mercredi 22 septembre 2010


Je suis seul.
Mon front moite repose contre le mur en carrelage froid. L'agitation de la vie dehors me parvient comme étouffée par les parois crasseuses des toilettes. Ils s'inquiètent pour moi. Ça ne sert à rien. C'était avant qu'il fallait s'inquiéter. Maintenant c'est trop tard.
La bouteille encore fermée d'Absolut trône sur la chasse d'eau. Je voulais me saouler pour oublier. Mais j'en suis incapable. Au fond de moi je ne veux pas oublier. C'est comme si j'avais un diamant enfoncé dans une plaie béante. Quelque chose de tellement précieux, de tellement beau que malgré la douleur on ne veut pas s'en séparer.
Absolut. Un mot qui décrit magnifiquement bien l'ancien Nous. Tout était absolu, entier, pour le meilleur et pour le pire.
Tout le monde est autour de moi. Tout le monde sauf celle qui compte vraiment. Tout le monde est là mais je suis seul. Tout le monde n'est pas Elle.
Elle était mon oxygène, maintenant il faut que je réapprenne à respirer.
Elle me soutenait, maintenant il faut que je réapprenne à marcher seul.
Elle faisait battre mon cœur, maintenant il faut que je réapprenne à vivre.
Finalement la Vodka n'est peut être pas une mauvaise idée.
Les gorgées successives me brûlent la gorge et l'estomac. Tout à coup, tout vient. Tout remonte. Et pour la troisième fois de la journée, je dégobille le contenu de mon estomac dans les toilettes. Je vomis mes souvenirs. Je crache mes souhaits qui plus jamais ne se réaliseront. Je gerbe mes derniers lambeaux de sentiments. Mais malgré tout, il en reste qui s'accroche. Il y en a que je ne peux pas sortir. Pas pour le moment.
C'est dommage d'avoir gâcher de la si bonne Vodka; une si belle histoire.
Je trouve ça presque artistique l'image de mon comprimé d'anti-vomitif surnageant parmi l'alcool et les reste de mon dîner. Quel paradoxe, il était justement censé m'empêcher de vomir. Try Again.
Je retombe assis à coté de la cuvette. Gerber n'a servi à rien. Ce qu'il me reste de mon cœur est encore bien accroché, soudé avec moi, comme marqué au fer rouge. J'ai envie de crever. C'est pas si compliqué. Je finis la Vodka, je met la tête dans la cuvette. Mort par noyade. Fin de la partie.
Mais si je fais ça je détruirais tout ceux qu'il me reste, je ferrai du mal aux gens qui tiennent encore à moi. Et c'est pas ça que je veux. Je souffre assez pour ne pas vouloir faire souffrir les autres.
J'ai jamais eu peur de grand chose. J'avais peur de la perdre. Je l'ai perdu. Je n'ai plus rien à perdre. Je n'ai plus peur rien.
Mon coeur a été le théâtre d'une guerre destructrice. Il n'est plus que cendres et ruines fumantes. Mon monde s'est effondré. La pièce est terminée, le rideau est tombé.


Apocalypse in my heart ...

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