ma cour, mon empire. Ils sont mon troupeau sur lequel je dois veiller, berger paternel et décadent. En fait je les méprise. Je méprise ce ramassis de faibles qui, passé le début de la nuit, ne peuvent plus que s'écrouler, les membres tremblant sous la masse des sensations qui surcharge leur cerveau. Moi, et les derniers autres qui sont restés à mes côtés, dédaignons ces lâches qui abandonnent la lutte alors qu'elle commence seulement à devenir intéressante.

D'autres s'en vont à droite, peu nombreux, les élus d'un soir, les couples d'une nuit, quittant le groupe sous divers prétextes hypocrites, et partant, le regard perdu dans celui de leur proie, ne pensant déjà plus à ce qu'ils viennent de nous raconter. Ceux là, nous ne les méprisons point, nous les haïssons. Égoïste à la recherche de leur plaisir personnel, préférant les effluves d'Erosaux vapeurs de Bacchus, ils ne pensent qu'a leur félicité. Ils oublient les autres, oublient les gens, oublient le temps, oublient l'espace. Ils se laissent porter par la saveur utopique des doucereuses promesses d'Aphrodite.

Alors il ne reste plus que nous. Les oubliés. Les héraut de la Nuit. Ceux qui, longtemps encore, brandiront l'étendard décadent de leur splendide maîtresse. Il ne survit que nous. Une bande de jaloux et d'hypocrite se morfondant dans leur propre déplaisir. Une meute de loup frustrée de n'avoir pu goûté plus loin aux chimères de leur reine.

Nous détestons ceux qui partent, parce que eux ont encore assez de courage et de volonté résister au délice de l'Amante ténébreuse.
Nous méprisons ceux qui tombent, parce que eux nous abandonne dans notre décrépitude et notre solitude obscure.
Nous haïssons ceux qui baisent, parce que eux ont trouvés le nirvana que tous ceux qui restent cherche et n'auront pas atteint.

Il trône, tel un phare au milieu de la tempête, seul, conscient, au milieu des corps brisés et des cadavres renversés. Il voit les amants s'en aller vers d'autres contrées plus douces et plus plaisantes. Il veille, empereur nocturne, sur son royaume décimé, sur ses sujets avachis par une nuit en compagnie de Destruction et d'Excès.

Ma plume s'immobilise sur le papier. Plus rien ne bouge. Morphée repart, sa moisson terminée. Une fois encore j'ai résisté. Une fois encore j'aurais voulu qu'elle m'emporte moi aussi. Mais non. Éternel veilleur, je reste là, écorchant mon papier de mon encre malhabile, recrachant mes souhaits brisés et mes rêves évanouis comme les mauvais buveurs pilent la glace dans leurs whisky.

jeudi 19 mai 2011

Le Manque.

Le manque. Poigne impérieuse qui vous saisit l'estomac, vous tord les entrailles, ravage votre esprit. Cette sombre déesse joue avec votre âme, elle vous possède. Vous n'êtes qu'un jouet entre ses doigts fin d'albâtres, un pantin désarticulé qu'elle commande selon ses désirs. Comme une souris dans les griffes d'un chat, elle vous laisse vivre tant que vous trouvez grâce à ses yeux, à l'instant où vous ne l’intéressez plus elle vous broie lentement, vous étouffant à petit feu de ses mains délicates.

Je ne contrôle plus rien, mes membres tremblent, mes pensées s'obscurcissent. Un seul désir, assouvir la faim dévorante de cette maîtresse à jamais insatisfaite. Elle domine tout mon être, sa voix suave susurre les plus douces des promesses à mon oreille attendrie. Je sens à peine la morsure de ses crocs effilés dans la chair tendre de mon cou. Le poison qui de répand dans mes veines est tel le plus délicat des nectars, une ambroisie délectable et doucereuse.

Et le rêve se transforme en cauchemar. Le paradis en enfer. L'eden en purgatoire. Tout est fade. Tout est gris. Rien d'autre ne trouve goût à mon palais que ce divin calice. Tous les substituts sont détestables. Je les rejette loin de moi d'un geste d'indignation et de dégoût.
Je veux revoir ces étendues virginales perdues, ces plaines de plaisirs et de félicité. Je veux réentendre le chant de ces sirènes, la complaintes de ces anges.
J'ai beau étancher ma soif rien n'y fais. De rage je balaye mes anciennes compagnes et les envoient se fracasser contre le sol dans une symphonie de verres brisés.

