lundi 29 novembre 2010



Ouvrez grand vos esprits misérables mortels.
Dépassez vos à priori.
Transcendez vos étroites pensées.
"C'est pas beau, c'est esthétique."

vendredi 26 novembre 2010

Fuck'em All

J'ai envie genre de démolir un truc là, pour me défouler, pour me dire que je suis quelqu'un, que je sais faire quelque chose, que je suis au moins capable d'un truc autre que foutre ma vie en l'air.
"J'ai envie de détruire quelque chose de beau." Fight Club.
Jamais phrase n'a mieux correspondu à la situation.
Je me hais.
J'ai quelque chose de bien et tout ce que j'arrive à faire c'est à le broyer, le détruire, le réduire en poussière.
Pourquoi je suis comme ça ?! Pourquoi ?
C'est pas ce que je veux et pourtant je suis incapable de faire autrement. J'ai une boule de feu qui me dévore les entrailles. Je veux pleurer et hurler en même temps. Tout ce dont j'ai envie c'est d'envoyer valser le clavier de l'ordinateur, de démolir l'écran à coup poing, de tout casser, de m'effondrer dans un coin, de pleurer toutes les larmes qui ne sont jamais sorties, disparaître sous terre, effacer toutes traces de mon existence de ce monde, juste être seul.
La vie est injuste. Non, en fait ce n'est pas vrai. La vie est justement parfaitement juste et équitable. Le principe de l'échange équivalent. Ce qu'elle vous donne, elle le reprendra sous une autre forme, à un autre moment.

Fuckin' Life.

mardi 23 novembre 2010

Libre ...


La brise nocturne me gifle le visage. La clameur de la ville me parvient depuis l'avenue en contrebas, étouffée par la hauteur, diluée par la bourrasque. Bouillie sonore infâme de klaxons et de vrombissements de moteurs, de musiques et de cris, de discussions et d’aboiements.
La morsure des premiers froids de Décembre me mange les joues et dévore ma peau découverte. En fait, seules mes jambes sont protégées par un simple pantalon de soie. C'est agréable d'être presque libéré des chaînes qui nous maintiennent dans le carcan inconfortable de la vie.
Toutes ces chemises bien coupées, toutes ces vestes ajustées au millimètres près, toutes ces chaussures impeccablement cirées et conçues, tout ces pantalons qui tombent juste. Ils sont impersonnels, affreux, gênants, inutiles.
Pas de portables qui sonnent sans arrêt. Plus d'ordinateur captivant. Disparu le bipper insupportable. Inexistant les plannings éreintant. Il n'y a plus que la longue plainte tapageuse du monstre urbain qui monte des ses entrailles pour se noyer dans le silence du firmament.
Le vent siffle désagréablement à mes oreilles. Les graviers s'incrustent douloureusement dans mes pieds nus. Les innombrables gouttes de pluie transperce ma chair fragile comme autant d'aiguilles gelées. Les larmes me brûlent les yeux. Je ne sais si je pleure de joie ou de tristesse, de plaisir ou de souffrance.
Qu'importe.
Bientôt, le whisky va tout emporter, tout balayer, larmes, froid, douleur, doutes, pour ne laisser derrière lui qu'une béatitude extatique.
Un frisson me parcourt l'échine, remontant du bas de mon dos pour venir mourir sur ma nuque. Mes doigts s'engourdissent un peu sous l'effet de l'alcool. Une douce chaleur bienfaitrice se déverse dans mon estomac et envahi tout mon corps, le remplissant d'une sensation d’apaisement enivrante. J'ôte mon pantalon. Je suis nu. Il ne me reste plus qu'un infime obstacle à la liberté ultime.
Rien qu'un pas.
L'apothéose de ce moment, le plus grand de toute ma vie, réside dans l'accomplissement de cette petite action. Un geste de tous les jours, quotidien, banal, qui revêt maintenant une dimension et une importance stratosphérique.

J'avance doucement mon pied.
Je ferme les yeux.
Je goûte pleinement à cette jouissance finale.
Que c'est bon d'être enfin complètement libre
Weird. Crazy. Creepy. Disturbing. Eccentric.


