mardi 25 octobre 2011

Perdition nocturne

Dans un concert de gargouillis immondes le contenu de mon estomac se déverse dans la cuvette des toilettes. Mélange de glaire, de blanquette de veau amoureusement préparée par Maman et de vin, Bordeaux rouge 1998, accompagné des vestiges de C. ma bienheureuse compagne.
Boire la bouteille complète était peut être déraisonnable. Mais qu'importe maintenant.
Mon front brûlant heurte l'émail glacée. J'ai l'impression que mon crâne va se fendre et exploser. Ma gorge me fait souffrir le martyr. Mes poumons se décomposent. Mon estomac est tordu de douleur.
Pourquoi suis-je dans un état pareil à cette heure ci ?
Ce n'est pas une bouteille et quelques analgésiques qui ont pu me mettre dans cet état. Alors quoi ?
L'ours en peluche trônant sur mon bureau me regarde d'un oeil à la fois réprobateur et désolé. Lui sait.
Les arpèges du Lac des Cygnes pourtant habituellement si agréables me vrillent les tympans. Pas la force de me traîner jusqu'à mon ordinateur pour éteindre. Tant pis.
J'aimerais que tout ce qu'il reste dans mon cerveau soit le boom boom d'un rythme techno médiocre. Mais ce soir, mes neurones sont en pleine forme et tournent à plein régime. Les interrogations me ravagent l'esprit. Pourquoi ? Quand ? Avec qui ? Où ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Tout n'est plus que questions et incertitudes. Ma vie réduite à un ensemble de phrases interrogatives et de points d'interrogations. Quand cela va-t-il se finir ? Encore une question.

Dormir ? Ha, ha, ha. Quelle blague. Impossible. Une semaine que je ne fais que surnager entre sommeil et éveil allongé sur mon matelas, la tête enfoncée dans mon oreiller. Pas de répit avant que toutes ces hésitations ne soient assouvies.

Au coeur de la nuit, au coeur de mon ancien royaume, je ne suis plus qu'un déchet effondré dans le caniveau, là où avant je siégeais sur un trône d'or et de luxure. Il ne fait pas bon se perdre dans des terres où l'on n'est plus le bienvenue.

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