"Il rentre dans la pièce. Il jette sa veste sur le dossier de la chaise. Je suis assise dans le fauteuil. Il vient m'embrasser. Il ne se doute pas de ce qu'il l'attend.
J'ai la seringue dans ma poche. Assez d’anesthésiant pour l'endormir pendant quatre bonnes heures. Tant mieux.
Je n'en ai besoin que de deux. Je pourrai prendre mon temps. Faire ça bien. Ça sera encore mieux.
Les sangles sont dans le tiroir de la cuisine, la table de la cave est débarrassée. Pas besoin de faire attention pour le descendre, juste le pousser dans les escaliers. Il aura tout au plus quelques os brisés. Rien de bien gênant pour la suite.
Le plus dur va être de porter ce tas de graisses écoeurant jusqu'à la table et l'allonger dessus sans me sentir mal. J'en ai des frissons de dégoût rien que d'y penser.
Après tout sera plus simple.
Ah, une chose importante, il faut que je pense à bien serrer les sangles. Il ne faut surtout pas qu'il s'échappe. Ensuite, attendre qu'il se réveille. Sinon ça n'a aucun intérêt.
Pas besoin de le bâillonner, le sous sol a été parfaitement isolé. Ironie du sort, il a voulu faire les travaux lui même pour être sûr de la qualité du résultat.
Le jeu de massacre va commencer par ses mains. Je vais lui briser les phalanges, une par une, doigts par doigts; avec son petit marteau de précision, celui qu'il utilise pour ses si précieuses maquettes.
Après les mains, les pieds. Je vais lui en couper un.
L'opération est délicate parce qu'il ne faut pas qu'il meurt d’hémorragie. Bien sûr ne surtout pas l'anesthésier. Une fois son pied ôté, on passera à la deuxième phase.
Il va prendre son pied. Au sens propre. Je vais lui faire manger son pied. Il n'aura pas le choix. Il n'aura que ça. C'est ça ou il meurt tout de suite. Il tient tellement à sa misérable existence qu'il le mangera. Son propre pied.
Ensuite je le rendors et je l'accroche au plafond du sous sol, les bras au dessus de la tête comme un jambon. Comme le sale porc qu'il est.
Je n'aurais qu'à attendre qu'il se réveille pour commencer.
J'utiliserais son club de golf et sa batte de baseball. Il en est tellement fier. Je vais le briser avec. C'est le moment où je risque de m'emporter. Mais il ne faut pas que je le tue. Pas encore. Une fois que je me serrais bien défoulé, que je lui aurais détruit les os, que chaque parcelle de son corps lui ferra souffrir le martyr comme le miens m'a tellement fait souffert, je passerais à la deuxième phase du plan.
La plus importante. La plus symbolique aussi. L'émasculation.
Je les lui arracherais d'un seul coup. Sans cautériser la plaie. Il pissera du sang. Au sens propre.
Et ce sera Jim son adorable labrador, son sale cabot, qui lui bouffera les couilles, mélangées avec de la nourriture pour chien,juste sous les yeux de son brave maître.
Je les laisserai là. Je les enfermerais. Lui et son chien. Soit il mourra d'hémorragie soit mangé par Jim. Je prie sincèrement pour la deuxième option. Plus jamais il ne lèvera la main sur moi. Ni sur personne.
Sa veste vint s'abattre négligemment sur le dossier de la chaise. "Bonsoir mon coeur, ta journée s'est bien passée ?"
Bien sûr que ta journée s'est bien passée connasse; t'as encore fait des galipettes avec le voisin comme tout les jeudis. Tu pus encore son eau de cologne premier prix qui sent les chiottes publiques. Tu me crois tellement con que tu prend même pas la peine de te laver ? T'aime ça faire ta pute ? Cette fois ça passera pas comme ça. Tu vas voir ce que tu vas prendre, je vais te faire passer l'envie de recommencer. En fait, quand tout sera fini, tu pourras plus recommencer. Jamais.
Tu crois que je vais venir t'embrasser comme tout les jours ? Erreur.
C'est mon poing qui va venir embrasser ta bouille d'amour. D'abord une première fois. Puis une deuxième si t'as encore consciente. En fait, je vais te démolir ta gueule d'ange jusqu'à ce que tu sois dans les vapes.
