dimanche 30 octobre 2011

Destruction

Tout s’effondre. Tout plonge dans les abysses des limbes ténébreuses et infinies. Mon coeur, mon âme, mes sentiments, ma vie. Tout est dévoré par ce monstre à jamais insatisfait. La haine et l'envie dévore mon être entier. La Nuit obscurcie le jour. La plaine profite des derniers rayons du soleil qu'elle ne verra plus avant longtemps. Les nuages noirâtres, étendus dans le ciel comme les griffes d'une divinité cthulhuienne gargantuesque, envahissent le firmament, rependant leur gangrène dans tout mon univers.

Tout s'effondre. Mon esprit et mes sensations. Ma satisfaction et mes principes. Mon honneur et ma droiture. Mon corps. La Nuit revient. Comme l'océan, qui se retire et remonte, à jamais vaincu, obstiné, inexorable. Et dans son cortège funeste ses amies l'accompagne. Douleur et désir. Jalousie et obsession. Manque et oubli.

Tout s'effondre. Le vent dépouille les arbres de leur toison automnale. Les feuilles flottent un instant dans la brise avant de venir mourir sur le sol. La Terre s'endort, et avec elle les rêves et les songes. Les cauchemars les chassent. Les pensées obscures sortent de leur cachette et se déverse sur le monde comme une lame de fond que rien ne peut arrêter. L'hiver est là, et la Nuit lui emboîte le pas.

Tout s'effondre. Les brins d'herbe frémissent sous la caresse du vent. Ils me caressent les bras et les joues. Je suis allongé dans la plaine, la regardant s'effondrer. Je vois les cohortes de Son armée venir vers moi, piétinant tout, envahissant tout, dévorant tout. Et je suis tétanisé. Pas par la peur, mais par le plaisir et l'impatience. J'attends de rejoindre les forces de la Nuit. Je trépigne de désir. Je veux me ranger sous son étendard. Tout lui sacrifier pourvu qu'elle me fasse me sentir bien. Le jour nous demande de nous relever et de nous tenir droit, la Nuit ne nous demande que de nous agenouiller devant sa toute puissance.

Tout s'effondre. Ma volonté et mes résolutions. Je risque de tout perdre, je vais tout perdre, j'ai déjà tout perdu, mais Elle me promet tant. Tant de chose, tant de rêves et de sensations. Tant de chose que je peux avoir rien qu'en tendant la main alors que j'aurais dû batailler pour les obtenir si j'avais continuer de croire à la lumière et en son pouvoir utopique.

Tout s'effondre. Et tout s'effondrera. Inexorablement. A la fin tout meurt. Que la Mort vienne me prendre. Au moins, elle, voudra de moi. Autant choisir le lieu et l'heure, tout contrôler jusqu'à la fin.

Tout s'effondre. Tu es né poussière et tu redeviendras poussière. Alors laissez moi me disperser dans le vent. Au moins là, je serais libre de tout.

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