But so Amazing.

lundi 22 novembre 2010

J'avais sept ans, cinq mois et deux jours.

"Il rentre dans la pièce. Il jette sa veste sur le dossier de la chaise. Je suis assise dans le fauteuil. Il vient m'embrasser. Il ne se doute pas de ce qu'il l'attend.
J'ai la seringue dans ma poche. Assez d’anesthésiant pour l'endormir pendant quatre bonnes heures. Tant mieux.
Je n'en ai besoin que de deux. Je pourrai prendre mon temps. Faire ça bien. Ça sera encore mieux.
Les sangles sont dans le tiroir de la cuisine, la table de la cave est débarrassée. Pas besoin de faire attention pour le descendre, juste le pousser dans les escaliers. Il aura tout au plus quelques os brisés. Rien de bien gênant pour la suite.
Le plus dur va être de porter ce tas de graisses écoeurant jusqu'à la table et l'allonger dessus sans me sentir mal. J'en ai des frissons de dégoût rien que d'y penser.
Après tout sera plus simple.
Ah, une chose importante, il faut que je pense à bien serrer les sangles. Il ne faut surtout pas qu'il s'échappe. Ensuite, attendre qu'il se réveille. Sinon ça n'a aucun intérêt.
Pas besoin de le bâillonner, le sous sol a été parfaitement isolé. Ironie du sort, il a voulu faire les travaux lui même pour être sûr de la qualité du résultat.
Le jeu de massacre va commencer par ses mains. Je vais lui briser les phalanges, une par une, doigts par doigts; avec son petit marteau de précision, celui qu'il utilise pour ses si précieuses maquettes.
Après les mains, les pieds. Je vais lui en couper un.
L'opération est délicate parce qu'il ne faut pas qu'il meurt d’hémorragie. Bien sûr ne surtout pas l'anesthésier. Une fois son pied ôté, on passera à la deuxième phase.
Il va prendre son pied. Au sens propre. Je vais lui faire manger son pied. Il n'aura pas le choix. Il n'aura que ça. C'est ça ou il meurt tout de suite. Il tient tellement à sa misérable existence qu'il le mangera. Son propre pied.
Ensuite je le rendors et je l'accroche au plafond du sous sol, les bras au dessus de la tête comme un jambon. Comme le sale porc qu'il est.
Je n'aurais qu'à attendre qu'il se réveille pour commencer.
J'utiliserais son club de golf et sa batte de baseball. Il en est tellement fier. Je vais le briser avec. C'est le moment où je risque de m'emporter. Mais il ne faut pas que je le tue. Pas encore. Une fois que je me serrais bien défoulé, que je lui aurais détruit les os, que chaque parcelle de son corps lui ferra souffrir le martyr comme le miens m'a tellement fait souffert, je passerais à la deuxième phase du plan.
La plus importante. La plus symbolique aussi. L'émasculation.
Je les lui arracherais d'un seul coup. Sans cautériser la plaie. Il pissera du sang. Au sens propre.
Et ce sera Jim son adorable labrador, son sale cabot, qui lui bouffera les couilles, mélangées avec de la nourriture pour chien,juste sous les yeux de son brave maître.
Je les laisserai là. Je les enfermerais. Lui et son chien. Soit il mourra d'hémorragie soit mangé par Jim. Je prie sincèrement pour la deuxième option. Plus jamais il ne lèvera la main sur moi. Ni sur personne.

Sa veste vint s'abattre négligemment sur le dossier de la chaise. "Bonsoir mon coeur, ta journée s'est bien passée ?"

