La soirée touchait à sa fin, les cadavres s'empilaient partout où ils le pouvaient, amorphes, informes, tels des lambeaux de leur existence précédente. L'alcool et la drogue fauchaient aveuglément dans nos rangs, prélevant leur funeste moisson dans les quelques rares survivants.
Seul une poignée d'entre nous résistait.
Avachis sur des canapés ou dans des fauteuils, une clope dans une main, un verre dans l'autre. Nous étions les derniers debout, le dernier carré, les vaillants bergers veillant sur les brebis égarées qui gisaient à nos pieds. Certains, seul, résigné, déçu, ruminaient leur solitude recroquevillé sur eux même; d'autres, blottis les uns contre les autres, fermaient les yeux et se laissaient porter par la musique calme et tranquille, bercés par les mélodies apaisantes.
Mon royaume s'effritait, la nuit tirait à sa fin, les murs de mon palais s'effondraient bloc par bloc. Je restais seul, assis sur mon trône, regardant mon monde disparaître dans les premières flammes solaires. Un brasier de ressentiment réchauffait mon coeur de glace. Une douleur longtemps oubliée se réveillait: la haine et l'échec. Le monstre enfermé en moi grondait et rugissait, tentant d'arracher ses entraves, de briser ses chaînes, d'enfoncer les barreaux de la cage qui le retenait prisonnier depuis bien longtemps.
Seul une poignée d'entre nous résistait.
Avachis sur des canapés ou dans des fauteuils, une clope dans une main, un verre dans l'autre. Nous étions les derniers debout, le dernier carré, les vaillants bergers veillant sur les brebis égarées qui gisaient à nos pieds. Certains, seul, résigné, déçu, ruminaient leur solitude recroquevillé sur eux même; d'autres, blottis les uns contre les autres, fermaient les yeux et se laissaient porter par la musique calme et tranquille, bercés par les mélodies apaisantes.
Mon royaume s'effritait, la nuit tirait à sa fin, les murs de mon palais s'effondraient bloc par bloc. Je restais seul, assis sur mon trône, regardant mon monde disparaître dans les premières flammes solaires. Un brasier de ressentiment réchauffait mon coeur de glace. Une douleur longtemps oubliée se réveillait: la haine et l'échec. Le monstre enfermé en moi grondait et rugissait, tentant d'arracher ses entraves, de briser ses chaînes, d'enfoncer les barreaux de la cage qui le retenait prisonnier depuis bien longtemps.
Dévore, brûle, détruit.
Dévore, brûle, détruit.
Dévore, brûle, détruit.
Son hymne de bataille résonnait de plus en plus fort, de plus en plus retentissant, éclatant tels des vagues sur des récifs dans l'air étouffant des ruines de mon ancienne demeure. Je sentais ses babines se retrousser, je pouvais sentir la bave perler de ses crocs effilés, j'imaginais ses poils se hérisser sur son échine. La bête sentait que son heure était proche. Elle bouillait d'impatience d'être libre à nouveau et de pouvoir reprendre le trône que je lui avait confisqué.
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