mardi 22 novembre 2011

"Telle est la mort pâle que les hommes qualifient de vie :
Malgré le doux parfum des jeunes pousses vertes,
Chaque souffle n'est qu'une exhalation de la tombe.
Les corps tressautent comme de macabres marionnettes
Et l'enfer s'avance en riant ..."

mardi 15 novembre 2011

"Tu sais ce qui fait le plus mal quand on a le coeur brisé ? Ne pas pouvoir se rappeler ce qu'on ressentait avant. Essaye de garder ce sentiment, parce qu'une fois parti tu ne le récupéreras jamais.
- Et après ?
Tu dévastes le monde et tout ce qui s'y trouve."

C & C, Skins.

dimanche 13 novembre 2011

8.10.11

Il dépose sa tasse de café fumante sur le rebord du bureau avant de se laisser tomber dans le fauteuil défoncé qui lui détruit peu à peu les reins depuis qu'il a prit la sale manie d'essayer d'écrire les limbes de son esprit.
La pièce est sombre, seul le néon au dessus de la petite kitchenette projette sa lueur blafarde dans l'appartement exiguë. Dans sa cage, Homo Sapiens, son lapin blanc, dort. En fait, tout le monde dort depuis déjà de longues heures. Encore une nuit blanche. Encore une soirée en compagnie d'insomnie. Encore une soirée à essayer de conjurer ses souvenirs. Encore une soirée à noircir les pages de son petit carnet de ses pattes de mouches illisibles, ce ses interrogations existentielles, de ses questions au Destin qui resteront sans réponses.
Il parcourt la pièce des yeux. Capharnaüm sans nom. A l'image de son esprit. De la vaisselle s'entasse dans et autour de l'évier, des vêtements sales et propres s'éparpillent indifféremment sur toutes les surfaces planes, le bureau est recouvert de tasses à café vides, et de livres divers, ouvert, les pages couvertes d'annotations au crayon de papier presque illisibles, le cendrier déborde depuis déjà une bonne semaine et maintenant les mégots se déversent à tout va, jonchant le bureau, s'éparpillant sur le sol et donnant au carrelage blanc une jolie couleur cendrée.
Son regard s'arrête sur la bouteille de champagne qui trône négligemment au milieu de cet infâme bazar. La forme caractéristique des bouteilles Ruinard se détache dans la pénombre. Tranchant avec l'atmosphère comme un joyau du Triangle d'or perdue à Belleville. Il ne l'a pas ouverte pour rien. Il a quelque chose à célébrer. Un anniversaire. Il est sûrement le seul à y avoir pensé, ça ne lui a sûrement pas effleuré l'esprit à elle. Mais peu importe. Que lui y pense est le principal.
Un an.
Cela aurait fait un an.
Mais la vie en a décidé autrement et lui a retiré ce plaisir immense. Il attrape le col de la bouteille et en avale une gorgée. Elle est presque vide. Il s'en fiche. De toute façon, après ce soir, plus rien n'importera pour lui. Il a pris sa décision depuis déjà trop longtemps pour revenir dessus maintenant. Le seul problème qui s'était posé était la manière. Aucunes possibilités communes ne lui convenaient. Mais l'illumination lui était venue et il lui avait suffit de quelques jours pour mettre le dispositif au point. Une mort à sa mesure, une mort solitaire, par la plume.
Un violent spasme secoue ses bras. La fin est proche.
Ses doigts sont de plus en plus engourdit, sa vue se trouble progressivement, il a de plus en plus de mal à se concentrer, son écriture devient de plus en plus tremblotante et imprécise. Une immense satisfaction envahit son esprit déjà embrumé lorsqu'il appose le point final à ses confessions. Tout est fini.
Déposant sa plume sur le buvard, il regarde la tache pourpre s'épanouir, comme un coquelicot dans un champs de blé en été. Il ferme les yeux, un sourire satisfait lui éclairant le visage.
Son sang s'écoule à travers la tubulure plastique relié à son bras et à travers la plume, le rouge a maintenant recouvert la totalité du buvard et déborde tout autour.

Mourir par la plume qui l'a tenu en vie si longtemps.
Tout un symbole.

vendredi 11 novembre 2011

Train I

Je t'ai rencontré dans le train. Le wagon était vide, tu aurais pu choisir n'importe quelle autre place, mais tu es venue t'asseoir en face de moi. Cheveux sombres aux reflets pourpres, yeux ambrés.
Une paire de bottes caramels enserre tes chevilles fines et délicates.
Ton lapin m'a intrigué un temps il est vrai, mais finalement ça collait bien avec ce que tu dégageais, cette espèce d'insouciance naïve, de gaminerie légère; mais aussi cette profondeur, cette obscurité qui se lisait au fond de tes pupilles lorsque ton regard se perdait dans le vague.
J'ai sorti mon stylo plume et mon carnet, tu as sorti tes partitions cornées et raturées ainsi que ton portemine. Chacun son art.
J'ai enfilé mes Ray Bans, tu as mis ton casque Marshall. Chacun sa manière de s'isoler, de s'oublier.
Au bout d'un moment, tu as rangée ton oeuvre et sorti un livre. Le Spleen de Paris, de Charles Baudelaire. Mon préféré.
Tu le feuilletais puis tu plongeais ton regard enfantin et mélancolique vers l'horizon, comme si tu cherchais, comme si tu attendais quelque chose qui puisse mettre un sourire sur ton doux et beau visage.

Si nous nous étions mieux connu, nous aurions pu être amis.
"Je ne connais pas mes limites, je ne veux pas les connaître. Parce que le jour où je les rencontrerais, le jour où j'en prendrais conscience ma vie ne me réservera plus aucune surprise.
T'as jamais ressenti ce désir de vouloir monter vers le sommet plus vite et plus haut que tous les autres ? Vouloir être capable de faire les choses que les autres ne peuvent pas, ne veulent pas faire ?
J'ai toujours envié Icare, lui seul a connu la sensation de toucher le soleil.
C'est comme ça que je vois, que je veux la vie. Une course perpétuelle à la sensation la plus extrême. Je n'arrive pas à m'imaginer de l'extérieur. Je suis trop arrogant pour voir mes propres faiblesses. Mais toi vas y, dis moi qui je suis."

mercredi 2 novembre 2011

Merci.

"Ne reste pas là à crever sur le bord de la route comme une carcasse en décomposition, t'es pas ça, t'es pas une proie, t'es le chasseur, c'est toi qui mène ta vie. Tu n'es pas une loque, t'es un battant, gagne ta vie. Dirige la."

B. †