Les verres claquent. Les bouteilles tintent. Les rires de ceux qui tiennent encore debout résonnent entre les murs décrépis. Impression de sortir d'un mauvais rêve, impression de déjà vu, impression qu'un black out entache mes souvenirs. Phase de transition entre deux soirées. Mais je ne me souviens pas de grand chose issu de cette ère.
Un frisson me parcourt l'échine. Des fourmis me parcourent les doigts. Un sourire carnassier se dessine sur mon visage. Je sens une étincelle bien connue se rallumer au fond de mes prunelles éteintes. Je prends une longue inspiration, gonflant mes poumons de cet air nouveau, prêt à pousser un hurlement de triomphe.
Nouvelle naissance. Re-naissance. Je suis de retour. Tel un phénix s'extirpant de ses cendres.
J'ai tenté de suivre les anges sur leur chemin tout tracé, leur voie pavée de bonnes intentions et de morale, de règles et de gentillesses. Mais je me faisais chier, je m'ennuyais à crever. Et des limbes est venu mon salut. Mes vieux amis se sont rappelés à mon bon souvenir. Ils sont sortis de leur torpeur, quittant l'ombre pour se joindre à nouveau à moi. C'est quand j'ai senti leur griffes métalliques et acérés se poser sur mes épaules que je me suis souvenu de qui je pouvais être. Ils avaient apportés avec eux mes anciens jouets, l'ancien couple ultime, Jack & C. Ceux qui ne m'ont jamais abandonné.
Je suis assis sur le rebord d'une fenêtre, mes pieds se balancent dans le vide sous moi. Du quatrième étage je contemple ma nouvelle cour de récréation, celle que je ne découvre que maintenant, celle dont j'aurais dû profiter depuis longtemps. Mon Zippo claque ses mâchoires argentées, comme un fauve se préparant à un festin, prêt à se couvrir de nouvelles cicatrices, prêt à se créer sa légende. La flamme crépite au contact du tabac et du papier. J'expire une longue bouffée dans le ciel noir, comme pour disperser les dernières parcelles de Jek' dans l'immensité ténébreuse.
Je suis prêt. Prêt à abandonner le passé derrière moi. Prêt à renouer avec la nuit. Prêt à me tracer ma voie au travers de la Plaine verdoyante, prêt à la rougir à nouveau du sang de mes plaies, prêt à la paver à nouveau avec mes pierres, prêt à me reconstruire mon trône. Cette nuit ne m'appartient pas encore. Je pars à sa conquête. Je viens de déclarer la guerre aux rois qui trônent ici. La royauté ne me satisfait plus. Cette fois c'est le titre d'empereur qu'il me faudra.
Le vent souffle. Le vent du changement. Il a une odeur de cendre, de souffre et de sang. Cette nuit promet d'être magnifique. Et je lui ferrais tenir ses promesses. Parole de Hyde.
Kiss. Kiss. Kill. Kill. †
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