Toujours plus. Il en faut toujours plus pour aller toujours plus haut, vers des contrés encore vierges, vers des rêves encore inexplorés. Mais ce dont on ne se rend pas compte c'est qu'on ne monte pas dans le bon sens, on monte à l'envers. On descend. On dégringole vers des abysses toutes plus profondes les unes que les autres. On tombe dans des gouffres desquels on ne ressortira pas.

Le pire c'est qu'on y plonge de nous même, un sourire d'extase intense balafré en travers de la face.

mercredi 18 mai 2011

To P.

Pleurs moi ô ma déesse
Pleurs ton poète qui n'a eu de cesse
De te rêver de te désirer
De son âme de son corps entier

Pleurs celui qui
Dans un lit comme dans sa vie
Ne voulait que toi
Ô beauté effleurée de mes doigts

Regarde le chagrin de l'amant
Qui depuis longtemps t'attend
Et aujourd'hui dans un supplice
Voit lui échapper le divin calice

Écoute ces hurlements de dément
Du démon qui se repent
Vois les vestiges de mon auréole brisée
Qui ne demandent qu'à à nouveau briller

Entend cet air plaintif
Ce chant dépressif
Ne laisse pas ton coeur fermé
A cette ode désespérée

lundi 16 mai 2011

Je n'ai été que le pion sur un plateau d'échec, un jouet dans une sublime farce, un pantin manipulé par des doigts de fée.

Maintenant ça va être sale et violent, âme sensible s'abstenir.

samedi 14 mai 2011

Coeur brisé
Ailes déchiquetées
Auréoles brisées
Piétinées
Broyées jusqu'à n'être plus que miettes
Tout se bouscule dans ma tête

Je trône sur les cendres
De mes rêves mêlés
A mon armure tombée
Aux éclats de mes espérances
Sans moyen d'en descendre
Je ne peux que contempler
Dans une torpeur éveillée
La dernière danse
De mes souvenirs qui s'évaporent
Pépites ternies d'or

mardi 10 mai 2011

Because I want You


Tu hantes mes nuits
Inlassablement
De ton ombre me subjuguant
Sans répit

Quelle douceur quelle douleur
Ô quel délice par Toi d'être torturé !
Quels affres odieux que ta splendeur
Que je n'ai de cesse de contempler

Lorsque tu échappes à mes efforts hors d'atteinte
Quand tu t'évades de mes mains
Quand tu te dérobe de mon étreinte
Flamme qui brûle sans lendemain

Je ne suis moi même que grâce à Toi
Que depuis que Tu es là

lundi 9 mai 2011

Cauchemar disparu

Ses voiles virginales gonflées par l'air marin, le voilier filait à vive allure sur la mer turquoise, son étrave fendant les flots dans des gerbes d'écumes. Accoudé au bastingage de proue, je me laissais envahir par cette atmosphère unique et paisible; l'azur était d'un bleu immaculé, aucun nuage ne troublait ce monochrome céleste, le soleil y brillait bien haut, dardant ses rayons sur la Terre, la couvrant d'une douce chaleur.
La sensation de mes pieds nus contre le bois chaud du pont m'emplissait de calme et de bien être. Je ne sentais plus mon pantalon de lin beige, ni ma légère chemise blanche à demi-ouverte sur mon torse hâlé.

Des embruns m'aspergèrent soudainement. Je restais figé quelques secondes, cloué sur place par la surprise. Puis, me rendant compte de ma posture ô combien ridicule, je me mis à rire aux éclats, m'essuyant le visage de la tranche de la main. J'avais été presque entièrement trempé par l'éclaboussure d'eau salée. Refrénant mon fou rire, je défis ma chemise, complètement détrempée, et l'étendis sur une balustrade pour qu'elle puisse sécher sous la douce caresse de l'astre solaire.

Je me dirigea vers le pont arrière pour aller m'étendre sur une des chaises longues qui s'y trouvait. Sa silhouette m'apparut alors que je dépassais le mât principal. Elle occupait un des transats, bronzant sous le soleil zénithal de ce début d'après midi.

