vendredi 18 février 2011

Promenons-nous dans les bois ...

Le feu crépitait dans la lourde obscurité de la nuit. De temps à autre, un morceau de bois se fendait dans un craquement sinistre qui se perdait en résonnant dans les profondeurs de la forêt. L'épaisse couche de neige étouffait les bruits lugubres qui envahissaient habituellement les bois, étendant un voile de silence étouffant sur les arbres endormis.

Les flammes faisaient danser dans les feuillages des ombres dérangeantes, tel un photophore malsain. Monstres et diables éphémères envahissaient la canopée, exécutant en gesticulant une chorégraphie saccadée et silencieuse. Les ombres des trois aventuriers recroquevillés, immobiles autour du feu, se mêlaient à cette sarabande infernale.

La lueur orangée qui éclairaient les trois aventuriers semblait faire miroiter sur leurs visages, leurs pensées et leurs souvenirs les plus sombres. Des centaines de jours, de semaines, de mois d'errances et de combats, de fuite et de quêtes défilaient dans leurs yeux moitiés hagards, moitiés embrumés. Leurs traits étaient creusés par la fatigue et par la peur viscérale que leur inspirait la forêt endormie. Ces guerriers expérimentés, habitués aux situations extrêmes, étaient pourtant déstabilisés par l'atmosphère pesante et dérangeante qui habitait les bois.

Ils sursautèrent tout à coup, sorti de leur torpeur par le craquement sourd des branches ployant sous le poids de la neige, les fibres gelées du bois rompaient les unes après les autres et, de temps à autres, une branches s'effondrait avec fracas dans les ténèbres nocturnes. Avisant que le vacarme ne provenait de rien d'autre que d'une branche fatiguée qui avait cédée sous la blanche poudreuse, les trois ombres se recroquevillèrent à nouveau dans la lueur rassurante du feu, attendant qu'enfin l'obscurité cède sa place à la pâle lueur du soleil d'hiver.

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