First Shot.
L'Homme traversa la cours d'un pas vif, la brise matinale faisant claquer les pans de son manteau beige. Il maintint d'une main le chapeau qui lui couvrait la tête et lui masquait le visage, l'autre enfoncée dans sa poche. Il aperçu les deux gorilles bifurquer à leur tour dans le patio. Hâtant son pas, il arriva dans la ruelle et, s'arrêtant au beau milieu, il se retourna et attendit.
Lorsque les deux brutes pénétrèrent à sa suite dans la venelle se fut comme si, l'espace d'un instant, l'atmosphère se déchirait; dans chacune de ses mains l'Homme tenait un pistolet mitrailleur crachant la mort dans toutes les directions, giclées de sang chaud et douilles brûlantes se mêlaient sur le pavé.
Le premier des mastodontes fut fauché par les rafales meurtrières et s'effondra avant même de comprendre ce qu'il lui arrivait. Le second, voyant son acolyte s'écrouler, dégaina à son tour et répliqua, ses deux pistolets démesurés aboyant en réponse aux crépitements des mitrailleuse, tandis qu'il reculait vers les arbres qui bordaient la cours pavé.
Si, au lieu de reculer lâchement, il avait eu fait preuve de courage et fait face, il ne se serait pas retrouvé dans la lunette du Sniper, posté en hauteur à quelques centaines de mètres de là, et il n'aurait pas été privé d'un morceau de son crâne, prélevé par un tir précis du dit Sniper. La Brute bascula en avant sous le force de l'impact et sa tête, du moins ce qu'il en restait, heurta violemment le trottoir.
Tout fut immédiatement fini. L'Homme et le Sniper s'évanouirent dans la ville, le vent balaya l'odeur de mort, de poudre, et de sang et la mêla avec celle des croissants chauds et des gaz d'échappement qui s'exhalait des premiers embouteillage.
Second Shot.
Une détonation transperce le silence. Un crâne explose comme un fruit trop mûr. Dans un claquement sec une douille brûlante est éjectée et va mourir dans un tintement métallique sur le béton nu.
Puis plus rien.
Une détonation transperce le silence. Un crâne explose comme un fruit trop mûr. Dans un claquement sec une douille brûlante est éjectée et va mourir dans un tintement métallique sur le béton nu.
Un coup de vent balaye quelques feuilles mortes.
Une détonation transperce le silence. Un crâne explose comme un fruit trop mûr. Dans un claquement sec une douille brûlante est éjectée et va mourir dans un tintement métallique sur le béton nu.
Alors la foule se réveille. Un hurlement de terreur poussé par des milliers de voix discordantes déchire le ciel de Juillet. Des pieds de toutes tailles martèlent le bitume bouillant en essayant de mettre à l'abri. Tel une volée de moineaux effrayés, les milliers de spectateurs assistant à la parade se ruent vers les bâtiments les plus proches en espérant y trouver des havres de sécurités. Des gens trébuchent et s'affalent sur le sol surchauffé. Ils ne se relèveront pas, piétinés, massacrés, broyés, par la foule terrifiée.
En quelques seconde, tout fut fini; l'avenue n'était plus occupée que par les militaires et les morts.
Jetant un dernier regard à son oeuvre, il replia son matériel et s'en fut, tel un acrobate sur les toits parisiens. Il savait ce que titreraient les journaux de demain.
" 14 Juillet: Le Sniper a encore frappé ! "
Third Shot.
Ma tête.
J'ai mal à la tête.
Ah, ils m'ont pas raté les salauds. J'ai gagné une belle bosse derrière la tête. Je vois flou. Ils ont du m'injecter un truc. D'ailleurs celui qui' m'a piqué était un manche, j'ai un putain de bleu sur le bras.
Tiens, on est deux dans c'plumard.
Oh putain de Dieu !
On ÉTAIT deux. Dommage elle était mignonne. Maintenant beaucoup moins.
En même temps avec un trou dans le bide et ses tripes en déco murale ça le fait forcément moins.
Mais qu'est ce que je fous dans ce merdier moi ?! Faut que j'me calme, faut que j'me calme, FAUT QUE J'ME CALME !!!
Le flingue est là bas.
Faut que je vérifie un truc.
Juste un truc.
Il s'éjecte comment déjà le chargeur sur ces trucs allemands ? Ah ça y est ! Il manque une balle. Évidemment. Et maintenant y'a mes empreintes dessus.
Merde.
"Police ! Ouvrez la porte ! Immédiatement !"
Re-merde.
Bon faut que j'me tire vite fait. La fenêtre. On est au 4 e.
Re-re-merde.
La corniche. C'est ma dernière chance. C'est la prison à vie ou le risque de s'écraser en dessous. Pas envie de retourner en taule. Donc ça va être ça. Aller, à peine une vingtaine de mètre. 18. 16. 15. 12.
Un pointeur laser.
Le Sniper.
Définitivement Merde.