vendredi 11 novembre 2011

Train I

Je t'ai rencontré dans le train. Le wagon était vide, tu aurais pu choisir n'importe quelle autre place, mais tu es venue t'asseoir en face de moi. Cheveux sombres aux reflets pourpres, yeux ambrés.
Une paire de bottes caramels enserre tes chevilles fines et délicates.
Ton lapin m'a intrigué un temps il est vrai, mais finalement ça collait bien avec ce que tu dégageais, cette espèce d'insouciance naïve, de gaminerie légère; mais aussi cette profondeur, cette obscurité qui se lisait au fond de tes pupilles lorsque ton regard se perdait dans le vague.
J'ai sorti mon stylo plume et mon carnet, tu as sorti tes partitions cornées et raturées ainsi que ton portemine. Chacun son art.
J'ai enfilé mes Ray Bans, tu as mis ton casque Marshall. Chacun sa manière de s'isoler, de s'oublier.
Au bout d'un moment, tu as rangée ton oeuvre et sorti un livre. Le Spleen de Paris, de Charles Baudelaire. Mon préféré.
Tu le feuilletais puis tu plongeais ton regard enfantin et mélancolique vers l'horizon, comme si tu cherchais, comme si tu attendais quelque chose qui puisse mettre un sourire sur ton doux et beau visage.

Si nous nous étions mieux connu, nous aurions pu être amis.

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