"L'Art est fait pour troubler, la Science rassure.", écrivait Georges Braque au siècle dernier ... Le souvenir d'une épique bénie car les termes se sont inversés. Aujourd'hui, le trouble, l'inquiétude, voire l'angoisse, s'associent à la Science. Quant à l'Art, ses provocations les plus radicales, répétées avec la bénédiction de l'Institution, ont l'impact du cousin péteur. Au fond, désormais, c'est l'Art qui nous rassure. Même quand il cherche à nous faire peur. Mona Lisa, Jeff Koons et le vidéaste déjanté composent la Sainte Trinité d'une croyance universelle, une religion pour le temps de désespérance globalisée. L'Art canalise les pulsions. Sagement, docilement, il transcende la libido et nous élève au-dessus du bonobo.
"Vous étiez une Joconde qu'il fallait voler ..." avouait Maïakovski à une femme séduite.
Une violence qu'il faudrait réveiller.
Frédéric Chaubin, Citizen K.
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