"Mon âme saigne.
J'ai mal.
C'est douloureux de se faire poignarder dans le dos.
Ça rajoute à la souffrance physique une énorme balafre à l'égo; une balafre qui veut dire "Je t'ai entubée, et j'en suis fière.". Je crois que le pire c'est de se dire que cette fois, le coup était amplement esquivable et que, encore une fois, on a pas réussi à ne serais-ce que tenter une parade.
La première fois que ça nous arrive, on se dit "Tant pis, j'apprend la vie."
La seconde "Saloperie, ça fait vraiment mal, c'est bon j'ai appris, plus jamais ça ne se reproduira. Je suis trop bien blindé pour ça."
Mais on se refait poignarder dans le dos, encore et encore; et ça, c'est inexcusable.
Parce que bon, deux fois on peut gentiment se trouver des excuses en mettant ça sur le compte de la naïveté des débuts et que tout apprentissage quel qu'il soit se fait plus ou moins, plus souvent plus que moins d'ailleurs, dans la douleur et que c'est normal. Mais au fil du temps les cicatrices et les balafres s'amoncellent, se multiplient, sagement alignées les unes à cotées des autres et il arrive un moment donné où, à moins d'être masochiste, avoir mal n'est pas fun du tout, mais alors pas du tout. Et je suis à mille lieues d'être masochiste.
J'ai appris à accepter les coups bas quelle qu'en soit la provenance ou le contenu, il paraîtrai aussi que je suis insensible. Grossière erreur. Je ne montre pas ce que je ressent, c'est différent; ça ne veut pas dire que je ne ressens rien, au contraire.
Qu'une envie, lui faire du mal. Lui apprendre ce que veut vraiment dire le mot souffrance."
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