Je contemple la masse grouillante des humains qui se pressent vers une destination connue de eux seuls. Du haut de ma terrasse, je n'ai qu'à tendre un doigt pour en écraser une demi douzaine d'un coup, du plat de la main je peux commettre une hécatombe dans la foule compacte des anonymes pressés. Je me sens comme un gamin de six ans qui admire une fourmilière : je suis dieu. Si je suis magnanime, je les laisse vivre; si je suis un tyran, je les anéanti tous. En définitive, dès que je me lasserais, je les disperserais aux quatre vents d'un coup de pied, ou d'un revers de la main.
Dieu n'existe pas, nous sommes tous nos propres dieux, nous sommes tous des gamins de six ans au dessus d'une fourmilière. Notre fourmilière à nous ce sont nos amis et nos proches, les personnes qui nous entourent. Mais, pour une fois, faisons preuve d'humilité car si nous pouvons décider de la vie et de la mort sociale de quelques uns, il y a sûrement quelqu'un au dessus de vous qui peut décider de la votre.
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