Ensuite, je te descendrais dans la cave et je t'attacherais à la grande armoire en métal. Pour pas que tu puisse t'échapper. Quand tu te réveilleras, y'aura des copains à moi qui seront arrivés. Tu verras ils sont gentil et affectueux. Eux ils vont t'apprendre ce que c'est une vraie garce. Je te promets que tu vas pleurer. Et compte pas sur moi, qui les arrêterais pris de remords. Ils ont carte blanche et seront sans pitié.
Quand ils auront fini de faire ce qu'ils veulent de toi, je descendrai t'accrocher au lustre par les bras, la pointe de tes pieds touchant juste le sol.
Et là, je vais me lâcher. Je vais te briser, te détruire, te frapper jusqu'à ce que t'en crève mon amour, je veux te sentir partir sous mes doigts, mourir sous mes poings.
Il s'approche doucement d'elle, ses phalanges serrées autour du contour en métal du poing américain, sa main dans le dos comme si il tenait un bouquet, un sourire accroché aux lèvres. Elle a sa main dans sa poche les doigts autour de la seringue, prête à piquer dans le premier bout de chair qui se présentera. Leurs deux bras se détendent en même temps, le poing touche la mâchoire dans un craquement sinistre, la seringue se plante dans l'épaule, se vidant à moitié.
D'après Papa c'est Maman qui a commencé. Je l'ai entendu crier un vilain mot qu'il faut jamais dire aux filles parce que c'est pas bien. Et après il a dit "Qu'est ce que tu m'as injecté sale ... ?" et encore un autre vilain mot. Je le dirais à la Maman de Papa pour qu'elle le gronde la prochaine fois. Et après je les ai entendu se battre et se crier des gros mots tout les deux. Y'avait des bruits de choses cassées. J'avais peur. Vraiment très peur.
Quand j'ai eu sept ans, Papa m'a prit à part et m'a dit que, si un jour j'avais peur, je pouvais prendre le pistolet dans l'armoire. Il a dit "pétoire", j'ai trouvé ça drôle mais il m'a grondé en disant qu'il était sérieux et qu'il fallait pas rire avec ça.
Aujourd'hui j'ai vraiment très très peur.
Alors je prend le petit pistolet noir dans la belle boîte en bois rouge. Je sais m'en servir. Papa m'a apprit. C'était notre secret d'homme. Je vérifie les jolies balles dorées dans le chargeur. Elles y sont. Je descend l'escalier. Les bruits sont de plus en plus fort. La veste de Papa est posée comme d'habitude sur le dossier de la chaise.
Et là je les vois. Y'a même Jim qui fait la bagarre. Ils se tapent dessus. Pour de vrai. Maman saigne au nez et à la lèvre, elle pleure beaucoup et elle a bouche qui a une forme bizarre. Papa a un bras qui pend comme celui d'une marionnette sans fil. Maman tape sur Papa avec sa canne de golf préférée. Papa tape sur Maman avec un espèce de truc en métal qu'il a dans la main. Jim essaye de mordre les jambes de Papa et Maman.
J'appuie sur la gâchette. C'est Papa qui m'a dit que ça s'appelait comme ça. Ça fait un grand Bang !
Jim tombe sur le côté en couinant.
Papa et Maman s’arrête tout de suite.
Maman me dit :"Mon petit chéri pose ce pistolet, tu vas faire mal à quelqu'un."
Papa me dit :"Pas de bêtise mon gars. Pose ce machin ça fait du dégâts."
Ils me mentent. C'est pas une machine à faire du mal, c'est une machine à dormir. La preuve Jim est en train de faire un gros dodo. Papa et Maman sont énervés. Je vais les endormir ils pourront se calmer.
J'appuie sur le levier. Papa tombe sans un bruit. Juste une expression bizarre dans les yeux.
Maman se met à hurler très fort. Elle me fait mal aux oreilles. Encore un coup sur le bouton du dodo. Maman s'allonge par terre.
C'est enfin calme.
Je laisse un mot sur la porte pour que Eddy sache que j'peux pas sortir jouer. Je vais rejoindre Papa et Maman.
J'appuie une dernière fois sur le levier des rêves."
...