mardi 19 avril 2011

Nuit d'ivresse ...

Le mouvement de la couverture me réveille. Imperceptiblement, je te sens quitter le lit.
Je me retourne doucement et je t'observe te rhabiller, malsain et odieux voyeur que je suis. L'éclat de marbre de ta peau est progressivement occulté par des bouts de tissus indignes de couvrir pareilles merveilles.
Une marque rouge sang dans ton cou tranche avec cette pâleur irréelle, stigmate de la nuit qui vient de mourir, mon empreinte dans ta chair. De là où je suis, je devine même les sillons creusés par mes dents dans ta gorge.
Déjà, ton jean cigarette remonte lentement le long de tes jambes, moulant parfaitement chaque détail, chaque creux, chaque courbure. Tu fais ça avec un telle sensualité, une telle grâce que même l'observateur le plus frigide bout littéralement d'excitation et n'a plus qu'un seul désir, celui d'immédiatement t'ôter ce chiffon bien trop encombrant et de te sauter dessus, en proie à la plus primaire des pulsions.
Bientôt, ton t-shirt suit le même chemin que ton pantalon, recouvrant tes épaules menues, tes seins à croquer, tes hanches voluptueuses; tel le rideau du théâtre qui descend, signifiant la fin de la représentation.
Ici aussi le spectacle se termine, la nuit tire sa révérence malgré le bis repetita scandé par le parterre, chassé impitoyablement par le claquement de tes talons aiguilles sur le marbre noir du sol.
Tu t'arrêtes brutalement dans l'encadrure de la porte, et, te retournant vers le lit, tu me transperce de ton regard si irrésistible, tu poses sur moi tes pupilles magnifiques, tu me crucifies de tes yeux orgiaquement hypnotiques.
Pointant de ton index fin la blessure sanglante qui s'épanouit sur ta gorge délicate, tu me dis dans un feulement :
"La prochaine Nuit, je me vengerai pour ça ... "

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