Il se dégageai d'elle l'impression d'un félin endormi, sublime et captivant, mais aussi dangereux et mortel. Elle était là, étendue, son corps magnifique seulement recouvert par son deux pièces noir, ses cheveux flamboyants éparpillés autour de sa tête par la brise du large. Ses paupières closes soustrayaient à la face du monde ses pupilles hypnotiques, comme deux morceaux d'une soie incroyablement fine recouvrant des trésors sans aucunes pareilles.

Je m'arrêtais, envoûté par une telle vision, une vague de souvenir déferlait dans mon esprit.
Mes mains se souvenaient de la douceur de sa peau, de la rondeur de ses seins.
Mes lèvres se souvenaient du salé de ses larmes du délice de ses baisers.
Mes yeux se souvenaient de l'étincelle de désir et de malice qui brûlait dans son regard.

Sa voix suave me tira de ma rêverie :"Tu vas rester planté là encore longtemps ?". Reprenant mes esprits, je recommençais à m'avancer. Elle s'était redressé et me regardait, un sourire amusé accroché à ses lèvres fines. M'approchant d'elle, j'ouvris les bras pour l'enlacer tendrement. Mais, me gratifiant d'une grimace espiègle, elle se déroba en riant le long du bastingage.
Je la rattrapais en quelques enjambées, et, dans un éclat de rire, je l'immobilisais sur le pont. Voyant que la partie était perdue, elle cessa de se débattre et abandonna, arborant une mouemi-boudeuse, mi-rieuse sur son joli visage.

Nous partîmes dans un fou rire mutuel, et, desserrant mon étreinte, nous nous allongeâmes sur le pont, essayant de calmer notre hilarité sous le soleil brûlant.
Une ombre passa devant le soleil, brouillant sa lumière pendant quelques secondes.
Un grondement monta des profondeurs, grave et sourd il se répercuta tout le long de la coque du bateau.
Intrigué, je me relevai, et observai le ciel à la recherche de ce qui avait bien pu causer cette soudaine ombre. Mais strictement rien ne m'était visible. Je jetais alors un coup d'oeil par dessus bord, mais là encore tout était calme et pur. Pas le moins du monde intriguée par ces évènements, elle était retournée s'étendre sur les transats. Essayant de me persuader que j'avais rêver, je m’apprêtais à la rejoindre quand je la vis, et sa vision me glaça d’effroi. Une vague gigantesque obstruait l'horizon, avançant vers nous à une vitesse vertigineuse.

A peine eu-je le temps de me retourner que déjà elle était sur nous. La proue du bateau se souleva violemment, comme une vulgaire brindille ballottée dans un torrent. Le bois de la coque craquait de toute part, gémissant comme une coque de noix prise dans l'étau métallique et invincible d'un casse noix. Notre embarcation fut projetée en l'air et retomba lourdement au milieu des flots en furie et des éléments déchaînés. Je m'accrochais autant que possible à tout ce qui paraissait pouvoir tenir bon malgré les coups de boutoir de la tempête, j'essayais de progresser vers l'arrière malgré les vagues violentes qui venaient dévaster le pont et les coursives. Chacun de leurs assauts m'arrachait de mes prises et me rapprochait toujours un peu plus du bord.

Le ciel auparavant d'un bleu presque immaculé était désormais d'un noir jais, que déchiraient des éclairs blafards, éclairant de leurs flash laiteux le chaos régnant sur la mer tumultueuse. Une pluie diluvienne s'abattait avec vigueur sur l'océan, finissant de détremper tout ce qu'il avait épargné.

Bravant l'ouragan, je la cherchais du regard, à la fois espérant de tout coeur qu'elle ait pu se mettre à l'abri et terrifié par l'idée qu'elle ait pu être surprise et happée par les flots furibonds qui venaient exploser contre les flancs du bateau en de gigantesque gerbes d'écumes. Les embruns m'empêchaient de voir à plus de quelques pas devant moi, je ne distinguai même pas les formes vagues des transats, impossible de savoir si ils étaient toujours là ou si tout avait balayé par la furie destructrice de l'océan.

Tout était chaos. Ce qui avaient été bien rangé traversait désormais le pont, ballotté par les flots qui balayaient tout. La Destruction régnait sur notre embarcation.

