"Dire que Colonel Reyel écrit des Textes c'est comme classer Titeuf aux cotés de Baudelaire et d'Appolinaire dans une collection de la Pléiade, c'est un non-sens et un meurtre culturel." B.
"Il est admis que les philistins cultivés le sont en effet et de plus en parle souvent. Cette citation a été inventée pour se protéger d'une infériorité de savoir. Tu en veux la démonstration ?" V.
jeudi 28 avril 2011
jeudi 21 avril 2011
mercredi 20 avril 2011
mardi 19 avril 2011
Nuit d'ivresse ...
Le mouvement de la couverture me réveille. Imperceptiblement, je te sens quitter le lit.
Je me retourne doucement et je t'observe te rhabiller, malsain et odieux voyeur que je suis. L'éclat de marbre de ta peau est progressivement occulté par des bouts de tissus indignes de couvrir pareilles merveilles.
Une marque rouge sang dans ton cou tranche avec cette pâleur irréelle, stigmate de la nuit qui vient de mourir, mon empreinte dans ta chair. De là où je suis, je devine même les sillons creusés par mes dents dans ta gorge.
Déjà, ton jean cigarette remonte lentement le long de tes jambes, moulant parfaitement chaque détail, chaque creux, chaque courbure. Tu fais ça avec un telle sensualité, une telle grâce que même l'observateur le plus frigide bout littéralement d'excitation et n'a plus qu'un seul désir, celui d'immédiatement t'ôter ce chiffon bien trop encombrant et de te sauter dessus, en proie à la plus primaire des pulsions.
Bientôt, ton t-shirt suit le même chemin que ton pantalon, recouvrant tes épaules menues, tes seins à croquer, tes hanches voluptueuses; tel le rideau du théâtre qui descend, signifiant la fin de la représentation.
Ici aussi le spectacle se termine, la nuit tire sa révérence malgré le bis repetita scandé par le parterre, chassé impitoyablement par le claquement de tes talons aiguilles sur le marbre noir du sol.
Tu t'arrêtes brutalement dans l'encadrure de la porte, et, te retournant vers le lit, tu me transperce de ton regard si irrésistible, tu poses sur moi tes pupilles magnifiques, tu me crucifies de tes yeux orgiaquement hypnotiques.
Pointant de ton index fin la blessure sanglante qui s'épanouit sur ta gorge délicate, tu me dis dans un feulement :
"La prochaine Nuit, je me vengerai pour ça ... "
samedi 16 avril 2011
Ma chambre est sombre, tout n'est que ténèbres, seul mon écran d'ordinateur jette une lueur blafarde sur mes traits fatigués. Arriverais-je à dormir paisiblement ce soir ? Ou, comme depuis deux nuits, vais-je être hanté par les cauchemars du passé ? Mes doigts dansent sur le clavier, le mélodieux cliquetis des touches emplit la pièce endormie, troublant la quiétude tranquille des lieux.
Une ombre est passé sur ces derniers jours ensoleillés, voilant leur éclat, altérant leur plaisir. Lentement, le cimetière de mon passé s'est animé. Les fantômes de mes souvenirs ont surgis de leurs sépultures, basculant leurs pierres tombales, brisant leurs gisants, et ont déferlés dans mon esprit en un torrent de sentiments oubliés.
J'avais fabriqué ces spectres terrifiants. Tout ce que j'avais enterré au fond de moi, parce que j'avais peur de l'affronter, parce que je ne voulais pas m'en séparer, parce que j'étais trop faible pour y faire face; tout ce que j'avais oublié sous un monceau de sentiments éclectiques; tout ces rêves avortés qui s'étaient transformés en regrets, pourrissant dans un coin de mon coeur; tout ce dont je pensais être à l'abri parce que j'avais mis un voile opaque dessus et que j'avais fait mine de ne plus les voir; tout ça avait fini par ressortir un jour, et m'explosait maintenant en pleine figure tel un mauvais paquet surprise.