Bien sûr que ta journée s'est bien passée connasse; t'as encore fait des galipettes avec le voisin comme tout les jeudis. Tu pus encore son eau de cologne premier prix qui sent les chiottes publiques. Tu me crois tellement con que tu prend même pas la peine de te laver ? T'aime ça faire ta pute ? Cette fois ça passera pas comme ça. Tu vas voir ce que tu vas prendre, je vais te faire passer l'envie de recommencer. En fait, quand tout sera fini, tu pourras plus recommencer. Jamais.
Tu crois que je vais venir t'embrasser comme tout les jours ? Erreur.
C'est mon poing qui va venir embrasser ta bouille d'amour. D'abord une première fois. Puis une deuxième si t'as encore consciente. En fait, je vais te démolir ta gueule d'ange jusqu'à ce que tu sois dans les vapes.
Ensuite, je te descendrais dans la cave et je t'attacherais à la grande armoire en métal. Pour pas que tu puisse t'échapper. Quand tu te réveilleras, y'aura des copains à moi qui seront arrivés. Tu verras ils sont gentil et affectueux. Eux ils vont t'apprendre ce que c'est une vraie garce. Je te promets que tu vas pleurer. Et compte pas sur moi, qui les arrêterais pris de remords. Ils ont carte blanche et seront sans pitié.
Quand ils auront fini de faire ce qu'ils veulent de toi, je descendrai t'accrocher au lustre par les bras, la pointe de tes pieds touchant juste le sol.
Et là, je vais me lâcher. Je vais te briser, te détruire, te frapper jusqu'à ce que t'en crève mon amour, je veux te sentir partir sous mes doigts, mourir sous mes poings.

Il s'approche doucement d'elle, ses phalanges serrées autour du contour en métal du poing américain, sa main dans le dos comme si il tenait un bouquet, un sourire accroché aux lèvres. Elle a sa main dans sa poche les doigts autour de la seringue, prête à piquer dans le premier bout de chair qui se présentera. Leurs deux bras se détendent en même temps, le poing touche la mâchoire dans un craquement sinistre, la seringue se plante dans l'épaule, se vidant à moitié.

D'après Papa c'est Maman qui a commencé. Je l'ai entendu crier un vilain mot qu'il faut jamais dire aux filles parce que c'est pas bien. Et après il a dit "Qu'est ce que tu m'as injecté sale ... ?" et encore un autre vilain mot. Je le dirais à la Maman de Papa pour qu'elle le gronde la prochaine fois. Et après je les ai entendu se battre et se crier des gros mots tout les deux. Y'avait des bruits de choses cassées. J'avais peur. Vraiment très peur.
Quand j'ai eu sept ans, Papa m'a prit à part et m'a dit que, si un jour j'avais peur, je pouvais prendre le pistolet dans l'armoire. Il a dit "pétoire", j'ai trouvé ça drôle mais il m'a grondé en disant qu'il était sérieux et qu'il fallait pas rire avec ça.
Aujourd'hui j'ai vraiment très très peur.
Alors je prend le petit pistolet noir dans la belle boîte en bois rouge. Je sais m'en servir. Papa m'a apprit. C'était notre secret d'homme. Je vérifie les jolies balles dorées dans le chargeur. Elles y sont. Je descend l'escalier. Les bruits sont de plus en plus fort. La veste de Papa est posée comme d'habitude sur le dossier de la chaise.
Et là je les vois. Y'a même Jim qui fait la bagarre. Ils se tapent dessus. Pour de vrai. Maman saigne au nez et à la lèvre, elle pleure beaucoup et elle a bouche qui a une forme bizarre. Papa a un bras qui pend comme celui d'une marionnette sans fil. Maman tape sur Papa avec sa canne de golf préférée. Papa tape sur Maman avec un espèce de truc en métal qu'il a dans la main. Jim essaye de mordre les jambes de Papa et Maman.
J'appuie sur la gâchette. C'est Papa qui m'a dit que ça s'appelait comme ça. Ça fait un grand Bang !
Jim tombe sur le côté en couinant.
Papa et Maman s’arrête tout de suite.
Maman me dit :"Mon petit chéri pose ce pistolet, tu vas faire mal à quelqu'un."
Papa me dit :"Pas de bêtise mon gars. Pose ce machin ça fait du dégâts."
Ils me mentent. C'est pas une machine à faire du mal, c'est une machine à dormir. La preuve Jim est en train de faire un gros dodo. Papa et Maman sont énervés. Je vais les endormir ils pourront se calmer.
J'appuie sur le levier. Papa tombe sans un bruit. Juste une expression bizarre dans les yeux.
Maman se met à hurler très fort. Elle me fait mal aux oreilles. Encore un coup sur le bouton du dodo. Maman s'allonge par terre.
C'est enfin calme.
Je laisse un mot sur la porte pour que Eddy sache que j'peux pas sortir jouer. Je vais rejoindre Papa et Maman.
J'appuie une dernière fois sur le levier des rêves."

