La sonnerie de mon réveil retentit, stridente, me vrillant les tympans de sa voix de crécelle. Je tâtonne à l'aveugle du bout des doigts pour le faire taire. Pas besoin que je me redresse pour le regarder, je savais quelle heure s'affichait en chiffres sanglants sur sa frimousse ovale.
5h00.
Trois heures de sommeil inutile. J'ouvre mes volets.
Un matin à gerber de routine. Lever 5h. Départ 6h. Début des cours 8h.
Un matin morne et gris qui succède à une nuit guère mieux. Une nuit sans elle. Une nuit sans rêve. Une nuit vide pour un matin vide. Un manque oppressant appesanti l'atmosphère. Rien n'a de goût. Tout est gris et fade, monotone et ennuyeux.
La multitude éclectique des façades parisienne a été remplacée par des buissons et des arbustes d'un artificiel écoeurant.
Pourquoi ai-je dû partir ? Pourquoi ai-je dû quitter cet Eden ? Remake foireux de l'éviction d'Adam et d'Eve du paradis. Sauf que là Ève n'y est pour rien et Adam est le seul à partir.
Damned je déprime.
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