Je m'allonge dans l'herbe.
L'air est doux, une légère brise agite les feuilles des arbustes aux alentours et rafraîchit l'atmosphère.
Je suis bien.
Les brins de gazons percent entre mes orteilles, mes doigts se perdent dans leur multitude. Les fleurs blanches du cerisier brillent presque dans l'obscurité, la nature fête ce redoux inespéré. La nuit est chaude. On peut presque sentir le printemps poindre sous le lourd manteau de l'hiver.
Tout est calme, paisible.
Vide.
Je suis seul. Seul au milieu de la plaine. Cette plaine qui avait tant fait espérer, tant fait rêver le sale utopiste que je suis. Comme le vent disperse les volutes de fumée de ma cigarette, le temps a broyé mes rêves et les a éparpillé dans ses flots tumultueux.
Le temps de l'espérance et de la naïveté est révolu. Place à la vie, la vraie; celle qui tâche, celle qui fait mal. Les règles ont changées, le jeu a changé. Impossible de recharger sa partie sauvegardée. Impossible de retourner en arrière pour réparer ses erreurs.
Tout est différent.
Désormais, il ne me reste plus qu'une vie. Si j'échoue, c'est Game Over.
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