Une ombre est passé sur ces derniers jours ensoleillés, voilant leur éclat, altérant leur plaisir. Lentement, le cimetière de mon passé s'est animé. Les fantômes de mes souvenirs ont surgis de leurs sépultures, basculant leurs pierres tombales, brisant leurs gisants, et ont déferlés dans mon esprit en un torrent de sentiments oubliés.
J'avais fabriqué ces spectres terrifiants. Tout ce que j'avais enterré au fond de moi, parce que j'avais peur de l'affronter, parce que je ne voulais pas m'en séparer, parce que j'étais trop faible pour y faire face; tout ce que j'avais oublié sous un monceau de sentiments éclectiques; tout ces rêves avortés qui s'étaient transformés en regrets, pourrissant dans un coin de mon coeur; tout ce dont je pensais être à l'abri parce que j'avais mis un voile opaque dessus et que j'avais fait mine de ne plus les voir; tout ça avait fini par ressortir un jour, et m'explosait maintenant en pleine figure tel un mauvais paquet surprise.
De vieilles blessures se rouvrent. Le sang coule à nouveau, à gros bouillons.
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