...

lundi 15 novembre 2010


Faites que le Rêve dévore votre Vie,
Afin que la Vie ne dévore pas votre Rêve.

†
Ma vie est comme un trip à l'acide.
Euphorie & désillusion.
Trip & bad.
La meilleure doppe & la pire.

Tout s'effondre soudainement. Puis tout se reconstruit aussi vite. Pour se ré-effondrer. Et se reconstruire. Et ainsi de suite. Quand est ce que ce cycle infernale va t-il s'arrêter ?
C'est fatiguant. C'est usant. Construire en s'attendant à tout moment que le Destin sur un caprice vienne mettre un coup de pied dans notre chef d'oeuvre.

Et pourtant, on éprouve tellement de plaisir à construire que, même si on sait qu'il est possible qu'un jour ça s'effondre, on continu de s'évertuer à construire notre tour de Babel en espérant secrètement que cette fois sera la bonne.

C'est un espoir fou.
Une lubie.
Une chimère.
Une utopie de plus.
Mais que la vie serait ennuyeuse sans un peu de folie ...
En manque.
De tout & de rien.
Comme une poigne de fer qui m'enserre l'estomac.
Comme une multitude de shrapnel qui me vrille le cerveau.

Le manque est là, sournois et vicieux. Mes mains tremblent toutes seules à son approche. Il est tout ce que je redoute. Il est invincible. On le repousse. Une fois. Deux fois. Mais il revient toujours. Toujours aussi puissant. Toujours aussi irrésistible. Quand la fatigue commence à nous gagner par une si épuisante lutte, lui est toujours aussi frais et dispos qu'au début.

Combien de temps puis-je espérer tenir face à un adversaire qui ne peut être vaincu ?
Le pire c'est que je sais que je dois m'en sortir seul.
Personne ne peut m'aider.
Il faut que j'affronte ce fléau insurmontable seul.
C'est mon cauchemar. La terreur indicible qui rôde dans les tréfonds de mon esprit. Elle est là. Et elle ne semble pas pouvoir être chassée.

Le pire, c'est d'être conscient qu'on est en train de faire face à un raz de marré qu'on ne peut arrêter et de pourtant tout faire pour lutter.

Help Me.

samedi 13 novembre 2010

Abribus

Une légère courbe fendait le givre, cicatrice claire tranchant la glace immaculée. La vitre de l'abri bus avait été comme tatouée, comme marquée d'un petit symbole. Tous les sentiments d'un parfait inconnu s'y trouvaient déversés. Ils étaient là, visibles par tous. Le froid avait rendu le tracé maladroit, tremblotant; ou alors était - ce juste l'émotion qui avait compliqué l'élaboration de cette forme pourtant simple ?
Comment s'appelait son auteur ? Qui était - il ? Où vivait - il ? Comment ?
Tant de question qui resteront sans réponses.
Anonyme parmi les anonymes, il avait gravé son individualité dans les premières gelées d'Octobre. D'aucun pourrait trouver ce geste d'une mièvrerie écoeurante et d'une inutilité aveuglante. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent.
J'ai, au contraire, trouver dans ce geste la preuve de l'existence d'homme au milieu de ces automates en smoking et de ces blocs de bétons sans âme. Un homme qui sait aimer. Un homme amoureux. Un amoureux, qui dans une pulsion, avait dessiné un coeur dans la glace légèrement bleutée.

