Septembre arrache les derniers jours d'août, les lambeaux de nos derniers souvenirs de vacances se mêlant aux feuilles mortes tourbillonnant dans son sillage.
Septembre sort de la mer, de l'eau ruisselant sur sa peau hâlé, le soleil couchant se reflétant dans ses cheveux dorés, mais en lieu et place d'un baiser, il nous apporte formulaires et liste d'achats à effectuer, programmes et emplois du temps mémoriser.
Septembre c'est l'ouragan qui chasse l'été.
Septembre c'est la main titanesque qui nous réveille d'une claque et nous replonge sans ménagement dans la réalité.
Septembre c'est celui qui, pire encore que le Croque-mitaine, le Grand méchant loup, le Gramgroum, et le Père fouettard réunis, effraye tous les enfants du monde, et ce malgré les paroles rassurantes de leur mère.
Septembre, on change de trottoir quand on le croise dans la rue.
Septembre, c'est un début et une fin à lui tout seul.
Septembre nous extraie de nos grandes étendues sablonneuses, de nos paysages de montagne à couper le souffle, de nos soirées passées à danser jusqu'au bout de la nuit, pour nous enfermer dans des cubes en bétons moroses, sans vie, sans identité.
Mais si il n'y avait pas Septembre,
quel plaisir aurions nous à retrouver les bras accueillants de Juillet ?
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