Une poulie dévala à toute allure la coursive, fauchant tout ce qui se trouvais sur son chemin. Le temps de la voir arriver il était trop tard; elle percuta violemment mes chevilles me faisant chuter lourdement sur le dos. Bien que sonné, je cherchais par tout les moyens de me raccrocher à tout ce que je pouvais, mais tout cédait son mon poids et je glissai lentement vers les abysses déchaînées.

Mes mains battirent l'air d'une danse ridicule, dernière sursaut du condamné, dernière tentative désespérée avant le plongeon. Mais rien. Mes doigts effleurèrent un instant le bois de la balustrade, quelques secondes qui semblèrent infinies, et enfin je dégringolais.

Je heurtais la surface de l'eau comme un pavé dans une mare, la douleur qui envahit tout mon corps étaient insupportable, je désirais mourir immédiatement si seulement il était possible de me soustraire à son intensité atroce. Mais mon envie de survis était plus forte que ça, et dans un dernier effort je remontais à la surface.

Et là je la vis. Allongée sur un transat, comme depuis toujours. Le vaisseau fendait la tempête comme auréolé d'une vigueur invincible. Le soleil le précédait, les éléments se calmait devant lui et reprenait leur folie de destruction dans son sillage. Elle s'éloignait de moi, j'essayai de crier, de hurler son nom, pour l'avertir que je n'étais plus là, que je me noyais. Mais l'eau qui pénétrait dans mes poumons à chaque tentative étouffait mes cris, les transformant en gargouillis infâme et incompréhensible.

Je coulais. La surface s'éloignait de plus en plus. Le halo de lumière bleuté s'obscurcissait de plus en plus. Mes dernières bulles d'air montaient paresseusement vers l'air libre, emportant mes ultimes étincelles de vie. Les ténèbres prenaient possession de moi. Mes yeux ouverts ne regardaient plus rien. J'étais mort.

3h du mat' dans une chambre solitaire d'une ville tranquille.

Je m’éveille en sursaut, cherchant l'air qui me manque cruellement. Le même cauchemar depuis des nuits. Les mêmes fantômes qui me hantent. Disparu les rêves calmes et sereins, il ne reste qu'une plaine de cendre où rôdent les spectres du passé. Dire adieu à ce qui a fait ma vie pendant des mois. Faire le deuil. Accepter la place vide et froide dans son lit. Oublier ...

Renaissance


J'ai retrouvé mes griffes et mes crocs.
J'ai retrouvé ma fougue et mon égo.
Je me suis retrouvé moi, celui que je pense être réellement.
Maintenant, il est grand temps de vivre vraiment.

mardi 3 mai 2011

Bûcher éternel

Merveilleuse maîtresse
Douce compagne
Amante éperdue
Celle qui jamais ne s'en va
Celle qui sera toujours là
Dans la solitude
Dans le néant

Brasier implacable
Invincible
Bûcher éternel
Que rien ne peut circoncire
A qui rien ne peut faire barrage
Qui dévore tout sur son passage

Genoux coude mains épaules
hanche dos poignets pieds
Tout échappe à mon contrôle
Tout tombe en morceaux
Sous sa morsure

Même dans la mort
Elle sera là
Première & Dernière du début à la fin
Elle sera là

Rien n'est assez haut pour lui rendre hommage
Et tandis que je pleure
Retentit cette misérable Ode à ma Douleur

Encre & boisson

18/04/2011 - Tard dans la nuit

Nananana na nanananana [Houna - BB Brune]

Allez ! Chante ! Aime !
Il ne reste presque plus que ça dans la vie, la musique & la passion. Tout le reste est fade, stérilisé, aseptisé.
Les rebelles d'autrefois désinfectent leurs vies à grandes lampés de whisky quinze ans d'âge, dans de riches salons, en tirant quelques bouffées sur un cigare hors de prix.
Le cinéma est mort depuis longtemps, on commémore sa disparition à chaque blockbuster chiffrant dans les milliards de dollars. Pendant des milliers d'années, l'homme a évolué et s'est battu pour parvenir à se hisser au sommet; et aujourd'hui, il saccage sa réussite, tirant avec lui le monde dans la fosse commune.

So raise your glass high for tomorrow we die ! [Mama - My Chemicals Romance]