Une tâche pourpre s'épanouie sur ma poitrine.
Un battement de paupière et elle a disparu. Mais la douleur, brûlante, insupportable est toujours là, elle; elle persiste, comme un parasite dont on ne peut se débarrasser.
Je suis debout mais au fond de moi je suis à terre, recroquevillé sur moi même, attendant le coup de grâce qui ne viendra jamais.
Mes dernières illusions viennent d'être piétinée par son élégante foulé.
Mais rien ne doit paraître.
Show must go on.
...
La porte se referme sur les derniers.
Ils sont tous partis.
Le masque peut enfin tomber en morceaux, comme brisé par un coup puissant.
J'ai envie de hurler mais aucun son ne franchi mes lèvres, j'ai envie de pleurer mais aucune larmes ne perlent au coin de mes yeux. Cette sale habitude de ne rien laisser sortir est toujours ancrée au plus profond de moi.
Je suis seul.
Encore et toujours seul.
Enfin non, ma vieille compagne la Douleur est avec moi, encore plus solidement accrochée à moi que mon ombre.
Rien ne l'apaise, rien ne la rassasie. La clope ? Inutile. L'alcool ? Même constat. Ne reste que le café pour ne surtout pas retomber dans l'abîme de cauchemar que me réserve le sommeil, pour échapper quelques minutes de plus à l'étreinte pourtant inéluctable de Morphée.
Good night. Nice dream. Ce ne sera pas mon tour, pas ce soir, comme les treize dernières nuits.
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