La douleur est omniprésente.
Tout brûle.
Mes derniers souhaits disparaissent dans le brasier inextinguible de la désillusion et de la souffrance. Les ténèbres envahissent à nouveau mon univers. L'étincelle naissante de l'espoir n'a pas pu résister à l'obscurité dévorante.
Pourquoi se raccrocher à la lueur d'une étoile déjà morte depuis des milliers d'années lumières ? Au fantôme d'un passé à jamais disparu ? Paradoxalement, et malgré le fait de savoir que le passé restera à jamais le passé, on espère toujours que, dans un soubresaut, l'étoile moribonde trouvera la force de scintiller à nouveaux de milles feux.
Le corps est la transposition physique de l'âme. Je peux à peine marcher, essayer de me lever est comme me plonger moi même dans un bain de métal en fusion. Hurler ne sert à rien, personne n'est là pour m'entendre. Et encore moins nombreux sont ceux qui essaieront de plonger dans cette océan destructeur pour m'en sortir.
Il est 16h, il m'a fallu deux heures et demi pour parcourir les trois mètres et vingt cinq centimètres qui séparent mon lit de mon bureau. Même écrire est une torture, les phalanges de ma main droite ayant été remplacée par des oursins brûlants.
Mon monde qui avait été pendant quelques temps épargné par la douleur est à nouveau tombé sous son emprise. Elle envahit tout. Elle dévore tout. De moins en moins de choses comptent. Et la seule qui me permettait de tenir est celle qui est tombée la première. Et ma rage de combattre a disparue en même temps qu'elle.
Tout devient progressivement fade et pâle. La seule chose qui brille, qui brille tellement qu'elle m'en brûle la rétine est la Douleur. Cette souffrance implacable qui, comme un fauve, tourne autour de sa proie, attendant le moment propice pour fondre dessus et la démembrer avant de se repaître de son cadavre fumant. La vie s'amuse, nous réservant ses pires cadeaux empoisonnés pour les moments où l'on en a le moins besoin.
Parier sur le bonheur est inutile, puisque toujours à la fin c'est le malheur et le désespoir qui remporteront la mise, notre âme.
Ça n'est pas vrai, je suis là pour t'entendre. Tu peux me parler quand tu veux où tu aies besoin d'exprimer ça que tu penses où sens.
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