dimanche 24 octobre 2010

Aujourd'hui, j'ai lavé mon écharpe.
C'est ridicule comme acte, insignifiant, commun, et, pourtant, ça a un sens tout particulier pour moi. Cette écharpe a vécu tout les moments les plus importants de l'année écoulée, avec moi ou avec d'autre.
Depuis son acquisition et jusqu'à aujourd'hui elle n'était jamais passé à la machine (bouh c'est crade), tout simplement parce que je ne pouvais me résoudre à diluer dans de l'eau savonneuse et propre les lambeaux poussiéreux de mes souvenirs, les odeurs, les taches qui imbibaient ce bout de tissu. Il devenait mes souvenirs. Ce n'était plus qu'une simple écharpe c'était devenu un morceau de ma mémoire.
Et si avant elle avait été semblable à une plume, une aile, elle était aujourd'hui un poids, une enclume qui me clouait à la croix de mes douloureux souvenirs.
Mais maintenant elle est comme neuve, disparu le cocktail d'odeurs mélancolique elle ne sent rien, disparu les bouts de mémoires accrochés à ses mailles elle ne me rappelle plus rien, disparu les lourdes chaînes qui me rattachaient à un passé de plus en plus lourd.
Vierge de toute trace comme au premier jour, elle est prête à redevenir l'inséparable compagne de mes déambulations, prête à s'imprégner de nouvelles odeurs, de nouveaux souvenirs, de ma nouvelle vie.

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