La douleur m'enserre. Comme un si un rapace immense, magnifique mais mortel m'avait attrapé entre ses serres acérées pour m'apporter jusqu'à son nid et me déguster pour le dîner.
Mais son vol est interminable, infini. Il arrive un moment où l'on en vient à souhaiter que le moment où l'on va être dévoré arrive le plus rapidement possible, pourvu que tout s'arrête, pourvu que tout soit fini, et qu'enfin la douleur cesse ...
Trois comprimés pétillent dans un verre d'eau. Surdosage. Mais il arrive un stade où la dose prescrite ne fait plus d'effet. Il arrive un stade où tout ce qu'on attend c'est cette espèce de torpeur temporaire pendant laquelle plus rien n'importe.
En dix points de mon corps, des oursins ont remplacés ce qui devrait normalement être mes articulations. La codéine ne fait presque plus d'effet, elle n'en fait plus lorsque je respecte les doses. Mon estomac, mon foie, mes intestins pleurent. Paradoxe du médicament qui en soulageant un problème en crée un autre.
La douleur est constante. Je ne sais plus ce qui est physique ou psychologique. Réalité et cauchemar se mélangent, fusionnent. Rien n'est réel, tout est réel. Mon monde s'est écroulé et je respire tranquillement l'air chargé de cendre et de sang, assis calmement au milieu des ruines de ce qui a été mon existence. Je ne sais plus si ce charnier, cette apocalypse est vrai ou non. Je ne sais plus rien. Je ne fais plus rien. Je ne suis plus rien, plus rien d'autre qu'un "malade" ...
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