Il y avait déposé son coeur du bout des doigts.

vendredi 12 novembre 2010

La volonté ne sert à rien. Oublie ça. Touche le fond. Désespère jusqu'à n'être plus que larmes et blessures. Jusqu'à ce que tes organes se tordent et te brûlent. Jusqu'à ce que la peine te dévore le coeur comme un monstre affamé. Jusqu'à ce que tu ne te reconnaisse plus dans un miroir. Et seulement à ce moment là tu sauras ce que représente la vie. Tu sauras à quel point elle est précieuse. Tu sauras à quel point il faut se battre pour vivre. A quel point il faut se battre pour la mériter. Et c'est à ce moment là que tu diras tout mais pas ça. Et là tu retrouveras goût à cette garce qu'est la vie. Tu lui boufferas les yeux. Tu lui suceras les os. Tu planteras tes dents dans la moindre parcelle de chair nue qu'elle te présentera.
Mange la.
Dévore la.
Jusqu'à ce qu'elle n'ai plus rien à t'offrir.
Et là, seulement à ce moment là tu pourras te laisser aller.
En disant : "J'ai vécu."

[ For M. ]

lundi 8 novembre 2010

Métropolitain

Un couloir à gauche. Un escalier à dévaler à droite. Un carrefour à sept embranchement. Continuer tout droit. Une nouvelle volée de marche. Fendre la foule. Bousculer. Se faire bousculer. Sentir cette puanteur unique. Mélange d'urine, de sueur, de caoutchouc chauffé et de milliers d'autres odeurs. Encore un escalier, à gauche. Monter cette fois. Un crissement sourd gronde au dessus de nos têtes. Une cavalcade bruyante retentit. Claquement rapide de talon sur le sol. Quelque part dans une galerie dans gens se mettent à courir.

Un chanteur à la voix fausse et alcoolisé hurle de désespoir,
Le meilleur air de son répertoire.
Assis par terre, jouant avec sa marionnette;
Il mendit quelques piécette.
Mais souvent
N'obtient pour seul pécule
Que regards méprisant
Semblant dire "Pfff, ridicule."

Vieux. Jeune. Homme. Femme. Chômeur. Instituteur. Mendiant. Étudiant. Homme d'affaire. Secrétaire. Clodo. Intello bobo. Le monde entier est regroupé sur quelques mètres carrés.

Ah ! Un Escalator. La course recommence. Plonger toujours plus loin dans les entrailles de la ville. Toujours plus loin dans cette fourmilière grouillante. Toujours plus loin dans ce labyrinthe de ciment et de carrelage blanc. Soudain, comme une bouffée d'oxygène, les galeries s'élargissent, l'espace s'agrandit, le quai apparaît. Longue et large jetée de béton sombre de part et d'autre du gouffre renfermant les rails. On distingue parfaitement les êtres sur l'autre rive, on pourrait les toucher presque, juste en tendant un peu le bras ...
Un hurlement venu des profondeurs du tunnel ténébreux interrompt notre geste. C'est un hurlement de vitesse. C'est un hurlement de métal. Les rails pleurent tandis qu'ils sont écrasés par le missile de ferraille verte qui fonce vers sa destination. Les hurlements se rapprochent. Vont crescendo. Se déversent dans la station. Inondent le quai. Leur violence est à son paroxysme. Puis, dans un dernier râle d'agonie, la rame s'immobilise enfin.
Dans un concert de chuintements pneumatiques les portes s'ouvrent et là, s'entame une course contre le temps. Car en quelques minutes il faut que ceux qui veulent monter, montent, et que ceux qui veulent descendre, descendent. Nous sommes alors poussés, tirés, ballottés, emmenés de droite et de gauche par la marée humaine.
Enfin nous entrons dans le wagon, plaqué contre la vitre ou contre la paroi en métal, ou encore enserré entres des inconnus, dans une promiscuité indécente et désagréable.
Une sonnerie se fait entendre. Nous partons. La rame s'ébranle. Se met à tanguer. S'élance. Doucement d'abord. Puis elle accélère. Nous voilà lancé à une vitesse vertigineuse, fendant les ténèbres dans un éclair vert et blanc. Plus rien n'existe à l'extérieur. Plus rien n'est visible. Rien que le noir. Rien que le néant. Nous étions hors de la réalité. Nous nous égarions dans les tunnels obscurs de l'espace et du temps. Chaque station apparaissait comme une oasis de clarté, un brutal retour à la réalité à coups de néon et de crissements métalliques assourdissants.
Comme dans un vieux cinéma, ombres et lumières se succédaient, leur danse orchestrée par un ensemble de bruitages pneumatiques, de sonneries entêtantes et de hululements sinistres.
Enfin, nous arrivons à destination. Comme à la montée, les portes s'ouvrent, libérant un flot humain tumultueux. Après un désormais habituel ballottage plus ou moins violent, nous nous remettons à arpenter les couloirs froids et impersonnels de ce gigantesque dédale.
Escalator. Couloir. Escalier. Embranchement. Escalier. Couloir. Escalier. Escalator. Embranchement. Monter. Descendre. Encore descendre. Remonter. Tout s'enchaînaient comme dans une ronde confuse et harassante.
Enfin nous arrivons au pied de la dernière volée de marche. En haut, la lumière froide et crue des néons laisse la place au pâle soleil de Novembre. Une violente bourrasque nous frappe le visage, s'engouffre dans nos manteaux, destructure nos coiffures. Le bruit de la ville nous parvient de plus en plus distinctement. Nous gravissons les escaliers, luttant contre le vent.