De vieilles blessures se rouvrent. Le sang coule à nouveau, à gros bouillons.
jeudi 14 avril 2011
(No) Future
Le soleil se levait, inondant le ciel bleu de léger reflet rosâtre. L'herbe encore humide de la rosée matinale détrempait mon t shirt. Au dessus de moi les nuages s'effritaient en lambeaux laiteux, brouillant l'azur immaculé.
Le contact du tissus mouillé avec mon dos m'arracha un frisson.
J'étais bien.
Les brins d'herbes glissaient sous mes doigts comme si ma main peignait une immense chevelure.
J'étais seul.
Allongé au milieu de la plaine. J'étais seul, mais pourtant je me sentais bien.
Il y avait dans l'air un je-ne-sais-quoi de bienfaisant.
J'avais retrouvé la camarade de mes plus épiques aventures, celle qui m'a toujours accueilli à bras ouvert quelque soit le nombre de fois où je me suis éloigné d'elle, celle avec qui j'avais vécu tant de chose et que pourtant j'avais renié pour essayer de ne plus être moi. J'avais retrouvé mon chemin au sein des bois obscurs pour revenir à son coeur. Une nouvelle ère est sur le point de commencer. Au loin, la tempête gronde; son hurlement sourd roule sur la cime des arbres préfigurant un changement, un renouveau, le futur venant balayer le passé.
Le vent du changement agite sa chevelure. Elle évolue. Tout évolue. Le ciel pourpre s'éclaircit, tirant sur des reflets blonds. Elle ondule, se déchire. Elle est tiraillée entre l'inconnu et les souvenirs. Des temples et des statues envahis par les herbes folles du passé s'effondrent, engloutis dans les profondeurs de la plaine, engloutis par le changement.
Mais certains résistent, tels des phares impassibles au milieu du déchaînement des éléments, tels des obélisques à la gloire des rêves brisés, sépultures d'un temps qui ne reviendra plus.
Qui vais-je devenir ? Quels autres masques vont venir s'ajouter à cette nouvelle galerie ?
Le passé est sûr, immuable, rassurant. Le futur est incertain, chaotique, terrifiant.
Que choisir ? Rester planté sur ce roc inébranlable jusqu'à ce qu'il se brise ou plonger et se laisser porter par ces flots inconnus ?
lundi 11 avril 2011
samedi 9 avril 2011
Nuit Parisienne
Cette ville, c'est ma ville. C'est une boule d'énergie et d'opportunité à saisir, ou plus simplement, comment se retrouver en état d'ébriété avancé, dans un taxi, avec deux inconnus, direction le Social Club, tout frais payés.
La nuit, dans certaines villes, la coutume est de dormir du sommeil du juste pour aborder sainement la journée du lendemain. Dans Paris, lorsque la nuit tombe, un autre monde se réveille. Le crépuscule est le théâtre de la rencontre entre deux tribus qui se connaissent sans se comprendre. Le jour et la nuit se croisent, s'observent, se dévisagent, sans pour autant parvenir à percer le mystère qui émane de l'autre.
La nuit, dans certaines villes, il n'est aucune atmosphère particulière, comme si l'âme de la ville avait été, avec la mort de l'astre solaire, enfermée dans un coffre hermétique pour n'être libérée que le lendemain aux premières lueurs de l'aube. Paris est schizophrène. Elle est une et plusieurs. Lorsque le soleil se cache et que la nuit enfin accède à son trône, l'esprit de la ville ne disparaît pas, il change. Paris revêt un nouveau masque, une nouvelle robe, et se pare de ses plus beaux atours pour accueillir ses nouveaux hôtes.
Panini, Brain Death, Bric à Brac, International, Leffe de printemps, Desperados, Shooter d'Absolut, Jaegermeister, Electricity in your home, "36k", Taxis parisiens ...
Cette soirée était comme une rose, splendide et irrésistible, mais on se réveille les mains lacérées d'avoir essayer en vain de la cueillir, le coeur déchiqueté d'avoir vainement tenter de la saisir ...
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