dimanche 22 août 2010

"Je laisse l'amour et l'eau fraîche aux poètes, moi mes mots suintent le stupre et l'alcool; là où la plume des romantiques caresse le papier la mienne le griffe, ne laissant derrière elle que lambeaux tailladés et cicatrices sanguinolentes; l'œuvre de l'écrivain est comparable à une rose magnifique, la mienne ressemble à une tête de porc en décomposition plantée sur une pique, puante et pleine de vers. Et pourtant j'en suis fier de mon amas dégueulasse de phrases, de mon urinoir bouché par les mots, de mes paragraphes sentant la charogne et le vomi. J'en suis fier parce que ce sont les miens et que personne ne pourra les assembler avec plus de grâce et d'esthétisme que moi.

Je suis le Michel-Ange de la pourriture,
le Da Vinci de la médiocrité.
Peut être.
Mais moi, au moins, je suis quelqu'un."

vendredi 20 août 2010

Lire, écrire, rêver, se réveiller, découvrir, déchanter, rire, pleurer, croire, douter, trébucher, tomber, s'écraser, se relever, aimer, écouter, se perdre, réaliser, apprendre, essayer, réessayer, échouer, reprendre, abandonner, passer à autre chose, se battre jusqu'au bout malgré tout, espérer.

Vivre.

Du Rock en costume trois pièce qui flaire bon la Sueur et le Sang !


(Premier article sur un artiste, soyez indulgents ^^.)

Pour se mettre dans l'ambiance

Pour Wikipédia Them Crooked Vultures est un "supergroupe de rock americano-anglais".
Mouais.
Aurait-on pu se passer du supergroupe ?

Alors Ok, avec Dave FooFighters Nirvana Grohl à la batterie, Josh Queen of the Stone Age Homme à la guitare et au chant, et John Led Zepplin Paul Jones à la basse, les Vautours de Travers (ça le fait nettement moins en Français n'est-il pas ?) ont un pedigree impressionnant. Non. Ils ont un pedigree hallucinant !
Et franchement sur le papier, la composition du groupe fait rêver; rien qu'à la lire on a les yeux révulsés, l'écume aux lèvres, le sang qui bout dans les veines et les oreilles prêtent à se gorger de rock pur.

J'en entend déjà râler que, "Oui, ça à l'air alléchant sur le papier. Mais nom d'une pipe ! ça sent à plein nez le gros-coup-marketing-pour-s'en-mettre-encore-plein-les-fouilles-parce-que-c'est-la-crise-non-mais !"
Je leur répondrai que finalement ce que gagne les artistes je m'en cogne un peu tant qu'ils offrent à mes tympans un nectar délectable de notes et que j'en ai pour mon argent (Oui je suis bassement matériel et alors ? Qui n'a jamais claqué 15 euros dans un album de soupe immangeable même avec une pince à linge sur le nez alors qu'il pensait acquérir un super CD ? Personne ? Bien ...).
Il faut dire qu'avec les Vultures on est quand même assez loin du nectar délectable et c'est tant mieux ! Là où la mode est à la Vodka-Red Bull (trop sucrée, sans goût, sirupeux, en un mot: infecte) avec le-petit-tube-fluo-qui-va-bien en soirée mousse, eux nous serve un bon vieux whisky 18 ans d'âge, sec, dans un verre pas forcement net, dans un pub anglais sombre et enfumé. Et ça, ça change tout.

Les Vautours font du rock, du vrai, pas du rock de midinette en slim noirs, les cheveux ébouriffés et le blouson en cuir pour faire genre, non; ces Charognards jouent un rock qui sent le sang et la sueur, un rock débridé, un rock où les guitares crachent leurs tripes et crie leur douleur dans des râles rauques. Mais de temps à autre ce monstre enragé se transforme en quelque chose de presque civilisé, de presque gentlemanesque (vive les néologismes); mais on sent toujours poindre sous le costume bien coupé la bête prête à hurler sa rage; une bête qui se révèle progressivement, qui laisse sa proie approcher, doucement, et qui ne sort de sa tanière tout crocs dehors qu'au milieu du premier morceau (No One Loves Me & Neither Do I). Et c'est cette union entre la voix sonnant parfois très pop-rock de Homme et les grosses guitares bien grasses qui donne tout sont intérêt à ce trio; un mariage réussi entre les cordes vocales de Coldplay et les couilles de Motorhead.

Murat à dit :"La musique est devenue secondaire. Tout le côté sanguinolent du Rock a disparu. Ça ressemble à des films gore où on fait du sang avec de la grenadine et le foutre avec du lait Nestlé."
N'en lui déplaise, Them Croocked Vultures balance un coup de pied dans la fourmilière et renoue avec les valeurs sonores du rock des années 70 tout en y insufflant un air nouveau.

Septembre ...

Septembre s'approche à grand pas et on entend le son de ses pas lourds résonner dans nos cœurs et nos esprits. Septembre s'avance, remplaçant chaises longues et cocktails par des sièges en bois inconfortable et la gastronomie toujours si particulière du self.
Septembre arrache les derniers jours d'août, les lambeaux de nos derniers souvenirs de vacances se mêlant aux feuilles mortes tourbillonnant dans son sillage.
Septembre sort de la mer, de l'eau ruisselant sur sa peau hâlé, le soleil couchant se reflétant dans ses cheveux dorés, mais en lieu et place d'un baiser, il nous apporte formulaires et liste d'achats à effectuer, programmes et emplois du temps mémoriser.
Septembre c'est l'ouragan qui chasse l'été.
Septembre c'est la main titanesque qui nous réveille d'une claque et nous replonge sans ménagement dans la réalité.
Septembre c'est celui qui, pire encore que le Croque-mitaine, le Grand méchant loup, le Gramgroum, et le Père fouettard réunis, effraye tous les enfants du monde, et ce malgré les paroles rassurantes de leur mère.
Septembre, on change de trottoir quand on le croise dans la rue.
Septembre, c'est un début et une fin à lui tout seul.
Septembre nous extraie de nos grandes étendues sablonneuses, de nos paysages de montagne à couper le souffle, de nos soirées passées à danser jusqu'au bout de la nuit, pour nous enfermer dans des cubes en bétons moroses, sans vie, sans identité.




Mais si il n'y avait pas Septembre,
quel plaisir aurions nous à retrouver les bras accueillants de Juillet ?