Dernier pas.
Dernière marche.
Paris se livre à nous dans toute sa splendeur.

One Month Long Dream ...

Je pensais ne plus pouvoir être heureux comme ça. Ça fait un mois que tu me prouves le contraire.
Je voulais ne plus m'attacher à personne. Ça fait un mois que je suis enchaîner avec délice à toi.
Je croyais que mon coeur était mort. Ça fait un mois qu'il bat pour toi.

Je t'aime <3

dimanche 7 novembre 2010

Saga

Ils étaient douze. Douze valeureux compagnons partis combattre le Mal et le Chaos. Douze templiers dévoués de l'ordre de St Jude. Au combat, ils n'étaient plus eux mêmes. Ils devenaient des archanges de lumières, des parangons de courage et de bravoure.: ils étaient de véritables dieux de la guerre. Ils étaient invincibles.
Jusqu'à ce que l'un d'eux tombe, le corps brisé par un combat de cinq jours et de de cinq nuits, brisé par un ennemi trop puissant, brisé par un ennemi invisible.

Et le doute s'insinua dans leurs esprits ...

Ils étaient onze. Onze anges de la mort qui combattaient pour la blanche cité contre les démons ailés de pourpre. Onze divinités belliqueuses qui éprouvaient pour la première fois un ardent et incontrôlable désir de vengeance. Onze stratèges de génie qui tombèrent pourtant dans un grossier guet-apens.
Trois ne s'en relevèrent pas.

Et la peur enserra leurs coeurs de sa poigne de fer ...

Ils étaient huit. Huit guerriers de légendes. Huit étendards du Bien dans sa croisades contre les Ténèbres. Huit glorieux combattant que pourtant le doute rongeai. Qui avait tué le Premier ? Et les Trois suivants ? Seul un traître parmi eux pouvait avoir fait ça. Qui les avait vendu ? Ils étaient huit lames sacrées à se dévisager à la recherche de réponse. Huit seigneurs à s'entre-déchirer pour un crime.
Cinq désignèrent un coupable, deux se rangèrent aux cotés de l'accusé. Trois des juges restèrent sur le carreau.

Et la mort continuai de moissonner dans leurs rangs ...

Ils étaient six. Six chevaliers troublés et apeurés. Six hommes tourmentés. Six dont le seul but était devenu la traque du traître parmi eux.
Un de plus tomba alors qu'il guerroyai en terre étrangère, ses troupes encerclées et anéanties lors d'une embuscade. Une traîtrise de plus.

Et la terreur resserrai toujours plus son étreinte autour d'eux, son souffle glaciale leur caressant la nuque ...

Ils étaient cinq. Cinq épées tremblotantes cloîtrées dans une forteresse. Cinq paranoïaques traqués par la Mort.
Ils se provoquèrent en duel. Les trois plus faibles ne se relevèrent pas.

Et la légende fit un pas de plus vers sa fin ...

Ils étaient deux. Duo de légende qui aurait pu défier les Dieux. Guerriers parmi les guerriers. Puissants parmi les puissants. Ils auraient pu régner sur le monde.
Mais le traître se démasqua et, au terme d'un combat épique, il assassina le dernier loyal combattant.

Et il n'en resta qu'un, juché au sommet d'une pile de cadavre, contemplant le monde en flamme depuis son macabre trône. Et il se mit à rire, se complaisant dans le carnage de la guerre sans fin qui secouai cette Terre ...

Plouf

Dans l'immensité des nuances de bleu de l'océan seul quelques tâches de couleurs brisent la monotonie de ce monochromatique chef d'oeuvre océanique. Ce sont d'orgueilleux poissons ou coquillage, les élites d'Océania, la métropole la plus peuplée des mers du monde. Ces colorés nobliaus ne sont pourtant pas les plus puissants et les plus importants membres de l'aristocratie sous marine. Le pouvoir le plus puissant et le plus important est celui qui est caché, c'est pour cette raison que rare sont les citoyens d'Océania qui savent que le vrai pouvoir s'est depuis longtemps soustrait à la lumière dans les profondeurs abyssales, et régie le monde mari depuis ces gargantuesques blessures de la croûte terrestre.
Une tâche mordorée virevolte entre les coraux, flirte avec les dauphins, effleure les anémones, charme les baleines. Balthazar est l'un de ces princes orgueilleux et tout puissant, rien ne lui résiste; sa robe fait chavirer le coeur de même la plus froide des roussettes et son beau parler trompe même la plus suspicieuse des tortues. Descendant de la riche et fière famille des daurades, il est l'un des plus beaux d'entre tous les princes sous marins. Mais il est aussi l'un des plus cruel d'entre eux; on ne compte plus le nombre de ses rivaux qui ont disparu dans l'estomac de sa murène.
Ce jeune prince déjà si puissant avait tout: de l'argent, des coraux, des femmes; mais pourtant la seule chose qu'il voulait, qu'il désirait par dessus tout c'était le ciel. Son appétit de conquête s'était heurté à un obstacle invisible et invincible. Il avait envoyé des bataillons entiers de poissons chats, des patrouilles de poissons clowns, des escadrilles de raies et des hordes de crevettes, mais seul de rares survivants revenaient et ce qu'ils décrivaient était pire que l'enfer. Des mailles métalliques fauchaient leurs rangs alors que la surface était encore loin, des crochets acérés piégeaient les moins attentifs; mais ce n'est qu'une fois en haut que la véritable boucherie commençait. Des démons volant désorganisaient les formations à grands coups de becs tranchants, puis les requins se joignaient au banquet, suivit de près par tous les autres prédateurs marins.
Le prince frustré devait se contenter des récits des baleines et des dauphins de passage, qui, parfois, faisaient une furtive incursion dans le monde du dessus. Plus sa frustration grandissait et plus sa cruauté empirait. Il ne pouvait avoir ce qu'il voulait et il détruisait ce qu'il avait. Plus son royaume s'effondrait et l'entraînait vers le fond et plus il se débattait pour monter toujours plus haut.
Son destin et ses juges l'attendaient dans les abysses alors que lui voulait mourir au soleil.
La vie est injuste.
Mais c'est la vie et on ne peut malheureusement pas y échapper.

samedi 6 novembre 2010


Un sourire de toi et mon coeur explose
Comme un baiser sur tes lèvres closes.

jeudi 4 novembre 2010

Matin ...

La sonnerie de mon réveil retentit, stridente, me vrillant les tympans de sa voix de crécelle. Je tâtonne à l'aveugle du bout des doigts pour le faire taire. Pas besoin que je me redresse pour le regarder, je savais quelle heure s'affichait en chiffres sanglants sur sa frimousse ovale.
5h00.
Trois heures de sommeil inutile. J'ouvre mes volets.
Un matin à gerber de routine. Lever 5h. Départ 6h. Début des cours 8h.
Un matin morne et gris qui succède à une nuit guère mieux. Une nuit sans elle. Une nuit sans rêve. Une nuit vide pour un matin vide. Un manque oppressant appesanti l'atmosphère. Rien n'a de goût. Tout est gris et fade, monotone et ennuyeux.
La multitude éclectique des façades parisienne a été remplacée par des buissons et des arbustes d'un artificiel écoeurant.
Pourquoi ai-je dû partir ? Pourquoi ai-je dû quitter cet Eden ? Remake foireux de l'éviction d'Adam et d'Eve du paradis. Sauf que là Ève n'y est pour rien et Adam est le seul à partir.
Damned je déprime.

mercredi 3 novembre 2010

3 -11-10

( 20h48 - In the Train )

A mesure que Sa silhouette, immobile sur le quai de la gare, s'éloigne c'est comme si une lame pénétrait lentement mon coeur. Une enclume m'écrase la poitrine. Mon estomac est comprimé par une invisible comme si elle voulait l'étrangler. Manger mon beignet aux pommes ? Impossible. Ma gorge est aussi sèche que le désert le plus aride. Des aiguilles me ravagent les yeux, manquant de m'arracher des larmes. Son dernier "Je t'aime." résonne encore dans mon esprit. Son dernier baiser me brûle encore les lèvres. Je voudrais pouvoir la serrer dans mes bras encore et encore. Je voudrais pouvoir être avec elle encore quelques secondes. Puis encore quelques unes. Et puis encore quelques autres. Indéfiniment.
Cette horrible sensation qui me ronge les entrailles c'est le manque. C'est atroce. Ça fait mal. Mais on y peut rien. Juste vivre avec. En espérant que la prochaine fois arrive vite. Très vite.
Merci !

"Tu écris ce que des millions de personnes disent : "Qu'il faut profiter de la vie." Mais toi tu l'exprimes beaucoup mieux et tu écris pourquoi tu penses qu'il faut en profiter et c'est franchement bien écrit. J'suis souvent impressionnée par les mots que tu emplois comme si tu mettais tout ton temps à les choisir. Tu as du vocabulaire, que beaucoup de gens ont aussi, mais tu l'emplois comme il faut, quand il faut.
Enfaîtes, tu mets dans tes textes avec tes mots toutes les subtilités qu'ont les mots et la langue française."

SBB

Carpe Diem †

Profitons de la vie jusqu'aux dernières miettes,
Buvons chaque seconde jusqu'à ce qu'elles se tarissent,
Dévorons les minutes,
Engloutissons les heures pour n'en laisser que carcasses.

Parce que la vie n'attend pas,
Parce que le bonheur est volage,
Et comme un oiseau de passage,
Il s'en va.

Ne laissant que coeurs désolés,
Et poings serrés.
Ne laissant que souvenirs douloureux,
Et regards inondés, malheureux.

Profitons de la vie jusqu'aux dernières miettes,
Buvons au calice du plaisir et de la joie,
Dévorons la pour pouvoir dire dans nos dernières minutes :
"J'ai englouti la vie et je m'en lèche encore les doigts."

Amen †

Réponse ...

"..."

Je t'emmène là où nous sommes déjà aller,
Chacun de notre coté,
Sur ce sentier que nous avons déjà arpenter,
Jusqu'à ce mur auquel nous nous sommes heurtés,

Je t'emmène sur ce chemin pavé de souvenir et d'inconnus,
Là où la joie et la douleur,
La tristesse et le bonheur,
Sont trop souvent enlacé, comme des amants éperdus.

Saurons nous aller plus loin ?
Saurons nous ajouter des pavés supplémentaires à ce chemin ?
Je n'en sais rien.
Je l'espère, on verra bien.

La vie est précieuse,
La vie est courte,
Tachons de ne pas la gâcher,
Tachons de ne pas gaspiller le temps qui nous est donné.

Profitons en jusqu'aux dernières miettes,
Buvons chaque seconde jusqu'à ce qu'elles se tarissent,
Dévorons les minutes,
Engloutissons les heures pour n'en laisser que carcasses.

Nous sommes deux étoiles brisées,
Dont la clarté a été ternie, abîmée,
Serais-je celui qui te le rendras ?
Et qui te ferra briller d'un nouvel éclat ?

Et toi ? Jusqu'où veut tu aller ?